Emmanuel Macron, boursicoteur en idées politiques

Ancien banquier, le président de la République « investit » dans les idées politiques comme il le ferait en bourse. Une idée qui promet un bon rendement, il achète. Une autre qui est orientée à la baisse, il vend.

Comme tout investisseur, M. Macron a ses valeurs de « fond de portefeuille », celles auxquelles il ne touche jamais car elles sont d’un bon rapport. Ses valeurs préférées sont toutes dans le secteur « rentabilité du capital », et les secteurs connexes tels que « baisse du coût du travail », « baisse de la dépense publique » et « baisse de la fiscalité des revenus du capital ». Il y a toujours investi et il n’entend pas alléger ses positions.

A l’inverse, il y a des valeurs qu’il fuit comme la peste et dans lesquelles il n’a jamais investi et n'investira jamais : par exemple les valeurs de « justice sociale », de « services publics » ou de « liberté d'expression ».

Pour le reste, c’est un boursicoteur. En 2016, la valeur « laïcité tolérante » lui semblait promettre de bons rendements pour avril 2017. Il acheta et fit ainsi fructifier son capital électoral, contrairement à un autre boursicoteur, Manuel Valls, qui avait choisi d’investir dans la « laïcité de combat ».

Le marché des idées politiques en vogue ayant beaucoup évolué en quatre ans, M. Macron procède fort logiquement à des arbitrages et se repositionne. Il a ainsi vendu toutes ses valeurs « laïcité tolérante » et se tourne depuis quelque temps vers les valeurs « communautarisme » et « islamophobie », qui lui semblent constituer une excellente opportunité à l’horizon 2022. De même, il a régulièrement acheté des actions « impunité de la police » dont il restait à l’écart avant avril 2017.

Et puis, il y a les effets de mode, auquel il n’est pas insensible, comme tout un chacun. Il achète un peu, tout en restant très prudent car on ne sait jamais. Par exemple, le « vert », il parait qu’il en faut un peu dans son portefeuille. Une pincée de « vert » donc, puisqu’il le faut. Pour autant, il reste à l’achat sur les actions « agriculture productiviste » et « pesticides », qui restent très rentables.

Enfin, il y a les fonds indiciels. Le CAC40 ? Bien sûr, comment en irait-il autrement alors que tous les amis de M. Macron dirigent les sociétés qui le constituent ? Mais pas seulement. De plus en plus, sa stratégie d’investissement est déterminée par l’indice « MLP », un indice qui agrège toutes les valeurs d’extrême-droite. Dès qu’une de ces valeurs commence à monter, il achète. Frénétiquement.

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