Alexandre, Richard, Christine et la « République exemplaire »

« Nous voulons des dirigeants responsables, exemplaires et qui rendent des comptes ». Emmanuel Macron, 2 mars 2017.

Cette déclaration de M. Macron date de la campagne présidentielle, autrement dit une éternité. Et surtout, chacun le sait depuis le petit père Queuille, « les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent ».

Dans la « République exemplaire » de M. Macron, M. Benalla, ancien responsable de la sécurité du président de la République, cumule les mises en examen pour les violences exercées à l’encontre de manifestants le 1er mai 2018, pour port d’arme non autorisé, pour usage non autorisé de passeports diplomatiques, etc… Il fait aussi l’objet d’une enquête préliminaire pour avoir négocié un contrat avec un oligarque russe proche de M. Poutine, alors qu’il était encore en fonction à l’Elysée. Le 6 novembre 2018, le président Macron réclamait de « l’indulgence » pour son ancien barbouze (voir ici).

Dans la « République exemplaire » de M. Macron, M. Ferrand, président de l’Assemblée Nationale, vient d’être mis en examen pour « prise illégale d’intérêts » dans l’affaire des Mutuelles de Bretagne, dans laquelle il est accusé d’avoir favorisé sa compagne lors d’une transaction immobilière. Le président de la République a immédiatement assuré tout son soutien à Richard Ferrand (voir ici).

Dans la « République exemplaire » de M. Macron, Mme Lagarde, ancienne ministre de l’Économie et directrice générale du FMI, a été nommée à direction de la BCE sur la proposition du président français. Elle a pourtant été condamnée pour « négligence » par la Cour de Justice de la République le 19 décembre 2016 pour n’avoir tenté aucun recours contre l’arbitrage privé qui avait accordé plus de 400 millions d’euros d’indemnités à M. Tapie, aux frais du contribuable. Aux yeux de M. Macron, être repris de justice n’est donc pas rédhibitoire pour diriger une des institutions les plus importantes de l’Union Européenne.

La promesse du candidat Macron, c’était celle d’une « République exemplaire ». La République du président Macron, c’est celle des copains et des coquins.

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