marugil
Citoyen
Abonné·e de Mediapart

382 Billets

0 Édition

Billet de blog 14 mai 2020

Sanofi : bal des faux-culs en Macronie

« Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes », écrivait Bossuet. Emmanuel Macron et son gouvernement font de louables efforts pour lui offrir des moments de franche rigolade.

marugil
Citoyen
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Hier, le Directeur général de Sanofi,  Paul Hudson, affirmait dans un entretien à Bloomberg que les États-Unis seraient le premier pays à être servi dès qu’un vaccin contre le Covid-19 serait disponible car ils avaient été les premiers à financer la recherche sur ce vaccin.

Ces propos ont suscité l’indignation au gouvernement et à l’Élysée. Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie et des Finances, a réagi avec la plus grande fermeté : « Ce serait inacceptable qu'il y ait un accès privilégié de tel ou tel pays sous un prétexte qui serait un prétexte pécuniaire ». « Ce serait incompréhensible et indigne », a renchéri la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Frédérique Vidal. « Les efforts déployés ces derniers mois montrent qu'il est nécessaire que ce vaccin soit un bien public mondial, extrait des lois du marché », a affirmé la présidence de la République dans un communiqué, faisant savoir qu’Emmanuel Macron s’en était « ému » (voir ici).

C’est vrai, quoi ! Qu’une entreprise du CAC40 prenne des décisions fondées sur les « lois du marché » et en fonction de ses intérêts financiers, c’est à peine croyable ! Que Sanofi, qui réalise 35,3% de son chiffre d’affaire aux Etats-Unis contre 6,3% en France, privilégie son plus gros marché, cela défie l’entendement ! Et qu’une entreprise cherche à maximiser ses profits en accordant la priorité à un pays où les marges sur les produits pharmaceutiques sont beaucoup plus importantes qu’en France, c’est proprement stupéfiant !

Mais alors, Monsieur le Président, Mmes les Ministres, la loi de l’offre et de la demande, la concurrence libre et non faussée, la création de valeur pour l’actionnaire, la main invisible du marché, la non-intervention de l’État, tout ce qui fonde votre politique depuis trois ans, tout cela n’aurait-il plus cours ? Ou alors, nous prenez vous une fois de plus pour des idiots en feignant l'indignation ?

Pendant que se jouait cette comédie, Emmanuel Macron a dû s'empresser de rassurer son ami Serge Weinberg, président du conseil d'administration de Sanofi et l'un de ceux qui lui ont mis le pied à l'étrier à l'époque de la commission Attali : « T'inquiète pas Serge, c'est juste pour amuser la galerie. Tu nous connais, on ne fera rien qui nuise à vos actionnaires. »

P.S. : Le Premier ministre a affirmé dans la journée que Serge Weinberg lui « a donné toutes les assurances nécessaires quant à la distribution en France d’un éventuel vaccin Sanofi » (voir ici). C'est le même Premier ministre qui a si brillamment géré l'approvisionnement en masques et en tests depuis trois mois. Nous voilà rassurés : on aura quelques vaccins.

Emmanuel Macron salue Serge Weinberg lors de son investiture © Aurelien Billy

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal
Aurélien Rousseau, l’autre caution de gauche de Matignon
Le nouveau directeur de cabinet d’Élisabeth Borne, Aurélien Rousseau, a été directement choisi par Emmanuel Macron. Sa réputation d’homme de dialogue, attentif aux inégalités, lui vaut de nombreux soutiens dans le monde politique. D’autres pointent sa responsabilité dans les fermetures de lits d’hôpitaux en Île-de-France ou dans le scandale du plomb sur le chantier de Notre-Dame.
par Ilyes Ramdani
Journal
Législatives : pour les femmes, ce n’est pas encore gagné
Plus respectueux des règles de parité que dans le passé, les partis politiques ne sont toujours pas à l’abri d’un biais de genre, surtout quand il s’agit de réellement partager le pouvoir. Nouvelle démonstration à l’occasion des élections législatives, qui auront lieu les 12 et 19 juin 2022.
par Mathilde Goanec
Journal
Climat : militer dans l’urgence
Une quinzaine de départements français sont touchés par la sécheresse, dix ont déjà dépassé le seuil d’alerte. On en parle avec Simon Mittelberger, climatologue à Météo-France, Cécile Marchand d’Alternatiba et Les Amis de la Terre, et Julien Le Guet, du collectif Bassines non merci.
par À l’air libre
Journal
Orange : la journée des coups fourrés
Redoutant une assemblée générale plus problématique que prévu, la direction du groupe a fait pression sur l’actionnariat salarié pour qu’il revienne sur son refus de changement de statuts, afin de faire front commun pour imposer la présidence de Jacques Aschenbroich. Au mépris de toutes les règles de gouvernance et avec l’appui, comme chez Engie, de la CFDT.
par Martine Orange

La sélection du Club

Billet de blog
Qui est vraiment Élisabeth Borne ?
Depuis sa nomination, Élisabeth Borne est célébrée par de nombreux commentateurs comme étant enfin le virage à gauche tant attendu d'Emmanuel Macron. Qu'elle se dise de gauche, on ne peut lui retirer, mais en la matière, les actes comptent plus que les mots. Mais son bilan dit tout le contraire de ce qu'on entend en ce moment sur les plateaux.
par François Malaussena
Billet de blog
par C’est Nabum
Billet de blog
Qu’est-ce qu’un premier ministre ?
Notre pays a donc désormais un premier ministre – ou, plutôt, une première ministre. La nomination d’E. Borne aux fonctions de premier ministre par E. Macron nous incite à une réflexion sur le rôle du premier ministre dans notre pays
par Bernard Lamizet
Billet de blog
par Fred Sochard