Affaire Khashoggi : la diplomatie couchée de M. Macron

La présidence de la République estime que "les efforts de la Cour pénale internationale sont de nature à établir les faits qui ont conduit à cette crise et à contribuer ainsi à y trouver une issue".

Ah pardon... désolé pour la confusion, cette déclaration a été faite à propos ... du Venezuela et non pas de l'Arabie Saoudite.

C'est que, voyez-vous, cette buse de Maduro, ne sait vraiment pas y faire. La corruption et la répression de l'opposition ne constituent nullement un problème pour la diplomatie française si le régime qui s'y livre est un bon client pour notre industrie de l'armement. Et l'Arabie Saoudite est assurément un excellent client, contrairement à Maduro qui n'a pas pris cette élémentaire précaution avant de sévir.

Dans l'affaire Khashoggi, alors que même les Etats-Unis et la Grande-Bretagne commencent à gesticuler, M. Macron préfère rester très courtois avec son ami MBS. En marge du sommet de la Francophonie, à Erevan, il a estimé dans un entretien à France24 que les faits sont "très graves" et qu'il attend "que la vérité et la clarté soient établies". Il aura une discussion à ce sujet avec le prince héritier et le roi d'Arabie saoudite "dans les prochains jours".

Attendons donc tranquillement que "la vérité soit établie". Après tout, rien ne presse et on peut compter sur la bonne volonté de MBS.

Avouons qu'il serait regrettable que cette petite péripétie vienne ternir notre relation commerciale avec ce grand client. D'autant que l'utilisation au Yemen des armes françaises vendues à l'Arabie Saoudite permet à nos industriels de faire chaque jour la démonstration de leur redoutable efficacité.

Cela justifie bien quelques courbettes.

© Yoan Valat / AFP © Yoan Valat / AFP

 

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