Alerte : les écoliers et collégiens pourraient être contaminés les 17 et 18 décembre

Preuve qu'Emmanuel Macron a fait de la France un pays exceptionnel, ses écoliers et collégiens sont les seuls dans le monde à ne pas se contaminer dans les établissements scolaires. Sauf pendant les deux prochains jours.

Dès le 11 mai, le ministre de l’Éducation avait tenu à rassurer tous les parents en affirmant au micro d’Europe 1 : « Il y a plus de risques à rester chez soi que d'aller à l'école. » Il est vrai que la Société française de pédiatrie avait conclu que les enfants ne sont pas contaminants pour les adultes, à partir d’études réalisées ... pendant le confinement, alors que les écoles étaient fermées (voir ici). Fort logiquement, il n’y avait donc pratiquement plus aucun protocole sanitaire mis en œuvre dans les établissements scolaires à la rentrée de septembre.

Depuis trois mois, M. Blanquer n’a cessé de répéter que le nombre d’élèves testés positifs au Covid-19 restait stable et « maitrisé », contredisant ainsi les statistiques publiées par Santé Publique France (SPF) qui montraient une très nette augmentation du nombre de cas positifs chez les 0-19 ans (comme dans le reste de la population). C’est ainsi que, fin octobre, le ministère de l’Éducation a communiqué un nombre de cas positifs treize fois inférieur à celui de SPF (voir ici). M. Blanquer s'inspire sans doute de Churchill : « Je ne crois aux statistiques que lorsque je les ai moi-même falsifiées ».

Or voici que, soudainement, le Conseil scientifique a découvert que, tout compte fait, même les enfants des écoles françaises pourraient se révéler être des vecteurs de contagion dans leur entourage. Dans sa « note d'éclairage » du 12 décembre, il recommande donc « de ne pas pénaliser les absences scolaires des 17 et 18 décembre » dans le but de « permettre de limiter au maximum la diffusion virale dans la semaine qui précède les repas de réveillon ».

Cette recommandation a été retenue par le Premier ministre, provoquant l’incompréhension de nombreux parents face à cette injonction de dernière minute. Y aurait-il à partir du 17 décembre moins de risques à rester chez soi qu’à aller à l’école ? Et que faire si Papi et Mamie sont aussi à la maison jeudi et vendredi ? Faut-il les enfermer dans la cuisine sans attendre le réveillon de Noël ? Faut-il anticiper l'achat de la bûche (voir ici) ?

Le contre-ordre ne s’est pas fait attendre et est intervenu par la voix de Jean-Michel Blanquer. « Le principe reste toujours le même : il y a école jusque vendredi prochain », a déclaré le ministre de l’Éducation le lendemain des annonces du chef du gouvernement auquel il appartient. On serait tenté de dire que la main gauche ne sait pas ce que fait la main droite dans cette pétaudière. Ce serait oublier qu’il n’y pas de main gauche, mais deux mains d’extrême-droite.

Rassurez-vous, ce pic de contagiosité des élèves sera fort heureusement limité à deux jours de classe. Dès le 4 janvier, ils seront redevenus les enfants exceptionnels dont la France est si fière : les seuls dans le monde à ne pas transmettre le Covid-19. A l'intérieur des écoles, car dès qu'ils en sortent, ils sont contagieux.

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