Mediapart ou La Pravda anti France Insoumise ?

Réaction à la lettre hebdomadaire de la rédaction de Mediapart.

Je viens de recevoir la lettre hebdomadaire de Mediapart dans ma messagerie (voir ci-dessous).

L’actualité de la semaine se résume donc pour la rédaction à la "sidération" provoquée par la réaction de Jean-Luc Mélenchon aux perquisitions dans les locaux de LFI et à son domicile. Sidérée aussi par celle de Danièle Obono hier sur Mediapart !!! Lesquelles réactions relèveraient uniquement de la "paranoïa" et du "complotisme".

Eh bien, moi aussi je suis "sidéré" : il ne s'est donc rien passé de plus important en France et dans le monde cette semaine que "le bruit et la fureur" du dirigeant de LFI. Nous avons eu droit depuis avant-hier à trois partis pris à charge. Aucune analyse sérieuse de la signification politique de la décision du parquet (et de sa non-décision dans des affaires similaires). Aucun compte-rendu de sa conférence de presse d'aujourd'hui. Même le Figaro donne une vision plus factuelle que celle de Mediapart, un comble !

Je suis moi aussi très critique de la réaction de JL. Mélenchon (voir mon billet Jean-Luc Mélenchon, ou comment transformer l'or en plomb). Je ne partage pas nombre de ses idées, et encore moins celles de certains éléments de son entourage (M. Corbière, Mmes Garrido et Chikirou). Et j'ai de sérieux doutes sur sa stratégie.

Pour autant, je ne me suis pas abonné à Mediapart pour lire pendant trois jours ce qui relève non plus du journalisme, mais d'un exercice de propagande anti-LFI où ne s'exprime plus que la détestation d'un homme.

M. Arfi, qui avait un talent certain pour enquêter sur le financement des campagnes électorales, ne pourrait-il par exemple s’intéresser au financement du mouvement En Marche en 2016, avant que M. Macron ne déclare sa candidature. Car sans les généreux soutiens du début, pas de candidature possible. Qui sont-ils ? Quelles sont leurs fonctions ? Dans quel secteur ? Y-a-t-il des fonds d'origine étrangère ? Que sont-ils devenus ?

Plutôt que d'étaler vos haines recuites, remettez-vous à faire du véritable journalisme, comme savent encore le faire Martine Orange, Romaric Godin ou Laurent Mauduit.

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La lettre hebdomadaire

Chaque vendredi|19 octobre 2018

Par la rédaction de Mediapart

Cette semaine dans Mediapart, nous avons été sidérés comme beaucoup par les perquisitions dans les locaux de la France insoumise et au domicile de Jean-Luc Mélenchon (lire le reportage de Pauline Graulle). Sidérés par les paroles et les actes du héraut insoumis et de ses proches (comme la députée Danielle Obono, invitée exceptionnelle de notre émission et pour qui il ne peut s’agir que d’une « attaque politique »).

Sidérés aussi par ce que révèle un tel coup d’éclat, entre estime du “moi” mélenchonien (lire l’analyse d’Antoine Perraud) et mépris panique face à une procédure malgré tout républicaine qui, si elle est issue d’institutions défaillantes en matière d’indépendance du parquet (lire le parti pris de François Bonnet) permettant à toutes les paranoïas et tous les complotismes de rester crédibles, n’en reste pas moins le fait d’un juge indépendant (le juge des libertés et de la détention, lire le parti pris de Fabrice Arfi) qui a autorisé ces perquisitions dans le cadre d’une affaire n’ayant rien d’anecdotique (de présumées surfacturations problématiques à l’intérieur des comptes de campagne – lire ici notre enquête – ).

« Ils parlaient tous à la fois, et leurs voix insistantes, contradictoires, impatientes, rendaient l’irréel possible, puis probable, puis indubitable, comme font les gens quand leurs désirs sont devenus des mots. » Ces mots résumant les diverses images de la perquisition insoumise qui nous ont tant sidérés, sont de William Faulkner, issus de son roman Le Bruit et la Fureur. Un titre que Mélenchon a su faire prospérer en slogan politique efficace et conquérant, mêlant héritage marxiste et verve populiste assumée.

Peut-être devrait-il désormais s’inspirer d’un autre ouvrage du grand écrivain américain, Lumière d’août, où l’on peut lire un autre enseignement que le double candidat à la présidentielle gagnerait à faire prospérer : « Un homme craint davantage ce qui pourrait lui arriver que les ennuis qu'il a déjà soufferts. Il se cramponne aux ennuis qu'il a déjà soufferts plutôt que de risquer un changement. »

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