Magistrature couchée

Jour après jour, l’État de droit n'est plus qu'un souvenir de plus en plus lointain dans ce pays.

Gaspard Glanz sera jugé le 18 octobre prochain pour « outrage à personne dépositaire de l’autorité publique ». Samedi, il avait adressé un doigt d'honneur à un policier qui venait de le bousculer violemment alors qu'il cherchait à parler à un commissaire pour lui demander pourquoi il avait été visé par une grenade. D'ici là, la justice lui a interdit de se rendre à Paris tous les samedis ainsi que le 1er mai, ce qui revient à l'empêcher d'exercer son métier de journaliste durant les six mois à venir.

Au terme de 48 heures de garde à vue, il s'est donc trouvé un juge des libertés et des détentions (magistrat du siège) pour suivre la réquisition du procureur de la République (magistrat du parquet) et prononcer cette interdiction.

Sous le régime de M. Macron, la magistrature debout et la magistrature assise convergent ainsi vers une magistrature couchée.

En faisant preuve de beaucoup de zèle pour un doigt d'honneur, ces deux magistrats ont sans doute pensé que leur souplesse d'échine leur vaudrait un avancement accéléré. Ce pourrait être un mauvais calcul car le président de la République lui-même semble affectionner ce geste comme en témoigne cette photo prise avec un ancien braqueur et son cousin lors de sa visite à Saint-Martin en septembre 2018.

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