Les émules de Maurras et de Brasillach

Après l’attentat de Conflans-Sainte-Honorine, toutes les digues semblent avoir lâché et nous dévalons la pente à une vitesse vertigineuse, emportés par un torrent de boue.

 On a pu entendre Jean-Luc Mélenchon se faire traiter de « collabo » par un député à l’Assemblée Nationale.

Manuel Valls, revenu de son flirt appuyé avec l’extrême-droite espagnole, y est allé de sa dénonciation : « Jean-Luc Mélenchon est d'une très grande complicité, d'une très grande responsabilité dans ce qui s'est passé dans cette lutte contre l'islamisme, dans cette lâcheté qu'il y a eu d'une partie de la gauche. »

Robert Ménard, compagnon de route du RN, l’a rejoint en traitant lui aussi Mélenchon de « collabo », ce qui ne manque pas de piquant quand on connait les racines historiques du Front National.

Gérald Darmanin a accusé Edwy Plenel de « lâcheté intellectuelle » avant d’ajouter : « Ils sont aussi responsables de cette ambiance, de cette température qui permet à des individus de passer à l’acte en excusant tout. » Il y a deux semaines, il avait aussi accusé La France Insoumise (LFI) d’être « désormais lié avec un islamo-gauchisme qui détruit la République ».

Jean-Michel Blanquer lui a emboité le pas en parlant des « ravages » de l’islamo-gauchisme à l’Université, accusant l’UNEF et LFI de « favoriser une idéologie qui ensuite, de loin en loin, mène au pire » et de « complicité intellectuelle » avec les terroristes.

« Il est un autre droit que nous revendiquons, c’est d’indiquer ceux qui trahissent. » Ainsi s’exprimait dans les années 30, Robert Brasillach, rédacteur en chef du journal antisémite Je suis partout. Ses émules du « nouveau monde » (à moins que ce ne soit de l’« ordre nouveau ») ne se contentent pas de revendiquer ce « droit », ils l’exercent.

Jusqu'où iront-ils ?

 © Christian Creseveur © Christian Creseveur

Mes remerciements à Christian Creseveur à qui j'ai emprunté ce dessin.

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