marugil
Citoyen
Abonné·e de Mediapart

382 Billets

0 Édition

Billet de blog 26 juin 2020

Sanofi se paye ouvertement la tête de Macron

La multinationale de l’industrie pharmaceutique s’apprête à supprimer 1000 emplois en France, quelques jours après avoir reçu la visite et les félicitations du président de la République.

marugil
Citoyen
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Le 16 juin dernier, Emmanuel Macron se rendait dans les locaux de Sanofi à Lyon pour y couvrir de louanges l’entreprise et notamment son « cher Serge Weinberg », président du conseil d’administration et l’un de ceux qui, après la commission Attali de 2008, ont joué un rôle majeur dans l’accélération de la carrière du futur président de la République.

Ce jour-là, Sanofi annonçait un plan d'investissement de 600 millions d’euros en France, qualifié de « formidable » par M. Macron qui entend « développer un mécanisme de planification, de financement et d’organisation de la résilience industrielle française en matière de santé ». Le chef de L’État dévoilait à cette occasion le déblocage par l’État d’une enveloppe de 200 millions d’euros « pour financer des infrastructures de production comme de recherche et développement pour être en état de répondre aux besoins du temps et aux crises sanitaires » (voir ici).

Le 13 mai dernier, le PDG de Sanofi, Paul Hudson, avait affirmé dans un entretien à Bloomberg que les États-Unis seraient le premier pays à être servi dès qu’un vaccin contre le Covid-19 serait disponible car ils avaient été les premiers à financer la recherche sur ce vaccin. Après quelques protestations aussi bruyantes que dérisoires (voir ici), le message a bien été reçu à l’Élysée qui va donc débloquer des aides qui s'ajoutent aux 150 millions d’euros de crédit d’impôt-recherche (CIR) perçus chaque année par Sanofi.

Dix jours plus tard, la société annonce la convocation d’un CSE de Sanofi France lors duquel devrait être annoncée la suppression d’un millier d’emplois dans notre pays (voir ici). Au temps pour « la résilience industrielle française en matière de santé »… Visiblement, le CIR et les aides supplémentaires annoncées le 16 mai ne suffisent pas au « cher Serge Weinberg » et aux actionnaires qu’il représente. Et puisqu’il suffit de demander pour obtenir de l'argent public, pourquoi se gênerait-il ?

Après Renault, Air France et Airbus qui empochent les milliards d’euros d’aide publique accordés sans contrepartie par l’État et s’empressent d’annoncer dans la foulée licenciements et fermetures de sites, c’est au tour de Nokia (voir ici) et maintenant de Sanofi d’annoncer des suppressions d’emploi tout en empochant le CIR.

Si Nokia a attendu 4 ans avant de s’asseoir sur les promesses faites en 2016 au ministre de l’Économie d’alors (un certain … Emmanuel Macron), les dirigeants de Sanofi n’ont pas attendu plus de 10 jours pour se payer ouvertement la tête du président de la République qui s'était déplacé pour leur dire tout le bien qu’il pensait d’eux.

Ces gens sont cruels avec leurs obligés : ils ne se donnent même plus la peine de permettre aux dirigeants politiques qui leur servent la soupe de sauver la face. Qu’importe, lorsque Macron sera complètement démonétisé, ils en trouveront un autre qui mettra en œuvre avec le même zèle la politique qu’ils attendent de lui (subventions publiques, baisse des cotisations sociales et de la fiscalité). Car, comme disait Pouchkine : « Pourvu que l'on ait une auge, on trouvera les cochons. » 

Quant à Macron, son « cher Serge Weinberg », qui l’avait pistonné pour entrer à la Banque Rothschild en 2008, saura se montrer généreux et lui trouvera un point de chute fort bien rémunéré. En récompense des services rendus.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal
Aurélien Rousseau, l’autre caution de gauche de Matignon
Le nouveau directeur de cabinet d’Élisabeth Borne, Aurélien Rousseau, a été directement choisi par Emmanuel Macron. Sa réputation d’homme de dialogue, attentif aux inégalités, lui vaut de nombreux soutiens dans le monde politique. D’autres pointent sa responsabilité dans les fermetures de lits d’hôpitaux en Île-de-France ou dans le scandale du plomb sur le chantier de Notre-Dame.
par Ilyes Ramdani
Journal — Politique
Personnel et notes de frais : les dossiers de la députée macroniste Claire Pitollat
Dix-neuf collaborateurs en cinq ans, des accusations de harcèlement et des dépenses personnelles facturées à l’Assemblée : le mandat de la députée du sud de Marseille, candidate à sa réélection, n’a pas été sans accrocs. Notre partenaire Marsactu a mené l’enquête.
par Jean-Marie Leforestier et Clara Martot (Marsactu)
Journal
Législatives : pour les femmes, ce n’est pas encore gagné
Plus respectueux des règles de parité que dans le passé, les partis politiques ne sont toujours pas à l’abri d’un biais de genre, surtout quand il s’agit de réellement partager le pouvoir. Nouvelle démonstration à l’occasion des élections législatives, qui auront lieu les 12 et 19 juin 2022.
par Mathilde Goanec
Journal
Climat : militer dans l’urgence
Une quinzaine de départements français sont touchés par la sécheresse, dix ont déjà dépassé le seuil d’alerte. On en parle avec Simon Mittelberger, climatologue à Météo-France, Cécile Marchand d’Alternatiba et Les Amis de la Terre, et Julien Le Guet, du collectif Bassines non merci.
par À l’air libre

La sélection du Club

Billet de blog
par Fred Sochard
Billet de blog
De l'art de dire n'importe quoi en politique
Le problème le plus saisissant de notre démocratie, c’est que beaucoup de gens votent pour autre chose que leurs idées parce que tout est devenu tellement confus, tout n’est tellement plus qu’une question d’image et de communication, qu’il est bien difficile, de savoir vraiment pour quoi on vote. Il serait peut-être temps que ça change.
par Jonathan Cornillon
Billet de blog
par C’est Nabum
Billet de blog
Qu’est-ce qu’un premier ministre ?
Notre pays a donc désormais un premier ministre – ou, plutôt, une première ministre. La nomination d’E. Borne aux fonctions de premier ministre par E. Macron nous incite à une réflexion sur le rôle du premier ministre dans notre pays
par Bernard Lamizet