Contrôles et verbalisations prennent de vitesse le coronavirus !

Qui a dit que ce gouvernement avait du retard à l'allumage ? Que nenni.

La capacité d’anticipation du ministère de l’Intérieur pour l’approvisionnement en grenades de désencerclement et en cartouches pour fusil d’assaut n’est plus à démontrer. Des commandes pour quatre ans ont été passées en 2019 (voir En France, on n'a pas de masques mais on a des grenades de désencerclement). Dans ce domaine au moins, le « zéro stock » et le « juste à temps » ne sont pas à la mode.

Mais le ministère de l'Intérieur n'est pas seulement prévoyant, il dispose aussi d'un appareil statistique très performant. Depuis que le confinement a été décrété, le ministère de l’Intérieur tient ainsi une comptabilité précise du nombre de contrôles effectués par les forces dites de l’ordre, ainsi que des verbalisations qui en résultent. A ce jour, ce sont 260 000 verbalisations qui ont été relevées par les forces de l'ordre et environ 4 300 000 contrôles qui ont été effectués, selon Le Monde (voir ici).

On pourrait penser qu’il en va de même pour la gestion de l’épidémie de coronavirus. Visiblement, cela n'est pas dans le « core business » de l’exécutif comme pourrait dire un godillot LREM.

Combien y a-t-il de personnes contaminées ? On ne sait puisqu’on ne teste pas massivement (comme le recommande l’OMS), faute d’avoir réagi à temps pour réquisitionner les capacités de production nationale et d’avoir commandé à temps à l’étranger. L’Allemagne, boussole de nos dirigeants quand il s’agit d’austérité, sait faire mais curieusement, cela n’a pas été une source d’inspiration.

Combien y a-t-il de masques disponibles ? combien de commandés ? On ne sait pas. Quand arriveront-ils ? Dans les jours qui viennent, nous répète-t-on depuis des semaines. Mais ce n’est pas très grave puisqu’ils ne servent à rien et qu’on ne saurait de toute façon pas les utiliser, selon Mme Sibeth Ndiaye.

Combien y a-t-il de décès en EHPAD ? On ne sait pas car on ne les compte pas. C’est plus simple ainsi.

« Gouverner, c’est prévoir », selon la formule bien connue.

Emmanuel Macron l’a actualisée : « Réprimer, c’est prévoir ». Et pour la santé publique, « mes chers compatriotes », on compte sur nos « héros en blouse blanche ».

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