« France is back » : la police française va conseiller la police chilienne

C’est une preuve supplémentaire du rayonnement international que la France a retrouvé sous la présidence d'Emmanuel Macron.

Le président chilien, Sebastián Piñera, a annoncé le 24 novembre dernier que les carabiniers du Chili (l’équivalent de notre police nationale) vont solliciter les conseils des polices du Royaume-Uni, d’Espagne et de France. Avec leurs collègues britanniques et espagnols, les experts de la place Beauvau auront notamment pour objectif « d’enrichir les stratégies et les procédures opératoires afin d’améliorer les mécanismes de maintien de l’ordre public ». (voir ici).

Le bilan du « maintien de l’ordre » depuis le début du mouvement social au Chili étant déjà exceptionnel (24 morts, plus de 2800 blessés dont 232 blessures oculaires, plus de 7200 détenus), c’est évidemment un immense honneur pour nos forces de l’ordre que d’être sollicitées pour l’améliorer. Pour les éborgneurs de la « start-up nation », cette collaboration est aussi une formidable opportunité de partager les « best practices » et de « se benchmarker » avec les héritiers de Pinochet.

On se souvient qu’en janvier 2011, la ministre des Affaires Étrangères de l’époque, Mme Alliot-Marie, avait déjà proposé au régime du président tunisien Ben Ali « le savoir-faire, reconnu dans le monde entier de nos forces de sécurité ». Las ! deux jours plus tard, Ben Ali quittait le pays pour se réfugier en Arabie Saoudite et son régime s’effondrait.

MM. Macron et Castaner espèrent vivement que le président Piñera sera plus pugnace face au mouvement social afin que leur police ait tout le temps de transmettre son « savoir-faire » aux carabiniers du Chili. Et accessoirement pour que nos industriels puissent aussi vendre le matériel requis pour « enrichir les stratégies » du maintien de l’ordre.

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Bilan de la répression établi par l'INDH (Institut National des Droits Humains du Chili) au 25 novembre 2019 :

 © INDH Chile © INDH Chile

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