« Je ne dirais pas que c’était un échec »

Vous avez raison M. le Président, ce n’est qu’un fiasco.

Il n’y avait pas de masques, pas même suffisamment pour les personnels soignants. M. Macron et son gouvernement ont alors expliqué pendant trois mois qu’ils étaient inutiles et même néfastes. Puis ils les ont rendus obligatoires en mai dès qu’ils sont devenus disponibles.

Encouragés par le président de la République début mars à continuer d’aller au théâtre, les Français étaient confinés une semaine plus tard. Les écoles devaient alors être fermées car les enfants étaient contagieux. Puis elles pouvaient être rouvertes en mai car ils ne l’étaient plus.

Il n’y avait pas assez de réactifs pour les tests PCR en début d’année à cause de difficultés d’approvisionnement auprès des fournisseurs étrangers. Difficultés que ne rencontraient pas les autorités sanitaires allemandes qui étaient en mesure de tester massivement au même moment.

En juin-juillet, le gouvernement voulut faire autant de tests que l’Allemagne sans avoir planifié les moyens humains et matériels nécessaires. Du fait de l’engorgement des laboratoires, il fallait alors plusieurs jours pour obtenir un rendez-vous et autant de temps pour obtenir les résultats des tests. Pendant ce temps, les personnes contagieuses contaminaient leur entourage et l'épidémie repartait.

A la rentrée de septembre, les écoles ont rouvert en l’absence de toute mesure de distanciation, faute d’avoir réquisitionné des locaux (comme en Italie) et recruté des enseignants (comme en Espagne) pour dédoubler les classes. Fin août, Emmanuel Macron refusait le recrutement de 3000 enseignants car « c’est le genre d’emplois qui vont aggraver le déficit et qui ne servent pas à redresser le pays » (Le Canard Enchaîné du 26 août).

Une semaine après la rentrée, le gouvernement supprimait pratiquement tout protocole sanitaire dans les établissements d’enseignement car, voyez-vous, les enfants français ne sont pas contagieux, contrairement aux enfants du reste du monde.

Le 14 juillet, interrogé sur une possible deuxième vague de Covid-19, le président de la République répondait : « Nous serons prêts » avant d’ajouter à propos d’un nouveau confinement : « Je ne veux pas de cela à nouveau pour le pays. Et donc nous sommes en train de tout faire pour éviter une nouvelle vague. » Trois mois plus tard, il annonçait un nouveau confinement en déclarant : « Nous sommes submergés par l’accélération soudaine de l’épidémie, par un virus qui semble gagner en force à mesure que l’hiver approche, que les températures baissent. » Un virus respiratoire qui se propage plus facilement par temps froid, qui aurait pu l’anticiper ?

Depuis des semaines, de nombreux médecins alertaient pourtant sur la progression inexorable du virus. Le 9 septembre, le professeur Delfraissy avait affirmé que le gouvernement allait devoir prendre « des décisions difficiles » dans un délai de  « huit à dix jours maximum ». M. Macron l'a sèchement recadré en affirmant qu’il appartenait à l’exécutif de prendre les décisions ... avant de décider n’en prendre aucune.

Depuis le déconfinement du mois de mai, le gouvernement a continué de fermer des lits dans les hôpitaux. Depuis cette date, les démissions de personnel soignant ont continué d’être plus nombreuses que les recrutements. Avec des lits et du personnel en moins, c’est dans ces conditions que les hôpitaux ont vu arriver la deuxième vague depuis deux mois. Toujours en retard d’une guerre, le gouvernement n’a rien fait en septembre, puis a décidé d’un couvre-feu dans les grandes métropoles à la mi-octobre. Toujours trop peu, trop tard.

Jusqu’à hier où M. Macron a finalement décidé d’un nouveau confinement. Pour un mois, a-t-il annoncé alors que d’ores et déjà, c’est sur une hypothèse de 8 à 12 semaines de confinement que travaille l’exécutif. Un mensonge de plus.

Depuis le début de cette pandémie, M. Macron a démontré son incompétence dans la gestion de cette pandémie et multiplié les mensonges pour masquer son incurie. C'est pourtant lui qui fanfaronnait en octobre 2017, tenant ces propos rapportés par le Guardian (voir ici): « Je ne suis pas fait pour diriger par temps calme. Mon prédécesseur l'était, mais moi je suis fait pour les tempêtes. » Comme le capitaine du Titanic, sans doute.

C'est dur d'être gouverné par des incompétents.

 © Christian Creseveur © Christian Creseveur

Mes remerciements à Christian Creseveur à qui j'ai emprunté ce dessin.

 

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