Place à notre génération: agir pour un bien-être lycéen

La jeunesse est fortement engagée ces dernières années mais n'a jamais été aussi peu écoutée. Cette absence d’écoute et de réponses aux problèmes que nous soulevons, crée de fait un certain mal-être : inégalités scolaires, pression sociale, précarité, injonctions discriminantes… Il est grand temps de prendre en considération le bien-être lycéen, c’est le parti pris que prend l'UNL !

Place à notre génération

Une jeunesse à l’initiative !

Partout dans la presse, nous lisons que nous, les jeunes, sommes la “génération covid” ou la “génération confinement”. Une génération dans laquelle nous sommes masqué•e•s, plus isolé•e•s, et qui doit subir injonctions et décisions insuffisantes pour notre planète. Cette génération covid est pourtant la même qui a lancé les marches climat pour exiger une société plus respectueuses des ressources naturelles, empêchant le développement de pandémies. Nous sommes la génération de jeunes de plus en plus nombreux•ses dans les mouvements antiracistes et féministes. Malgré notre présence, nous n’avons jamais été aussi peu pris en considération par les pouvoirs publics. Il est grand temps de prendre en considération le bien-être lycéen, c’est le parti pris que prend l’Union nationale lycéenne ! 

Pour une école d’égalité des droits ! 

S’il y a bien une chose que le confinement nous a bien rappelé, c’est que les inégalités scolaires existent ! Accès à un ordinateur maison, accès aux aides aux devoir… tout cela diffère d’un foyer à l’autre. A l’occasion de notre enquête réalisée en Mai dernier, seulement 35% des élèves déclaraient avoir eu accès à des cours en visioconférence de manière régulière. Cela explique sans doute les 500 000 élèves en situation de décrochage scolaire comptabilisés pour cette rentrée. Comme toujours, ce sont les personnes les plus précaires à qui l’on pose des barrières, dans ce cas-ci pour suivre leurs études. 

Les jeunes veulent décider de leur parcours scolaire et de leur futur métier. Ils et elles l’ont bien fait savoir en 3 ans :  

  • en demandant l’égalité d’accès à la connaissance face à la réforme du lycée qui répartis inéquitablement sur le territoire les enseignements de spécialité.
  • en revendiquant le libre accès à l’Enseignement supérieur contre la sélection sociale induite par la plateforme Parcoursup.

Pour une école, espace de sûreté des élèves et de construction d’adulte en devenir.

L'École, service public censé être accessible à toutes et tous, espace d’inclusion et d’émancipation, porte des injonctions discriminantes. A cette rentrée, les jeunes, notamment les jeunes femmes, ont montré qu’elles voulaient d’une école dans laquelle l’on est libre de s’habiller comme on le souhaite. A travers ce mouvement, elles ont dénoncé le regard porté par les hommes sur la façon dont les femmes devraient s’habiller. Le bilan de cette journée est sans appel : Partout en France, L’UNL a relevé le lundi 14, 250 cas de discriminations liées aux tenues des lycéennes. Nous voulons être libre de choisir nos vêtements sans penser aux regards des adultes et des hommes !

De manière plus générale, des facteurs sociaux comme notre genre ou notre origine ethnique supposée, notre orientation sexuelle, notre adresse postale, déterminent le déroulement de notre scolarité et notre orientation scolaire comme professionnelle. Notre qualité de vie au lycée dépend donc encore grandement de ces critères : 72% des lycéens transgenre déclarent avoir une mauvaise perception du milieu scolaire du fait des discriminations qu’ils et elles subissent. Parmi nos demandes nous souhaitons mettre en place des toilettes non-mixte et accepter le nom d’usage sur les documents scolaires. Nous attendons toujours une réponse du ministère à ce sujet, qui ne semble pas prendre le problème en considération malgré nos nombreuses interpellations.

Autre problème touchant particulièrement la jeunesse : la précarité menstruelle. Cela serait 1,7 million de femmes qui manquerait de protection périodique en France. Cette situation est fortement liée avec le coût que peut représenter ces protections. Pour les jeunes filles, la précarité est une barrière pour accéder à ces produits pourtant essentiels. En tant que produit nécessaires à toutes les jeunes femmes cisgenres, les serviettes et tampons devraient être en libres accès au lycée et remboursés par la sécurité sociale. 

Les jeunes se sont également emparés de l'antiracisme en participant massivement aux marches appelées l’été dernier par le comité justice pour Adama Traoré. Nous sommes particulièrement sensibilisés aux discriminations car nous les subissons pour certains quotidiennement. Au lycée, les adultes se permettent parfois des réflexions déplacées et nous devons chaque année défendre le droit d’étudier des élèves menacés par les Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF).  Face à ces situations, nous ne sommes pas résignés : nous savons que la solidarité pourra nous faire avancer tous et toutes ensemble !

Une volonté de se tourner vers l’avenir, par une société écologique et écologiste.

Nous portons la dette écologique, conséquence des politiques destructrices menées depuis des décennies.  Nous sommes également celles et ceux qui se demandent si la planète sera toujours viable en 2050, si nous pouvons envisager avoir des enfants plus tard ou encore si de nouvelles pandémies ne vont pas se créer. Ce phénomène porte un nom : l'Éco-anxiété.

Pourtant à ces questions nous portons des revendications. Nous voulons d’une autre société.  Nous voulons pouvoir respirer librement l’air qui nous entoure. Cela signifie qu’il faut lutter dès maintenant contre la pollution. Les modes de transports les plus respectueux de l’environnement sont les transports en commun : il faut donc les rendre gratuits et accessible pour tout le monde. 

Nous voulons que les cantines des lycées nous proposent une alimentation bio et locale. Nous voulons que les établissements accueillent davantage d’espace verts, de jardins partagés et de potagers. Nous ne voulons plus de cette société qui nous incite à surconsommer : La pollution engendrée par cette surproduction cumulée au sentiment d’insatisfaction constante qui est crée par ces injonctions ne peuvent que nuire à notre bonheur présent et futur.

Certains disent que nous sommes utopistes. Nous dirons juste que nous sommes moins frileux que nos aînés, qui n’ont pas à se soucier de 2050.

Ne soyons plus dépossédé•e•s de notre avenir ! 

Malgré l’absence des cours d’éducation civique, qui sont plus des temps pour boucler les cours d’histoire-géo que d’exercice démocratique, nous continuons de nous bouger pour faire entendre nos demandes. Malgré la volonté d’imposer le SNU, qui s’annonce davantage comme un retour déguisé du service militaire plutôt qu’un temps donnant la parole aux jeunes, nous restons des citoyen•ne•s qui avons beaucoup à dire et à revendiquer !  Il serait donc temps d’arrêter de nous infantiliser et de nous réprimer dès lors que l’on ouvre la bouche pour exiger de nouveaux droits. Il serait temps d’arrêter de nous forcer à nous habiller ou nous déshabiller à votre guise en vous pensant les seuls à pouvoir juger de ce qui est une tenue correcte. Il serait enfin temps de nous écouter au lieu de nous mépriser. 

Approprions-nous nos lieux de vies !

Nous avons voulu être acteur de notre scolarité et de la vie du lycée. L'École doit être le premier lieu de l’apprentissage de la citoyenneté. Cet apprentissage ne peut pas passer que par des leçons et de la théorie : il faut que nous puissions pratiquer nos droits au quotidien ! Avec une démocratie lycéenne plus directe, nous serions davantage investi pour décider ensemble - élèves, parents, professeurs et administrations réunie autour d’une même table - du fonctionnement des établissements scolaire. L’efficacité du système actuel de démocratie lycéenne pour porter fidèlement les opinions des élèves reste encore à désirer. Les élus n’ont pas assez de poids et de possibilité d’action sur leurs établissements.  Nous voulons pouvoir mener des référendums dans nos lycées pour décider réellement des décisions prises dans les établissements.  Pour changer la donne et faire entendre notre ras-le-bol face au fait de ne pas avoir suffisamment de place pour s’exprimer au lycée, nous devons nous investir massivement dans les élections pour les conseils de vie lycéenne (CVL) qui commenceront la semaine du 5 Octobre.

Mais cette mobilisation dans les instances ne sera pas efficace si nous ne sommes pas également mobilisés au lycée. C’est pourquoi nous appelons tous les élèves à s’emparer de ces élections pour faire entendre leurs idées. Sans une nouvelle démocratie lycéenne, pleine et entière, l'École continuera de passer à côté de son objectif le plus important : donner aux citoyens de demain que nous sommes le pouvoir de transformer la société qui vient ! 

 

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