FRANCE

Je partage le poème "France" qui fait partit de mon recueil de poésies. Ecrit en 2017. intitulé La Chair & l'Ether. Vers libres.

France

 

Utopie de l’enfance. Fin d’abondance. Manteau de misère.

La culpabilité est un petit soldat masqué.

Sainte histoire du jeune homme abattus par ses chers

 

Disciples aux yeux grands ouverts d’admiration

Face à un maitre, distant et cruel dans la rigidité

D’une parole mêlée aux actes, en adéquation

 

Avec le charisme qu’il faut toujours aux élus,

Reconnu aux symboles, à la foule et aux miracles

Instrumentalisés peut être, par la force de la rue

 

Qui broie, soulève et avale les propagandes

Toujours plus hautes qu’elle-même, écoulées

Dans les boyaux des résistances ancestrales, grandes

 

Dans l’ancrage au pavé, au parvis, au trottoir

De la rumeur qui cavale et condamne tout

Et son contraire, à la seule force du pouvoir

 

D’une classe qui condamne certaines tranches

Dont elle se croie différente. Elle, qui a appris

A consommer la vie sur les modèles d’outre-manche.

 

Mais bien sûr, comment vivre ? et bien vivre alors ?

Sous souffrir des réflexions soucieuse d’une enfant

Qui plonge dans les écueils dont elle se défend corps

 

Et âme. Lourde est la pensée pour une jeunesse anéantie

Par les participations historiques bien révisées

Dans les programmes scolaires et les grandes sorties

 

Cinématographiques. L’éthique manque toujours d’uniformité

Elle grouille dans les artères, silencieuse, bien loin

Des paysages étalonnée qui font briller les mandatés

 

Sans bavures. Les images et leur poids… si vites

Zappées. La mascarade des urnes bien employée

A convaincre de l’authenticité des vrais parasites.

 

Le choix est entre les mains d’œuvres et de peurs.

Mécanismes fragiles mais huilé sur les mêmes

Modèle précédemment cités… Me voilà pleine de rancœur

 

Dans un discours bête à pleurer, tristement

Révolutionnaire dans une époque où rien n’a moins

Le goût de l’aventure que cette idée, ironiquement

 

Passée. Peut-on vivre avec des idées, hors du fracas

De l’adolescence passionnée ? De la dépression résignée ?

Je regarde autour la jeunesse et la vie vivante casse

 

Sa propre branche accrochée au jugement des vieux

Ici. Toujours soumise à l’héritage collectif,

Au dictat monétaire de ces mêmes vieux.

 

Je ne veux parler ici que de politique. Et pourtant

Ce n’est pas ma place, c’est certain. Il faut

Parler de l’amour, qui nous sauve des engagements

Ephémères où se tarissent immanquablement

Les convictions profondes, dans l’accaparation

Maladive des pensées de faibles courants.

 

Et je suis d’une jeunesse, à qui on a trop répété

Qu’elle était ignare et inculte ; alors oui, je manque

Surement de dates et de repères pour bien articuler…

 

Je ne veux parler que d’un pays de mafieux

Déguisé en camion de pompiers. Humanitaire

Est notre armement. La première place des anxieux.

 

Cela fait bien longtemps que les fiers défilés

Ne servent plus qu’à montrer ce qui n’existe plus

Les rassurantes parades de la force défensives et,

 

Contente de ce carnaval du dimanche. Les rituels

De la nation, foulant le long des quais, les pavés

Pour un droit bafoué à chaque élection nouvelle.

 

Orchestre d’élus, marionnettes dorées de soleils fiscalisés

Par le labeur des votants tristes et incompris, s’en retournant

A leur terre, s’en retournant dans les campagnes belles, pillées

 

Par de vaines paroles. Accusés de vulgaires raccourcis

Caricatures grossies par les concerts médiatiques sachant

Jouer d’impartialités faussées dans cette effroyable harmonie.

 

Pays déroulant ton manteau de misère. Tes petits t’aiment encore

Mais n’est-il pas là, sous la grève, l’ultime sursaut des valeurs anciennes

Poreuses et fatiguées à présent, par ce monde neuf qui nous dévore ?

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