Mathilde Mathieu
Journaliste à Mediapart
Journaliste à Mediapart

50 Billets

2 Éditions

Billet de blog 17 juin 2009

A la tribune du Congrès, Bayrou préfère passer son tour

François Bayrou ne grimpera pas à la tribune du Congrès, lundi 22 juin, pour répondre au discours que le Président de la République prononcera devant la quasi-totalité des parlementaires réunis à Versailles (une première dans l'histoire de la Ve République), d'après les informations recueillies par Mediapart.

Mathilde Mathieu
Journaliste à Mediapart
Journaliste à Mediapart

François Bayrou ne grimpera pas à la tribune du Congrès, lundi 22 juin, pour répondre au discours que le Président de la République prononcera devant la quasi-totalité des parlementaires réunis à Versailles (une première dans l'histoire de la Ve République), d'après les informations recueillies par Mediapart.

Le patron du Modem, «premier opposant» auto-proclamé du chef de l'Etat, aurait pu, pourtant: l'attelage des élus «non-inscrits», dont il fait partie, disposera précisément de 5 minutes dans le débat qui suivra l'allocution présidentielle (contre 10 minutes pour les représentants des groupes politiques, tels l'UMP ou le Nouveau centre).

Le règlement du Congrès précise en effet: «Un temps de parole de cinq minutes est attribué au député ou au sénateur n’appartenant à aucun groupe qui s’est fait inscrire le premier dans le débat». Il suffisait donc à François Bayrou, pour décrocher le droit de causer, de tirer plus vite que les 14 autres non-inscrits de l'Assemblée et du Sénat (parmi lesquels sa poignée d'«amis» du Modem et les proches de Philippe de Villiers).

C'est d'ailleurs ce qu'avait prévu son entourage, vendredi dernier, au lendemain de l'annonce de la convocation du Congrès par l'Elysée: le cabinet de François Bayrou, plus rapide que son ombre, avait pris soin de contacter les «services de la séance» de l'Assemblée et de préempter la place. L'image de François Bayrou répliquant à Nicolas Sarkozy à la tribune de Versailles pouvait présenter a priori quelque intérêt: les socialistes ayant décidé de boycotter le débat, le président du Modem aurait été le seul opposant revendiqué à s'exprimer devant le Congrès.

Mais mercerdi 17 juin, François Bayrou a finalement changé d'avis et décidé de laisser la place. Pas question, après réflexion, de prendre la parole dans un simulacre de débat, organisé en l'absence du chef de l'Etat, qui sera déjà reparti (comme l'exige la Constitution).

Du coup, c'est le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan (qui s'était habilement positionné en second sur la liste des volontaires), qui devrait récupérer les 5 minutes de temps de parole des «non-inscrits». Mercredi après-midi, à son bureau, on exultait.

François Bayrou, lui, estime qu'il apparaîtra ainsi plus cohérent avec sa critique radicale de la réforme des institutions, en particulier de l'instauration d'un droit d'allocution présidentielle devant la représentation nationale -une mesure «humiliante pour le Parlement», avait-il expliqué à Mediapart au printemps dernier:

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Migrations
La véritable histoire d’Omar Elkhouli, tué par la police à la frontière italienne
Cet Égyptien est mort mi-juin pendant une course-poursuite entre la police aux frontières et la camionnette où il se trouvait avec d’autres sans-papiers. Présenté comme un « migrant », il vivait en fait en France depuis 13 ans, et s’était rendu en Italie pour tenter d’obtenir une carte de séjour.
par Nejma Brahim
Journal — Éducation
Au Burundi, un proviseur français accusé de harcèlement reste en poste
Accusé de harcèlement, de sexisme et de recours à la prostitution, le proviseur de l’école française de Bujumbura est toujours en poste, malgré de nombreuses alertes à l’ambassade de France et au ministère des affaires étrangères.
par Justine Brabant
Journal — Europe
L’Ukraine profite de la guerre pour accélérer les réformes ultralibérales
Quatre mois après le début de l’invasion, l’économie ukrainienne est en ruine. Ce qui n’empêche pas le gouvernement de procéder à une destruction méthodique du code du travail.
par Laurent Geslin
Journal — International
Plusieurs morts lors d’une fusillade à Copenhague
Un grand centre commercial de la capitale danoise a été la cible d’une attaque au fusil, faisant des morts et des blessés, selon la police. Un jeune homme de 22 ans a été arrêté. Ses motivations ne sont pas encore connues.
par Agence France-Presse et La rédaction de Mediapart

La sélection du Club

Billet de blog
Faux aliments : en finir avec la fraude alimentaire
Nous mangeons toutes et tous du faux pour de vrai. En France, la fraude alimentaire est un tabou. Il y a de faux aliments comme il y a de fausses clopes. Ces faux aliments, issus de petits trafics ou de la grande criminalité organisée, pénètrent nos commerces, nos placards, nos estomacs dans l’opacité la plus totale.
par foodwatch
Billet de blog
L’aquaculture, une promesse à ne surtout pas tenir
« D’ici 2050, il nous faudra augmenter la production mondiale de nourriture de 70% ». Sur son site web, le géant de l’élevage de saumons SalMar nous met en garde : il y a de plus en plus de bouches à nourrir sur la planète, et la production agricole « terrestre » a atteint ses limites. L'aquaculture représente-elle le seul avenir possible pour notre système alimentaire ?
par eliottwithonel
Billet de blog
Grippe aviaire : les petits éleveurs contre l’État et les industriels
La grippe aviaire vient de provoquer une hécatombe chez les volailles et un désespoir terrible chez les petits éleveurs. Les exigences drastiques de l’État envers l’élevage de plein air sont injustifiées selon les éleveurs, qui accusent les industriels du secteur de chercher, avec la complicité des pouvoirs publics, à couler leurs fermes. Visite sur les terres menacées.
par YVES FAUCOUP
Billet de blog
Cochon qui s’en dédit
Dans le cochon, tout est bon, même son intelligence, dixit des chercheurs qui ont fait jouer le suidé du joystick. Ses conditions violentes et concentrationnaires d’élevage sont d’autant plus intolérables et son bannissement de la loi sur le bien-être animal d’autant plus incompréhensible.
par Yves GUILLERAULT