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Billet de blog 4 mai 2025

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Lettre ouverte À Emmanuel Macron

je vous ai cru, je vous accuse

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Monsieur le Président,

Je vous écris cette lettre que vous ne lirez peut-être jamais. Mais je l’écris avec la sincérité d’un homme de gauche, militant depuis toujours, qui vous a cru un jour… et qui aujourd’hui vous accuse.

Je suis socialiste, pas social-démocrate. Je refuse le « en même temps » qui a rendu illisible la social-démocratie, en tentant de marier le capitalisme débridé et la justice sociale. Cette confusion a pavé la voie à l’extrême droite, partout en Europe. Les politiques fiscales et sociales n’ont cessé de privilégier les plus riches, au détriment des classes moyennes, pressées comme des citrons, jusqu’à n’avoir plus rien à donner. Ni patience. Ni confiance.

Pourquoi je vous écris ? Parce que j’ai cru en vous. Pour la première fois, j’ai trahi mes convictions en militant pour En Marche. J’ai collé vos affiches, organisé vos débats, distribué vos tracts. J’ai été référent local. Tout ça, parce que vous aviez promis un « nouveau monde ».

Je me souviens de votre venue à Lyon, alors que vous étiez ministre de l’Économie. Aux Journées de l’économie, une militante CGT vous a lancé un œuf. Vous avez pris le temps de lui répondre. À Gerland, après une confrontation houleuse, vous avez tenu un discours où vous disiez vouloir réinventer la politique. J’ai voulu vous croire.

Mais dès votre élection, la douche froide : vous supprimez 5 euros d’APL pour les étudiants. Puis l’ISF. Très vite, j’ai compris. En Marche était devenue une secte, et vous son gourou. Toute pensée critique était écartée. L’Assemblée nationale ? Une chambre d’enregistrement. Le « nouveau monde » n’a duré que quelques mois.

Votre premier mandat a surfé sur les résultats économiques de François Hollande. Votre second vous a vu élu par défaut face à l’extrême droite. Vous avez promis d’écouter les Français. Mais vous n’avez rien entendu. Vous avez au contraire continué à mépriser le Parlement, la rue, les urnes.

Je n’ai jamais aimé Nicolas Sarkozy. Vous, au contraire, l’admirez. Il est condamné, mais conserve ses insignes. Pour vous, il est un « condamné respectable ». Vous traitez les délits différemment selon le nom, l’origine, la religion ou le réseau.

Vous avez divisé la France. Fracturé son contrat républicain. Favorisé les puissants, méprisé les faibles, attisé les colères. Vous avez nommé un Premier ministre issu du parti arrivé dernier. Vous avez piétiné le suffrage universel. Vous avez nié l’équilibre démocratique. Et vous avez fait du Rassemblement national la première force politique du pays.

Monsieur Macron, la France va mal. Et vous en êtes responsable. Il est temps d’en tirer les conséquences. Partez. Avant qu’il ne soit trop tard.

Avec le respect que je dois à votre fonction,

Mais avec la franchise que réclame la République.

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