Pour insuffler une nouvelle dynamique, lançon un nouveau concept !

Depuis les élections, chacun y est allé de son analyse des mauvais résultats de la France insoumise. Je m'y suis risquée à mon tour... avec un peu d'humour.

Le V de victoire Le V de victoire

Attention : ceci est une parodie

 

Voilà. Nous y sommes. Nous avons échoué, lourdement.
Cette campagne, que nous avions pourtant menée avec tant d’énergie, a été sanctionnée, et nous, comme tant d’autres, avons été touchés par la déferlante dégagiste. Et pourtant, des raisons de la débâcle tout ou presque était là, sous nos yeux. Tout était écrit. Notre défaite était prévisible ; elle était donc évitable.

Nous sommes nombreux à l’avoir vue venir. Moi par exemple : dès que j’ai compris, j’ai cherché à prévenir. J’ai voulu mettre en garde. Il y a des semaines, des mois de cela. J’ai maintes fois essayé, que dis-je, je n’ai eu de cesse d’alerter. Mon grand frère. Puis, devant son manque de réactivité, ma cousine aussi. Je l'ai martelé au sein des plus hautes instances. J’ai tenté, sans relâche, de faire passer le message, en interne d’abord. Plus fort aujourd’hui, au lendemain du désastre. C’est une question de cohérence. J’ai voulu agir avec la même détermination. Par pure loyauté. Mes efforts furent sans succès. Alors quoi. D’autres étaient aveuglés.

L’histoire a montré depuis que j’étais dans le vrai. À présent, mes larmes coulent au pied des cendres encore fumantes de nos espoirs déchus, et de nos espoirs déçus aussi. Je suis si triste et je pleure tant d’avoir eu raison contre tous, ou presque. Car puisque nous en sommes là, à lécher nos plaies. Tant qu’à ce que cela fasse mal, disons les choses clairement. Il aurait été judicieux – oui cela aurait même sans doute suffi – de m’écouter. Nous aurions pu faire autrement. C’était pourtant simple à comprendre : nous aurions dû faire autrement pour faire mieux. Voilà c’est dit. En faisant un peu moins, et surtout, surtout, en faisant beaucoup plus - combien de fois ne l’ai-je pas dit ? Il y a des témoins – nous aurions échappé au désastre annoncé.

À présent que faire ? Nous sommes au pied du mur.

Tout d’abord, notre premier devoir est de comprendre. Nous devons analyser tous ensemble. Faire le bilan, froidement mais avec bienveillance. Sans jamais chercher les querelles ni les boucs émissaires. Mais tout de même. Il ne faudrait pas non plus nier les responsabilités. Commençons par prendre la mesure (de notre échec), pour prendre les mesures (qui s’imposent). Tout cela en même temps. Alors oui, regardons les choses. N’ayons pas peur d’aller au bout. J’ai envie de dire : parlons clair et juste et surtout, sans langue de bois. L’objectif est immense.

Aujourd’hui, nous voulons d’abord nous occuper de tous ces hommes et ces femmes qui ont la gueule de bois. Mais pour cela, il faudra tirer les leçons de cet échec annoncé, sans piqûre de ciment. Je n’ai pas peur, je veux bien montrer la voie. Nous avons besoin de sang neuf. Car derrière le nécessaire débat stratégique se profile aussi une question de moins en moins taboue au sein du mouvement : comment nous débarrasser des ambitieux ? Car c’est là le vrai problème. Nous allons faire le ménage. Sans haine toutefois, sans coup d’éclat. Fini, le temps de la fureur.

Attention. Loin de moi l’idée de faire porter le chapeau à untel et à la stratégie du bidule qu’on a enclenchée. Les choses sont beaucoup plus complexes. Et pour ma part, j’y vois clair. Il ne suffira certainement pas de décréter qu’il faut revenir à la stratégie du machin pure et dure. Pour autant. À force de brouiller les pistes, nous avons fini par mécontenter tout le monde. La semaine dernière encore je le disais à mon facteur : « La stratégie est trop ceci pour les tenants de cela, et trop cela pour les partisans de ceci. Mon facteur alors semblait dubitatif. Et bien je lui dis : c’est moi qui avais raison.

Alors à présent, la discussion que nous devons avoir, c'est quelle stratégie et comment on se met en mouvement. Pour gagner. C’est là ma seule ambition. La réponse la voilà. Nous devons rassembler tous ceux qui voudont nous suivre. Nous avons par trop divisé quand il fallait renouer. Nous n’aurions pas dû rejeter, mépriser, encore moins oublier. L’erreur d’aiguillage était là, dès le départ. À la fin c’est aussi ce qui nous a manqué. Voilà, en d’autres termes, notre ligne politico-stratégique était une faillite sur toute la ligne.

Oui, c’est vrai, nous avons été sonnés. Mais c’est sans doute un mal pour un bien.

Il nous fallait nous réveiller. Si aujourd’hui le coup porté est immense, nos responsabilités le sont aussi. En ce qui me concerne, je reste disponible.

Cependant, il faudra procéder avec ordre. Mais pour cela. Nous le ferons en toute humilité. Car nous savons apprendre de nos erreurs. Tout d’abord, nous ne devons pas avoir honte de ce que nous sommes. Toutefois nous devons changer. Nous devons accentuer, nous devons retirer, et prendre au plus vite une autre direction, afin de nous mettre, tous ensemble, en ordre de bataille. Pour cela il faudra renouer avec la direction d’origine. Pour résumer : il est temps de prendre une autre direction d’origine.

Avec de la volonté, ce sera possible. Il n’est pas trop tard. Pour impulser une nouvelle dynamique, il nous faut un concept nouveau. Un concept capable de nous faire renouer avec nos fondamentaux tout en allant de l’avant. Ce concept, c’est le moi je. Plus que tout, le moi je est capable d’unir. Voilà le chemin : tournons-nous ensemble vers le moi je. Car moi je pense pouvoir contribuer au débat.

J’entends déjà une polémique poindre, entre les tenants du je je moi je et ceux qui lui préfèrent le moi moi je je. Ces débats sont légitimes, ils auront lieu en temps opportun. Mais il n’empêche. En attendant nous devons rassembler. Collectivement. Et il ne fait pas de doute que dans la période difficile et complexe que nous traversons, le moi je, simple, fédérateur, sera le mieux à même de parler au plus grand nombre. S’arrêter au seul moi moi je je serait mortifère : nous devons viser bien plus loin.

Ne soyons pas petits bras. Que voulons-nous ? Les arrangements minables et les querelles de clocher ? ou bien la Victoire ? Oui. Nous voulons tous ensemble le grand V. Notre véritable ambition est la prise du pouvoir. Pour cela, inventons : des lieux de rassemblement et des espaces de dialogue. Oui, partout, à toutes occasions, n’ayons plus que le moi je à la bouche. Rassemblons-nous et, tous ensemble, testons-le, mettons-le à l’épreuve. S'il le faut, amendons-le. Que le moi je devienne notre prochain idéal. Moi-même, je je moi je ne plaisante pas. Ce n’est pas mon genre. Je dirais même : ce serait mal me connaître. C’est de notre projet commun que moi je parle.


(merci aux nombreux contributeurs).

 

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