Un bonbon-drogue sévit sur Internet

 Rumeur - Depuis 2007, un mail d'alerte circule dans les boîtes électroniques de plusieurs pays. Il avertit qu'une drogue, du nom de "Strawberry Quick", serait distribuée dans les cours d'école. En Suisse, la rumeur a été démentie dans plusieurs cantons mais continue à persister...

 

Rumeur - Depuis 2007, un mail d'alerte circule dans les boîtes électroniques de plusieurs pays. Il avertit qu'une drogue, du nom de "Strawberry Quick", serait distribuée dans les cours d'école. En Suisse, la rumeur a été démentie dans plusieurs cantons mais continue à persister...

 

 

 

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Le "Strawberry Quick" serait un bonbon-drogue aromatisé

susceptible d'attirer les enfants. Il n'a pourtant jamais circulé

dans les écoles fribourgeoises ni ailleurs en Suisse.

 

"Faites circuler impérativement à toutes vos connaissances. Nouvelle drogue dans les écoles...". C'est le début d'un message que les clients d'un restaurant de Bulle en Suisse peuvent lire sur une affiche, placardée depuis deux semaines sur la porte d'entrée de l'établissement. Ce bonbon-drogue, du nom de "Strawberry Quick", ressemblerait à une fraise en cristaux durcis et circulerait dans les cours d'école.

Le texte de l'affiche reproduit le contenu d'un mail que la patronne de l'établissement explique avoir reçu de l'une de ses connaissances. Le message précise que "Les enfants ingèrent cette drogue en pensant que c'est un bonbon et se précipitent ensuite rapidement à l'hôpital dans un piteux état" et conclut en exhortant les gens à transmettre l'information afin de "prévenir les tragédies de se produire".

 

Eviter de semer la psychose

Fin novembre, l'alerte avait déjà circulé dans le corps enseignant de la Gruyère (canton de Fribourg, Suisse). Anne Berset, institutrice à Corbières, explique avoir reçu d'autres enseignants un mail l'avertissant de la présence de cette drogue dans les cours d'école."Pendant longtemps, j'ai observé les enfants, ce qu'ils mangeaient à la récréation et ce qu'ils avaient comme bonbon mais je n'ai rien remarqué de particulier". L'enseignante n'avait pas jugé opportun d'avertir ses élèves ni leurs parents afin de ne pas "semer inutilement la psychose puisque l'information n'était pas de source officielle".

Le secrétaire de la Direction de l'instruction publique, de la culture et du sport (DICS), Michel Perriard, a également reçu ce même courriel. "Ma première réaction a été de contacter la Brigade des stupéfiants pour savoir si l'information était à prendre au sérieux ou non". Une enquête, menée par la brigade en collaboration avec la police fédérale et les autres cantons, n'a détecté aucune présence de cette drogue dans les écoles fribourgeoises ni ailleurs en Suisse.

 

Une rumeur démentie sur Internet

Un site français, spécialisé dans la détection de "hoax" c'est-à-dire de fausses informations véhiculées par les internautes, révèle à ce propos que "cette prétendue alerte est la traduction d'un message américain en circulation depuis le début de l'année 2007". Le site précise qu'il existe bien des versions colorées de cette drogue mais qu'"aucune source d'information fiable ne fait mention d'une aromatisation à la fraise ni d'un ciblage des écoliers". Contacté par le site, l'Observatoire Français des Drogues et des Toxicomanies (OFDT) "confirme que cette drogue circule très peu en France et qu'à ce jour les service d'urgence médicale n'ont jamais fait de signalement concernant le Strawberry Quick". En deux ans, le bonbon-drogue a donc plus sévit dans l'imaginaire que dans la réalité.

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