Machiavel invité d’honneur au Sommet Afrique Europe

En Afrique il se trouve chez-lui. Machiavel Nicholas, menteur de princes et inspirateurs de rois, en Afrique il se trouve à l’aise. Pour lui tout était bien commencé avec Emmanuel Macron, le président banquier de la France qui prétend prendre les distances de l’Afrique (la Françafrique).

 

En Afrique il se trouve chez-lui. Machiavel Nicholas, menteur de princes et inspirateurs de rois, en Afrique il se trouve à l’aise. Pour lui tout était bien commencé avec Emmanuel Macron, le président banquier de la France qui prétend prendre les distances de l’Afrique (la Françafrique). Ecouté par 800 universitaires choisis, préparés et surtout domestiqués pour acclamer l’orateur. Payés jusqu’à la honte pour applaudir l’insulte fait à leur président élu, au Faso, comparé à un agent de l’entreprise pour la gestion de l’électricité qui ne marche pas. Machiavélique son discours, assez populiste afin de donner les miettes de folie apprises par cœur sur les banc notes et dans le groupe élitiste Bildergerg qui l’a accueilli comme membre. Sans mentionner le Sommet d’Abidjan en Cote d’Ivoire qui mettait autour de la même table l’Afrique et l’Europe. Autour de la même table mais avec des portions différentes.  

Machiavel, en son temps, a conseillé le prince sur la manière de gouverner et sur l’art de la guerre sans fin comme principe politique. Dans la séparation entre l’éthique et la politique il a finalement trouvé la cadrature du cercle que personne n’avais jamais osé mener si loin. L’application de cette trouvaille fonctionne surtout pour ceux qui se trouvent de l’autre côté de la table, qui décident le menu et les invités durables au banquet. Les ‘invisibles lazares’ qui sont une multitude, mis dehors, détenus quelque part derrière un barbelé qui les sépare du monde civilisé. La CNN qui, en Libye, a montré ce que tout le monde savait bien, a réussi à rendre public et méprisable ce que tous administrent depuis longtemps. Artistes consommés par l’apprentissage du scénario appris par cœur dans les palais du pouvoir. Tous savaient des esclaves, en Libye, au Maghreb, dans les ‘bonnes’ familles de nos capitales, dans les centres d’identification et d’expulsion, à Vintimille, Calais, Ceuta, Melilla, Nouadhibou et Agadez pour connaissance. 

Le plan est réussi à la perfection et bien au-delà des attentes. Le Sommet s’approchait, il fallait justifier les mesures de sauvetage des migrants, victimes d’esclavagistes, passeurs, mafieux, humanitaires et politiciens en quête de voix à bon marché. Ils ont réussi et ils ont mis dans le coup aussi l’Afrique (les politiciens indignes de ce continent). Libérer les migrants et (seulement ?) ceux qui voudrons seront rapatriés grâce à la beaucoup sacralisée OIM, l’Organisation Internationale des Migrations, qui travaille au service du capital (humain ?). La perfidie machiavélique du plan est apparue en pleine lumière avec la déclaration finale conjointe. Les mêmes paroles qui placent l’économie à la première place et surtout affirmant que le Sommet a su ‘écouter’ les jeunes. Dommage que la société civile, africaine et européenne, en réunion et proche à organiser une marche de proteste à Abidjan, ai été dispersée avec violence et à l’aide d’un pick-up tout nouveau, donné par l’E.U.

Nicholas de Bernard des Machiavels, historien, philosophe, écrivain et dramaturge, a su donner à la politique des princes et des chefs ce que jusqu’alors manquait. L’absence de honte, bine exprimé par le terme ‘Machiavélique’, qui indique intelligence aigüe et sans bornes. La morale est une fiction littéraire et surtout elle se trouve au service du pouvoir de ceux qui occupent la table et ce qu’il y a dessus. Lui, Machiavel, en Afrique, dans les régimes fantoche menés par des présidents corrompus par des mandats électoraux sans fin, il se trouve accueilli comme un ‘Prince’ (titre de son ouvrage plus connu). Surtout au moment de se demander pourquoi, dans cette table étrange, le menu et le banquet se font d’un seul côté. Les pauvres sont maintenus à distance, derrière la porte et au maximum ils attendent le reste du festin. Pour les migrants de Libye cette table s’est transformée en bateau de gomme qui navigue dans le sable, innocent, du futur.

                                                                                      Mauro Armanino, Niamey, décembre 017

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