Le père noël à Niamey

Il et déjà passé, il était là, l’Emmanuel, qu’étymologiquement, en langue sémites,  veut dire ‘dieu avec nous’. Juste 24 heures et c’est beaucoup pour un père noël très occupé partout dans le monde. Pour saluer l’engagement des militaire, le prince de la paix, d’autres dirions en cette fête, manger (à la française bien sur).Un réveillon anticipé de peu au camp militaire près de l’aéroport Diori Hamani, afin de félicité les troupes. Cet Emmanuel, en effet, n’oublie sa tâche primordiale : il est le chef de l’armée, plus qu’un général, un commandant suprême, un demi-dieu, qui veut des victoires dans un bref délai de temps. Il fallait venir ici au Niger, nous rappeler cela et surtout nos devoirs vis-à-vis de la natalité.

C’est curieux, un père Noel antinataliste, un Emmanuel contraceptif, pour le bien du peuple sans aucun doute et surtout des jeunes filles qu’il porte dans son sac pour les cadeaux à distribuer au Sahel. Hier le Niger, aujourd’hui le Mali et sans doute demain la France. Il n’était pas armé et pourtant les militaires étaient là, les français mais aussi ceux de notre pays. Pour le protéger, l’accompagner, l’escorter, pour que les cadeaux et les conseils puissent atteindre leur objectif. Vaincre, sur tous les fronts, le plutôt c’est mieux, afin de justifier l’argent que l’on injecte dans le système. Le père noël est fidèle à lui-même, il y a quelque jours de cela il a promis aux français de les protéger. Pour cela il est ici.

D’ailleurs Il a des élèves aussi sur place. Ceux qui écoutent ses conseils, lui qui n’a pas d’enfants il peut bien conseiller aux autres de pas en avoir plus que nécessaire et que c’est la femme qui devra décider, en toute autonomie, combien d’enfants il faudra engendrer. Un père noël qui pense aux écoles des pauvres, il veut aider les familles qui le méritent, directement, sans intermédiaires, la confiance est donc de mise. Mais les élèves, les bons élèves sont ceux qui vont plus loin que leurs maitres. Voilà donc l’allusion moins que voilée à la migration ‘clandestine’, un mot ce dernier qui avait perdu terrain mais qui retourne de manière qualifié juste près de Noël, ou l’on se souvient d’un ‘irrégulier’ qui est né quelque part dans le monde des humains.

Clandestine, migration et ‘passerelle avec le terrorisme, voilà l’enchainement logique de l’un de ses élèves, qui, depuis quelque temps, a bien saisi la profondeur des enjeux financier que l’occident, dont le père noël en question est le porte-parole qualifié. Un ‘plan de lutte’ a bien précisé l’élève du père en question, qui n’est rien d’autre que le chef des armés d’ici, du Niger. D’un chef à l’autre et d’une lutte à l’autre et d’une guerre à l’autre. S’est achevée ainsi la visite du père noël avant le temps, dans ce pays ou la poussière de ces jours a déjà effacé ce passage.

                                                                  

                                                                                  Mauro Armanino, Niamey, décembre 017

 

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