Journal d'un amoureux de la vie au temps du Corona Virus

16e jour de confinement Mardi 31 mars Et l'on passa à environ 500 morts de plus que les 825 décès journaliers habituels.

 

J’ai tout juste eu le temps de mettre mon Journal sur mon blog et pfuitt, plus de Médiapart. Y aurait-il eu une attaque cybernétique du site, suite à l’article d’hier accusant la Chine et la Russie d’attaquer les systèmes informatiques de l’Occident ? Ou est-ce un bug ? Voire un virus. En attendant, je, nous, nous sentons un peu orphelins. Une frustration de plus. Ça commence à user, tous ces refoulements d’envies de vivre normalement.

Vu on the Net, des migrants indiens, chassés des grandes villes pour les faire retourner fissa à la campagne d’où ils sont partis, arrosés copieusement pour désinfection. Avec quel produit ? Le même utilisé pour désinfecter les rues, les magasins, les étals. Les indiens ont une conception très spéciale de la lutte contre le fléau. Bien entendu, les pauvres bougres étaient tous bien groupés, serrés les uns contre les autres.
Une des caractéristiques de l’Asie comme des villes africaines, c’est le grouillement humain à son paroxysme, on se bouscule, on se frôle, on se touche, on se cogne dans un concert de klaxons et de sonnettes des milliers de vélos ou les pétarades des motos, scooters, tchouk-tchouks et autres transports en commun surchargés. Alors, le confinement… vaste rigolade. On verra dans quelques semaines les conséquences de cette promiscuité.
Quelques milliers de morts en plus, voire millions, mais à peine visibles compte tenu de ces populations qui culminent au-dessus du milliard. Plus, des corps habitués à lutter contre toutes les saloperies que les européens et autres occidentaux ne supportent plus, ce qui leur cause des touristas mémorables qu’ils soignent avec leurs médicaments prescrits avant leur départ.

Vous ai-je déjà dit avoir vu un fellah égyptien se désaltérer en prenant dans le creux de sa paume l’eau du Nil. Et cela ne devait pas être la première fois. J’en conclus, non médecin, (on me rectifiera éventuellement), qu’il avait développé des défenses dont nos excès de propreté nous privent. Est-ce vraiment un hasard, si, pour le moment - toujours être prudent et humble, ce sont les pays riches et développés qui paient le plus lourd tribu au « Cornarvirus » ?

En Iran, les ayatollahs osent trouver dans le Coran, les remèdes à l’épidémie, au grand dam des scientifiques iraniens qui valent bien les nôtres. Tenez-vous bien ! Quelques gouttes d’huile de concombre dans l’oreille et youpie, « Allah est grand et ses ayatollahs bien petits ! »
Il n’est pas impossible que ça se termine par des plaintes en justice pour mise en danger de la population. Ce que la CIA n’a pas réussi, le Covid-19 pourrait l’emporter. Le régime théocratique risque de chanceler, sous l'effet de tant de connerie spirituelle.
Ces deux nouvelles ont été lues dans « la Repubblica » qui est à Rome ce que « Le Monde « est à Paris.

Cette après-midi, après avoir rempli et tiré mon Ausweiss de sortie, j’ai marché une heure par bois et ville. Les ficaires sont de sorties. Des pépiements de ziozios en train de se mettre en ménage. Une herbe nouvelle bien verte. Un petit vent de N-E supportable et une visite au nouveau cimetière, histoire de repérer s’il y a encore de la place pour mézigue et mon épouse.
Ouf ! Il y en a ! Ma Reine veut la terre, moi je préfère l’ultime barbecue, et j’aimerai assez que mes enfants aillent déverser mon urne dans les eaux torrentueuses du Guil au Queyras. Mais il paraît que c’est interdit ! Pourtant, c’est de l’engrais naturel et terminer dans la chair d’une truite arc en ciel, j’aimerais. Bon ! Il n’ y a pas urgence. Mais c’est écrit.


St Léger possède l’un des deux campings de l’agglomération rouennaise, ouvert toute l’année. Il est « modeste », et en cette saison, il y a toujours quelques campings-car ou une caravane, immatriculés en G-B ou NL ou B . Ce sont nos hirondelles de printemps. Aujourd’hui, juste deux caravanes, sûrement installées à l’année, appartenant à des gens sans domicile fixe, donc domiciliés au camping.
J’en ai connus jadis quand j’étais adjoint au maire. Il fallait les aider financièrement. Au début, ils payaient leur emplacement comme tout le monde, puis le chômage revenait, ne pouvaient plus payer, alors le propriétaire du camping leur achetait leur caravane jusqu’à épuisement de l’avoir et il les jetait à la rue. Alors, mon collègue chargé des affaires sociales intervenait et essayait de trouver une solution.

C’est aussi cela le rôle des petits élus, dans les petites villes et les villages. Ils connaissent tout le monde ou presque, sont au contact de la vraie vie, donc n’ont rien à voir avec les « grands élus » des « grandes villes » ayant à leur disposition des chefs de cabinet, des services divers et variés, des secrétaires, des conseillers en comm’ et j’en passe.
Ça m’étonnerait que les maires des grandes villes soient dérangés en pleine nuit parce que dans l’appartement du troisième étage de la rue Machin, il y a des cris et des pleurs de femme en train de recevoir une rouste par son ivrogne de mari, archi-connu de tous. « Qu’est-ce que vous pouvez faire M. le Maire ? »

Dans ma balade au cimetière nouveau, j’ai rencontré toute une série de concitoyens que j’avais fait voter, des anciens conseillers municipaux, et même un maire-adjoint qui m’aidait pour le bulletin municipal. Car j’ai aussi été responsable de la presse municipale, écriture et réécriture d’articles, plus mise en page, et le tout à porter chez l’imprimeur, vérification, bon à tirer, et organisation de la distribution. 4 numéros par an, pendant… 12 à 14 ans. En plus de l’urbanisme et de l’environnement.
Ce qui est rassurant, pas vu de tombe fraîche, ni de fosse commune pour parer à une hécatombe due au Covid-19. Pourtant, à en croire les infos on devrait en voir les effets.
Je n’habite pas l’Alsace. Soit ! Nous y retournons assez régulièrement. Mon beau-père était né à Strasbourg en 1917, donc allemand. Tiens, pas plus tard que l’an passé, nous nous y sommes arrêtés. Balades dans les Vosges, et puis traversée du Rhin avant arrêt à Fribourg en Brisgau. Une ville charmante où il fait bon circuler à vélo. Tout comme autour de Strasbourg ou de Colmar. Oh ! Que revienne vite le temps des routes ensoleillées, des petits campings nichés dans des culs de vallée, avec la nature toute odorante des sapins suintant leur sève de sang !

Pape Diouf ancien patron de l’OM est mort du Covid-19, tout comme Michel Hidalgo qui avait jadis entraîné l’équipe de France jusqu’à la victoire du mondial.
Plus aucun match de quelque sport que ce soit n’a lieu en ce moment. Du coup, Canal+ nous sort des films. Un vrai bonheur. Le rugby me manque un peu. Comment font tous ces professionnels pour ne pas devenir des retraités avant l’âge ? Il va y avoir tout un travail de récupération des réflexes collectifs à recouvrer, ainsi qu’une musculature à entretenir.
Ce ne sera pas le pire le jour de la « Libération ».

On ne dira jamais assez combien ce virus contribue à une baisse de la pollution. Il n’y a qu’à voir cette comparaison du trafic aérien à un an de distance que nous offre le « Corriere della Sera »

Bien entendu, dans deux mois, ça va recommencer.
Je ne peux pas me permettre de critiquer ceux qui ont envie de voyager. Surtout pas moi. Mais, peut-être va-t-il falloir envisager sérieusement des formes nouvelles. Se restreindre. Un voyage en avion tous les deux ou trois ans pour le tourisme et ne pas perdre sa vie entre deux aéroports pour des raisons professionnelles. Tout ce qui peut se régler par visioconférence doit devenir une priorité. Ensuite, et seulement quand on ne peut pas faire autrement, se déplacer en groupant si possible les différents lieux : Paris Shanghaï, Shanghaï Tokyo, Tokyo Sydney et non, Paris-Shanghaï-Paris-Tokyo-Paris-Sydney.
Pas facile ? Absolument. Mais encore faut-il l’envisager et modifier ses habitudes, abandonner la facilité et la course à l’accumulation de « miles » qui donne droit à des allers et retours gratuits.
Je suis sûr que certains le font déjà plus ou moins. Or, c’est à des détails de ce genre que l’on peut faire avancer les choses dans le bon sens.

19 h

Ah ! A nouveau Médiapart ouvert. Pas d’explications. Passons et un petit poème d’Apollinaire pour bien commencer la journée, la continuer ou la finir :

VILLE ET CŒUR

La ville sérieuse avec ses girouettes
Sur le chaos figé du toit de ses maisons
Ressemble au cœur figé, mais divers, du poète
Avec les tournoiements stridents des déraisons.

O ville comme un cœur tu es déraisonnable .
Contre ma paume j’ai senti les battements
De la ville et du cœur : de la ville imprenable
Et de mon cœur surpris de vie, énormément.

 

 

 

 

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