Pollution généralisée par l'hypocrisie ambiante. (billet pour rien)

Je ne sais pas si c'est une illusion qui m'est propre ou si c'est la réalité, mais je trouve qu'en ce moment, l'hypocrisie se porte de mieux en mieux dans le monde tel qu'il est.

S'il est impossible d'encourager au viol, de fermer les yeux et les oreilles devant ceux et celles qui ont subi ce qu'il y a de pire dans une vie d'humain, l'ouragan de moraline qui s'est abattu depuis quelque temps dans les médias commence à avoir des remugles de vengeance collective qui pue mauvais son état totalitaire où celui ou celle qui ne dénonce pas deviendrait presque suspect.

On ressort des histoires remontant à quarante ans, alors que parfois, comme dans le cas de Roman Polansky, la victime a retiré sa plainte depuis belle lurette et ne demande qu'à vivre tranquillement. Je sens comme une odeur d'argent à récupérer auprès d'acteurs, si ce n'est d'actrices qu'une horde d'avocats pourrait soutirer en toute bonne conscience.

 Attention ! Loin de moi d'encourager le harcèlement, la contrainte, la lâcheté du supérieur, du petit-chef, du contre-maître ou du maître qui profite de sa situation pour assouvir ses désirs. Non, non ! Féministe de la première heure au côté de mon épouse et debien des "camarades". Nous avons manifesté de multiples fois contre le machisme, le patriarcat, ce que nous avait inculqué nos parents, et les religieux de toutes confessions.

Je sais de quoi je parle. J'ai enseigné essentiellement à des jeunes filles, donc travaillé en milieu féminin pendant toute une carrière.

Pour tout enseignant, chaque année augmente la différence d'âge avec ses enseigné(e)s. Je me souviens fort bien qu'à mes débuts, certaines adolescentes, s'installaient au premier rang, et négligemment dégrafaient un ou deux boutons de leur corsage pour bien mettre en évidence des seins tout neufs dont elles étaient fières et connaissaient leur pouvoir bien mieux que les règles de l'accord du participe passé avec avoir. Pourquoi ?

Quels conseils donne-t-on aux jeunes filles lorsqu'elles doivent se présenter à un stage ? Comment doivent-elles s'habiller, se maquiller. Ni trop, ni trop peu.

Et feue Mme Bettencourt fut la première fortune du monde grâce à ses cosmétiques, crèmes, rouges à lèvres, pommades, poudres, colorants divers, toute la gamme pour rendre les femmes "désirables". Voilà un secteur économique à réprimer, à éliminer, à condamner, non ?

Merdre ! Par ma cornegidouille, le secteur de la mode n'est pas fait pour les chiens et les chiennes, mais pour que les hommes et les femmes soient mis en valeur et que se déclenchent des envies, des admirations, des pulsions, des désirs. Autre secteur pernicieux à l'origine de bien des concupiscences. Revenons aux modes protestantes de la belle époque flamande où les signes extérieurs de richesse étaient condamnés ou à cette mode islamique qui consiste à mettre les femme en sac. Hypocritement, c'est tout juste si l'on ne demande pas de placer les cendres d'Yves Saint Laurent et de Pierre Bergé au Panthéon.

Quelle jeune femme n'a jamais cherché à l'emporter sur les autres non seulement en se révélant professionnellement compétente, mais aussi en utilisant les meilleurs atouts physiques que la Nature lui avait octroyés.

Dans un système ultra-concurrentiel où les places sont rares, où le "struggle for life" est érigé en condition sine qua non, tous les coups sont permis y compris les promotions-canapés et cela depuis que le monde est monde. Relire quelques passages de Spinoza sur l'importance de nos affects remet les choses en place.

Certes, les femmes ou les jeunes hommes ne sont pas à la disposition des "prédateurs" qui ne savent pas "se retenir", se contrôler. Le consentement est obligatoire. Mais, le système que tout le monde ou presque approuve puisque nous sommes sous le joug de TINA, génère ce qu'il faut bien appeler des "crimes" et que les conditions de notre justice transforment volontiers en délits correctionnalisés.

 

Belle hypocrisie d'un État, fondateur des Droits de l'Homme, en oubliant la Femme, qui ne les exige que de la part de ceux qui ne sont point intéressants pour ses "affaires". Cf, les tapis rouge déployés aux dictateurs auxquels nous vendons des armes qui écrasent plus d'innocents que de coupables.

Belle hypocrisie que cette "affaire" de l'ingérence présumée de la Russie dans la dernière campagne états-unienne où les fake-news des républicains passaient par des relais russes. Enfin, c'est ce qui est en train d'être découvert. Mais silence total sur les ingérences des States dans les élections européennes, japonaises, sud-américaines et cela depuis...1945.

La première condition pour bénéficier du plan Marshall : éliminer les anti-nazis communistes et socialistes des gouvernements issus de la Résistance. D'où, un pacte Charbon-Acier puis un Marché Commun, faisant de l'Europe de l'Ouest, un front anti-soviétique sur cette bonne vieille Eurasie.

Belle hypocrisie de la part de Washington qui, ne reconnaissant pas le Tribunal Pénal International, interdit à celui-ci de poursuivre les citoyens états-uniens qui auraient commis des crimes de guerre, massacré des populations avec ses drones, engagé des guerres sur des mensonges avérés et conservé ce lieu de non-droit de Guantánamo, bien pire que le régime castriste que l'on dénonce à tout va.

Par contre, que des salopards de couleur, africains, asiatiques, ou des européens de seconde zone soient jugés, normal et même recommandé. Et toute la bonne presse d'applaudir, commentateurs stipendiés et dispensateurs de moraline en formation de combat.

Hypocrisie de notre "Big Brother" démocratiquement élu qui supprime solennellement l’État d'Urgence pour l'inscrire presque en totalité dans le droit français.

Hypocrisie telle qu'imaginée par George Orwell, quand on essaie de nous bourrer le crâne en nous convainquant que l'enrichissement des riches c'est la lutte contre la pauvreté en marche ; que plus on peut licencier facilement, plus on créera d'emplois ; que "la guerre, c'est la paix !" ; que la diminution des dotations de l’État envers les collectivités locales et le désengagement de ce même État en transférant ses responsabilités sur les collectivités locales c'est l'assurance d'une vie meilleure, d'une efficacité renforcée et de la conservation d'infrastructures et de services publics, que la suppression des droits fondamentaux, c'est la liberté.

La macronie, branche française du capitalisme international, c'est aussi cela. Hélas ! Ce n'est pas nouveau. C'est la continuité amplifiée de ce qui précède. Donc, c'est pernicieux et ringard. La République en Marche arrière toute ! L'avenir, c'est hier ! Et la dette devra être effacée alors qu'elle est indélébile sauf coup de poing sur la table et remise à zéro des compteurs.

Les pauvres paieront, c'est leur raison d'être.

Et d'autant plus aisément qu'on leur offre du "pain et des jeux". Comme c'est nouveau ! Comme c'est jeune ! Comme c'est quasiment "révolutionnaire" !

 "Connus" pour ne pas dire cocus de toutes les couches sociales unissez-vous ! Pauvres ! Solidarité avec les riches ! Riches unité avec les... riches. Non... Mais ! Et pis quoi encore ?

 

Bon ! Je me suis fait du bien. Et alors ? Je crie dans le désert. Nul n'est prêt à m'entendre. Se remettre en question ? Croire en soi. Rassembler ? Pour qui ? Pour quoi ? Nous sommes tellement invisibles et quiets pleutrement cachés derrière notre petit doigt...  

Mais qui ne résiste pas, se suicide et s'abêtit jusqu'au dégoût de lui-même.

 

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