Gilets jaunes ou la démocratie en marche.

Les marcheurs, en 2016, pour se faire connaître des citoyens, ont procédé à un vaste porte à porte, en demandant à chacun de s’exprimer sur ce qu’il avait sur le cœur, et ce qu’il désirait que devrait faire un gouvernement futur.

 Démarche pleine de bon sens qui a pu donner un peu d’espoir à ceux qui croient encore aux promesses de ceux qui nous gouvernent, en dépit du fait « qu’elles n‘engagent que ceux qui y croient » pour reprendre l’adage de M. Pasqua.
En conséquence, il en est sorti une sorte de programme qui ressemble étrangement à ce que l’on rencontre dans les cahiers de revendications, à ce qui se dit dans les réunion cocotte-minute où le bitoniau de la vapeur tourne à fond, histoire de faire baisser la pression.

Or, l’on sait que le gouvernement savait ce qu’attendait le peuple. Et le peuple sait ce que le gouvernement a mis en place.
Par conséquent, le mouvement populaire des GJ, était prévisible.

Lorsque l’on se sent trahi, ceux-là mêmes qui devraient être entendus, respectés et comblés, qu’ils soient de droite ou de gauche, il est quasiment du devoir des citoyens de se révolter contre les traîtres à la République et aux Droits de l’Homme. Il y va de la survie de la démocratie.
Rappelons au passage que les articles 23, 24 et 25 de la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 sont piétinés dans presque tous les pays signataires, sous la pression des différents lobbys. Ça suffit !

Il appert au fil des affaires, des décisions, des lois imposées par un Président des Ultra-riches, et votées par une chambre de godillots, que le capital gagne sur tous les tableaux, que les droits des travailleurs sont remis en question, que les libertés sont en danger, le droit de manifester remis en cause, que la surveillance de ce qu’il se passe sur le Net sera renforcée, que les associations sont en danger par baisse de leurs subventions, que la vente d’armes à des pays dictatoriaux continue comme devant, que l’idée d’une Europe des citoyens est foulée aux pieds pour demeurer un Marché Commun ultra-libéral, que notre soumission aux USA, en dépit d’une gouvernance "trumpienne" impériale, égoïste, inhumaine à l’égard des migrants, porteuse de haine et de guerre tient toujours, et l’on voudrait que la majorité des français approuvât cette dérive ?

Nous assistons à l’aboutissement inexorable de la politique néo-libérale commencée dans les années 80 avec Thatcher et Reagan, à laquelle Mitterrand et ses successeurs ont adhéré, tous amants zélés de TINA. Plutôt la dictature, «le monstre doux» qui l’est de moins en moins, que le respect de la volonté populaire pour plus de justice, plus de fraternité, plus de partage des richesses.

Est-il moralement supportable que 24 multimilliardaires possèdent autant que la moitié de la population mondiale ? C’est l’ultime illustration du système économique mondialisé tel qu’il est.

Est-il souhaitable et juste que les actionnaires des compagnies autoroutières privatisées se gavent sur le dos des usagers après que l’État, sous M. Jospin, puis avec M. Villepin aient bradé des autoroutes que les citoyens avaient déjà payées, en tout ou en partie ?

Quant au ruissellement attendu suite aux cadeaux octroyés vite fait aux possédants, les citoyens attendent encore. Par contre, le CAC 40 rapporte. La spéculation, l’évasion fiscale, les martingales des banques pour optimiser les bénéfices et les placements se portent à merveille au point où la dette est largement couverte par le manque à gagner des services fiscaux, souvent complices de ces évasions. Ça suffit !

Ne parlons pas des reniements dans le domaine de l’environnement et de la protection de la planète.
La douche au glyphosate pour les députés qui ont voté son maintien avant d’entrer en séance devrait être obligatoire puisque le produit est déclaré sans danger.
Le traitement des déchets nucléaires ne concernera que les générations futures auxquelles nous faisons ce cadeau empoisonné.
Les services publiques sont toujours en cours de démantèlement, sauf en ce qui concerne la police, choyée, chouchoutée, primée, admirée, donnée en exemple, puisqu’elle est désormais le socle sur lequel repose l’autorité d’un Etat de plus en plus pernicieux pour le plus grand nombre et sur le point de voler en éclats.

Les partis, les syndicats, la presse sont mis à nu et deviennent objets de méfiance et de haine, dans la mesure où ils ont avec une constance de bœufs à l’ouvrage menti sur les promesses, bafoué les votes qui ne convenaient pas à la bourgeoisie souveraine, et méprisé le « peuple souverain », certes divers, contradictoire, mais de moins en moins prêt à continuer de subir. Ça suffit !

Les tunisiens descendent dans la rue : vive le « printemps arabe ! » ; les égyptiens campent sur la place Tarhir : « vive le peuple égyptien » ! ; la révolution orange déferle sur Kiev : « vive la révolution orange » ; partout où les peuples réclament plus de justice, d’équité, de respect de la part de leurs gouvernants, la presse de l’Etat et celle des milliardaires n’en peuvent mais.
Que le peuple français, celui des moins de 2000 € / mois ose agir de même et il se fait injurier, ridiculiser, incendier, traîner dans la boue. Des beaufs, des fascistes, des sans-dents sans tête, des jaloux, des misérables, des voyous, des sacripants, des casseurs, des paresseux, des anarchistes, des fauteurs de chienlit… On a même vu un « filousophe », ancien ministre demander qu’on tirât sur la foule. La peur de la petite et grande bourgeoisie devant la canaille a en mémoire les massacres des canuts, de 1848, de 1871, Carmeau, Fourmies, où l’armée française tira sur les citoyens français pour sauver le capital et la rente. Ça suffit !

C’est pourquoi, dans une pédagogie par l’exemple, je propose que les membres du conseil d’état qui ont approuvé l’utilisation des LBD, soient convoqués dans la caserne de CRS la plus proche et subissent le tir tendu de cet engin non létal et donc peu dangereux. En effet, on ne peut bien légiférer que si l’on connaît bien son sujet.

Faut-il rappeler que la devise républicaine qui orne les frontons de nos mairies « Liberté, Égalité, Fraternité » implique que tout chef de l’État ou de gouvernement qui met en place une politique contraire à cette devise, perd sa légitimité et doit être immédiatement démis de ses fonctions pour indignité et parjure. C’est ce à quoi on assiste aujourd’hui, avec les mesures qui enrichissent les plus riches et qui appauvrissent les couches moyennes, les travailleurs du privé et du public, les retraités.

Que l’on ne vienne pas nous expliquer que nos lois seraient le fruit de la volonté des exigences de la Commission Européenne, qui ne saurait se substituer aux valeurs universelles fondamentales de la République Française.
Il y va de notre raison d’être, de notre attachement à notre passé, qui s’est inspiré jadis des principes de la Constitution des premiers états unis d’Amérique, et du droit parlementaire britannique, complétés par les Constituants de 1792.

S’il est une revendication première à formuler, c’est bien de rompre d’avec les dogmes de l’école de Chicago, de redonner de la force à la démocratie en respectant les désirs du plus grand nombre, en lui redonnant sa souveraineté inscrite dans le préambule de l’actuelle Constitution de la Ve République.

 

Tant que l’exécutif continuera à ne point entendre et donner acte à cette juste reprise en main de la République par le peuple qui la compose, il se met hors la loi et doit être démis.

Les violences spectaculaires des fins de marches de protestation et d’espoir ne doivent point camoufler dans le brouillard des gaz lacrimogènes, la violence de la gouvernance de l’actuel Président de la République, véritable fondé de pouvoir du capital.

Ou il se soumet, ou il se démet. Pas d’autre issue à l’actuel conflit.

 

 

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