Pitié pour la police !

Chaque jour, et surtout chaque week-end, nous apportent la preuve d’une aggravation sans précédent du comportement de la police française à l’égard des manifestants. Comme si des consignes, verbales, ou tacites avaient été données pour chasser du citoyen avec de plus en plus de violence.

Dans le même temps, le taux de suicides dans la profession ne cesse de croître. Soit le résultat d’une accumulation de problèmes professionnels et familiaux.

Ce que l’on demande aux forces de l’ordre bourgeois, c’est de cogner dur sur leurs parents, leurs amis, voire leurs enfants, car ils sont issus de la classe sociale qu’ils sont chargés de réprimer. On peut en déduire, que la schizophrénie les guette. On peut comprendre que les plus honnêtes aient de plus en plus de mal à se regarder dans une glace, le matin.

Jusqu’où faudra-t-il aller pour toucher sa paie et ses primes ?
Les plus vicieux trouvent là le moyen de s’abîmer dans une violence protégée par la loi, ou presque, dans la mesure où les enquêtes internes, traînent, au point de faire accroire à tous que ces crimes, ces exactions commises contre les citoyens sont couverts par la hiérarchie, par le pouvoir politique en place.

Bien des français ont voté Macron pour éviter la Marine, sabordeuse de la France. Ils ont mis en place une caste aux abois qui a besoin d’une force répressive impitoyable pour conserver ses privilèges.
Or, les analyses post-élections révèlent que la majorité des bureaux de vote où les policiers et gendarmes, y compris la garde républicaine s’expriment, donnent une majorité de votes au RN ci-devant FN. Au lecteur d’en tirer les conclusions qui s’imposent.

Les GJ, naïvement, réclament sur l’air des lampions, « la police avec nous ! ».
Ils ont droit en réponse à des charges de plus en plus violentes, à des jets de LBD et de gaz lacrymogènes, à du maintien de l’ordre qui a oublié que tout reflux de manifestants doit avoir des échappatoires.

Certes, historiquement, on sait que les forces de l’ordre ont, à la fois, participé aux rafles sous l’Occupation, mais possédaient aussi quelques réseaux de Résistance.
Certes, on se souvient de leur comportement sous la guerre civile socialo-gaullienne durant « les évènements » de la Guerre d’Algérie. Les cadavres de nord-africains dans la Seine, les grilles jetées sur les manifestants à Charonne, sont des moments historiques de leur comportement qui prouvent que cela ne date pas d’hier.

Si en 68, il n’y eut que quelques morts et relativement peu de blessés graves, cela tient peut-être que la jeunesse estudiantine, alliée aux syndicats appartenait à la petite et grande bourgeoisie.

Aujourd’hui, pas assez de bobos, manque d’étudiants, manque d’élites chez les GJ, même s’ils ont la sympathie des intellectuels les plus conscients et les plus respectueux du peuple souverain.

Il est plus que temps qu’une reprise en mains des forces de l’ordre soit confiée à un républicain, à un démocrate, à un ministre respectueux de la Constitution et non à ce « pompier-pyromane » de Castaner, erreur de casting responsable de l’échec du marcronisme.

Soit ! Il en est l’image la plus remarquable et tant mieux si cette illusion de changement échoue.

Mais, en attendant, se met en place une « démocrature », soit une dictature démocrate qui chaque jour ressemble de plus en plus à ce que fut le stalinisme en URSS, moins les camps de concentration : surveillance des citoyens, omnipotence de la police, uniformisation de la presse à la botte, multiplication des mensonges d’État au nom de la raison d’État.

Or, quand un peuple perd confiance dans le pouvoir politique, et ne peut plus croire dans sa police et sa justice, il est de son devoir de rebeller. Cf la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen.

C’est pourquoi, je pousse ce cri : pitié pour la police !
Mais aussi, PITIE POUR LES CITOYENS, en droit de revendiquer librement. C'est pourquoi, je préfèrerais une police de la pitié.

PS : les trottineurs de LREM vont bien sûr me renvoyer aux black blocks. Comme si cette minorité de casseurs n’était pas de mèche avec les pouvoirs en place et la presse à buzz…

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