Propos d’un retraité «pension rognée» et en rogne.

Pourquoi suis-je de moins en moins fier d’être français ? Pourquoi cette incohérence permanente du pouvoir en place ou plutôt apparente ?

Ainsi, avec juste raison, on dénonce à tout va l’utilisation d’armes chimiques en Syrie, et avec un aplomb extraordinaire, on accuse la Russie d’être derrière cette infamie. Que Bachar al Assad en possède encore étonne le pleupleu ordinaire que je suis.
Il en fabrique, ou il en achète. Et à qui ? Aux russes nécessairement. Comme s’ils étaient les seuls à connaître la chimie et les armes que l’on en tire. Les allemands aussi en fabriquent ou du moins ont été très bons dans ce domaine. Ne sont-ils pas aussi des marchands d’armes ?
Tout comme les français. Sauf que nous, nous vendons des armes propres, «humanitaires», que nos acheteurs se contentent de collectionner sans les utiliser, ce qui nous permet de recevoir en grandes babouches M. Mohamed ben Salman pour des échanges «culturels» dont profiteront aussi les yéménites en voyage d’agrément dans cette Arabie heureuse et parfumée de pétrole.

Lu aujourd’hui, dans le Canard Enchaîné, que la diminution du nombre d’élus, plus la proportionnelle à 15%, déboucheraient sur des assemblées où les minorités actives seraient encore moins représentées qu’elles ne le sont aujourd’hui. Bravo les artistes ! Deux promesses positives qui ne changeront rien, bien plus qui empireront la mauvaise représentation des citoyens au sein de ces deux assemblées. Donc de moins en moins légitimes. On assiste à une dictature rampante qui se met en place au profit de la minorité la plus riche. Aboutissement logique, inéluctable de cette Ve République prise en mains par la technocratie BCBGo, élevée au biberon de l'école de Chicago.

Le dialogue social n’est plus qu’une illusion. On écoute sans entendre, c’est à dire comprendre, et l’on passe en force en s’étonnant que ça renaude un peu partout. Il n’aurait plus manqué que les Zadistes trouvent eux-mêmes les solutions juridiques pour continuer à vivre selon leur conception de la vie.

Vu le travail de la gendarmerie sur le champ de bataille de Notre-Dame des Landes, utilisant des armes chimiques, sans qu’il n’y ait guère de protestations de la part des «vilipendeurs» du salopard de Damas. Deux poids, deux mesures.
Dans «Le meilleur des mondes» ces «sauvages» voulaient vivre autrement, s’accaparer des terres achetées par l’État, cultiver autrement, partager et respecter la Nature. De la racaille ! Comme les «communeux de 1871», pas question de laisser ces avant-gardistes donner des leçons d’agriculture et de vie sociale au reste de la Nation. Force doit rester à la FNSEA et à l’État. On croise les doigts pour qu’il n’y ait point de mort. Heureusement, E. Philippe n’est pas Gallifet, et Macron pas encore Mac Mahon.

Quant aux services publics... à casser et dare-dare. Ordre du Medef et de l’UE. On aura remarqué combien le privé est supérieur au public dans la gestion des festivités du 500e anniversaire de la création du Havre de Grâce par François Ier. Et la SNCF crèvera puisque ces «privilégiés» tiennent tant à leur statut, nettement moins rentable que celui des élus des deux assemblées qui, une fois de plus, ne donnent guère l’exemple de l’abnégation et de la solidarité civiques.

Les infirmières se sont fait rabrouer à Rouen par M. Macron et la DRH Ministricule de la Santé. J’ose espérer que ni l’un, ni l’une ne seront dirigés vers les urgences d’un CHU. Pourtant, quelle que soit la pathologie dont ils souffriraient, quelle belle expérience pour ces élus que de passer une nuit sur un brancard dans les courants d’air d’un couloir en attendant un lit, et les soins nécessaires.

Je crois que je commence à toucher du doigt le cœur du problème. Tous ces élus, au parcours éducatif de haut niveau, ne connaîssent pas, ou mal, ou peu, la réalité quotidienne des millions de français. Ou, s’ils l’ont connue, ils ne veulent plus en entendre parler et l’oublier.

J’ai une pensée émue pour la famille du gendarme qui a donné sa vie pour sauver une femme-otage. La France, y compris le mis en examen, invité aux Invalides s’est inclinée sur le cercueil de ce héros. Quelques jours plus tard, Philippe et Collomb ont donné les ordres pour qu’à nouveau, au nom de la bourgeoisie éternelle, cette même gendarmerie aille perdre son honneur en détruisant les semences et les lieux de vie d’une jeunesse qui croyait candidement qu’il suffisait de «cultiver son jardin» pour être heureux.

Le bonheur du macronisme, c’est celui d’Harpagon, accumuler du capital, entasser, faire grossir le bas de laine, le fric, le fric, le fric.
Et il va falloir se mettre dans la poche les retraités dont on vient de rogner les pensions, les femmes au foyer, les malades, les habitués du «décerveleur en chef» de TF1, l’inénarrable Pernaud. Jean-Pierre, pas Ricard. Une belle paire pourtant !

Enfin, cerise sur la paterne, le Président de la République est allé chouchouter l’Église catholique romaine, en piétinant allègrement la séparation de l’Église et de l’État, fondement de la République française, alors qu'il devrait être, de par sa fonction le garant de la la laïcité. Liberté de croyance garantie à chaque citoyen, mais aucune infiltration de quelque religion que ce soit dans les comités de réflexion.

Il est vrai que l'Emmanuel a été éduqué chez les jésuites. On n'en sort pas impunément. Mais, il devrait avoir appris, que le Président de la République Française, n'a rien à voir avec le petit Emmanuel et que depuis toujours, les religions divisent et sont sources de guerres, alors que la fonction présidentielle est d'unir tous les citoyens du pays qu'il incarne.

 

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