La dignité d'un Président ? (suite)

suite d'un commentaire posé hier sur le blog de Vingtras, intitulé La dignité d'un président, actualisé par sa prestation de lundi soir.


(suite)

Eh bien, on a eu droit à quelques mesurettes, après des propos lénifiants, puant l'hypocrisie accompagnés d'une sauce à éléments de langage, concoctés par des pro. de la comm'.

Les chômeurs ? Nib !

Les classes intermédiaires, moyennes ? Que dalle ! Si ! Le devoir de payer.

Un changement radical des institutions ? Non, mais ça ne va pas !

Les libertés fondamentales bafouées ? La justice en décomposition ? Les services publics à la casse ? Les restrictions budgétaires ? Tout continuera comme avant.

La marionnette est solidement attachée à ses maîtres, les princes de la finance, les institutions européennes, les traités internationaux, la dépendance à l'égard de la banque centrale européenne. Réunions prévues avec les corps intermédiaires, apprentissage de la flûte à bec, et espérance que l'on pourra conduire les gilets jaunes s'agenouiller devant les crèches. Car il m'a semblé entrevoir quelques remises en cause de la loi de 1905 sur la séparation de l’État et des églises.

Quant aux migrants gare à eux ! C'est qu'il y a aussi des racistes, des pétochards Fn parmi les GJ, donc les caresser dans le sens de la haine. Les autres, les minables, les perdants, les battants, les obstinés, les citoyens debout et qui se parlent et qui inventent, et qui exigent de vivre enfin et non de survivre, la Constitution permet le recours aux pleins pouvoirs art. 16, plus les lois d'exception contre le terrorisme qui permettent déjà d'arrêter un citoyen AVANT qu'il ne soit passé à l'acte. Nous sommes bien dans "Minority Report".

Préparer un nouveau samedi jaune s'impose. Même si ça continue et que la menace d'un coup d’État se fait de plus en plus possible ! Sauf, si les forces de l'ordre mettent la crosse en l'air, épuisées et dégoûtées de devoir taper sur leurs concitoyens, leurs familles.

Au passage, l'on lira le dernier livre de Gérard Noiriel "Une histoire populaire de la France " qui rappelle si bien qu'il n'y a eu d'avancées sociales de Jeanne d'Arc à aujourd'hui QUE par les luttes.

Les syndicats devraient vite raccrocher le train, même si la période est à la dinde et aux cadeaux.

On ne programme jamais les "moments historiques". Ils sont toujours déconcertants, impromptus, brouillons, divers, contradictoires. Ce n'est pas une raison pour demeurer au chaud dans les bureaux des confédérations, et des enfumages de réunions sous les ors de la République avec des technocrates constrictors à sang froid.

Et puis, l'hymne national ne donnerait-il pas le ton ? "Aux armes citoyens, formez vos bataillons ! Marchons, marchons ! Qu'un sang impur abreuve nos sillons !"

Après cela difficile de demeurer poli, la casquette à la main, l'échine courbe et le regard torve. Osons ! De l'audace, et encore de l'audace !

Dussé-je me répéter, on a vu des printemps commencer en novembre. Nous ne sommes qu'au début d'un moment historique dont on apprend qu'il métastase un peu partout en Europe, justement à la veille d'élections décisives pour l'avenir des générations futures.

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