LRM : à droite toute !

Eh bien ! Les preuves s’accumulent.

       M. Macron qui s’était annoncé avec cet aplomb des menteurs professionnels comme étant « à la fois » de droite ET de gauche », au fur et à mesure que le temps passe, que l’on se rapproche des prochaines élections présidentielles, car il n’y a que cela qui compte pour lui et la plupart des commentateurs, se révèle avec sa bande de marcheurs, non seulement un politicien de droite, mais de la pire qui soit.

     On savait qu’il était le candidat choisi et financé par les plus riches, avec une politique fiscale reposant sur la suppression de l’ISF, une lutte modérée contre l’évasion vers les « paradis fiscaux » et une continuation de la destruction de tous les acquis sociaux, commencée par ses prédécesseurs de droite ET de gauche. 
    
    Cet amateur de commémorations qui lui permettent de prononcer de très beaux discours qu’on lui a écrits, avec flonflons d’une clique quelconque et reportage de la télé aux ordres, s’est bien gardé d’évoquer la Commune de Paris, dont nous fêtons le 150 e anniversaire, et n’a guère rendu hommage à l’arrivée de la gauche en 81, qui institua la suppression de la peine de mort, la retraite à 60 ans, la 5e semaine de congés payés, la liberté des radios, la Fête de la Musique, et encouragé la parité hommes-femmes ainsi que la liberté de vivre en couples pour les homosexuels des deux genres, et même des trois. 

    Alors que l’état de nos prisons est quasiment celui des pays dictatoriaux des pays de l’est ou de certains pays du Tiers-Monde, afin de satisfaire les instincts de vengeance d’une population que l’on maintient dans la peur de l’autre, la haine de l’étranger, du racisme ordinaire, et même extraordinaire amplifiée par la pandémie qui a été fort bien instrumentalisée pour accélérer les atteintes aux libertés fondamentales déjà en pièces, le projet Dupond-Moretti, va contribuer à garder encore plus longtemps des êtres humains que la prison ne répare pas mais détruit encore plus. Peu de moyens, État dans l’Etat, avec ses lois écrites et ses us et coutumes non écrites, que l’on connaît parfois par des récits d’anciens taulards ou d’ex- matons repentis écœurés par ce qu’ils ont vu et ont été contraints de vivre.

    Alors que la société familiale « Le Pen & Filles » commence à envisager de pouvoir s’emparer du pouvoir au plus haut sommet, et dans certaines régions, c’est la course à l’échalote entre une droite qui se prétend républicaine, et la bande à Manu des Marcheurs à reculons, pour faire accroire qu’ils sont tout AUSSI durs avec les humbles, les immigrés, les caïds des quartiers, les valeurs de l’Etat policier, la surveillance généralisée de la population, la suppression des libertés, la mise au placard de tout délinquant ou soupçonné de l’être, et les défenseurs purs et immaculés contre la déviance islamiste… 
    
    Cette banalisation des valeurs de l’extrême droite peut aller jusqu’au suprémacisme blanc, la remise en question de l’avortement, une relance des religions chrétiennes, catholique, évangéliste, orthodoxe, comme on peut le voir ici et ailleurs ( Russie, Brésil), le tout bien enveloppé dans un nationalisme ringard pour le RN et un européisme franco-allemand pour les « marcheurs », tous alignés derrière la bannière étoilée. Exagération de ma part ? Je l’espère mais…
    
    On assiste à la décomposition des valeurs d’ouverture et d’universalisme humaniste hérité de nos penseurs du XVIIIe siècle, ce Siècle des Lumières sur lequel l’on bave avec de pseudo-historiens histrions monarchistes qui traînent l’Histoire de France dans la boue des légendes et des mythes, confondant « L’Histoire » avec « Gala », deux revues que Bern et Deudeutsch ont réussi à fusionner dans leurs émissions et leurs livres à bêtifier les citoyens.

    M. Macron, avec les applaudissement de l’extrême droite italienne et française, a trahi la parole donnée aux membres des mouvements d’extrême gauche réfugiés en France, 50 ans ans après leurs malheureux choix politiques de l’époque, accueil qui avait aidé l’Italie à recouvrer son calme, à permettre au monde des affaires légales et illégales de recouvrer la sérénité indispensable à leurs profits, cette belle collusion entre les milieux financiers et les mafias qui ont gangrené tous les appareils des états y compris le Vatican. Tenter de renvoyer des vieillards vers une justice qui était, au plus en culottes courtes ou même pas née, tout cela pour rouvrir des plaies chez les familles qui avaient fait leur deuil. 
    Mais que ne ferait-on pas pour aider un gouvernement Draghi qui a besoin de l’appui de la Lega d’extrême droite, qui, à l’époque participa aux attentats des années de plomb et firent bien plus de victimes que ceux des Brigades Rouges. 
    
    Par contre, que l’île de Lampedusa n’en puisse plus de recevoir des malheureux venus d’Afrique, poussés par la misère et les dictatures en place, avec lesquelles nous entretenons de bons rapports, ne concerne guère la République en Marche. On aurait pu croire qu’entre « marcheurs », il y aurait une certaine solidarité… Mais je confonds la marche si dangereuse vers des pays riches et la marche des affaires qui ne s’épanouit qu’à partir de la misère du plus grand nombre.

    Enfin, cette « Marche vers l’extrême droite » vient de connaître son apogée avec l’interdiction, à Paris, de la manifestation de soutien au peuple palestinien martyrisé depuis des décennies par les gouvernements de droite et de gauche en Israël.
    M. Macron n’a jamais eu la carrure du fondateur de la Ve République, pas plus que ses prédécesseurs. 
    De Gaulle est, certes,  arrivé par un coup d’État, mais avait une « certaine idée de la France ». En réalité, il était l’enfant de l’Empire colonial, raciste « ma non troppo », jaloux de l’indépendance de son pays et osant défier ces américains qui l’avaient pris de haut au temps de la France Libre et ne l’avaient reconnu comme chef et instigateur de cette France Libre qu’au tout dernier moment. 
    Il n’avait pas craint de dénoncer la guerre du Vietnam à Pnom Pehn, ainsi que la morgue et les dérives de la politique d’Israël, dont les gouvernements se sont toujours torchés avec les recommandations de l’ONU, sans qu’ils subissent les moindres représailles. 
    
    Les pays européens ne sont que les supplétifs des USA dans l’Ouest de l’Eurasie face à la Russie et à la Turquie, au statut ambigu. Point final.
    
    Donc, par un retournement étrange de l’Histoire, les israéliens d’aujourd’hui, enterrent une deuxième fois leurs ancêtres, ceux qu’une politique épouvantable avait brûlés dans les camps d’extermination, les survivants qui sont en voie de disparition et qui sont les fondateurs de l’Etat d’Israël après que les terroristes de la haganah aient réussi à virer l’occupant britannique et pris le pouvoir. 
    Nétanyahou, premier ministre sans gouvernement nouveau, suite à des élections qu’il a gagnées, mais sans majorité à la Knesset, a besoin de se poser en défenseur du peuple israélien contre ces sous-hommes d’arabes, qu’ils soient israéliens eux-mêmes ou palestiniens.
     
    Les interdictions à la Darmanin d’accéder à l’esplanade du Temple en plein Ramadan, n’est bien sûr pas une provocation. On l’a bien vu hier. Partout où les préfets ont toléré les manifestations pro-palestiniennes en France, aucun incident. A Paris, Darmanin et Lallement ont tout mis en œuvre pour qu’il y ait de la casse. Caramba ! Juste quelques échauffourées.
    
    Mais surtout ! Un président de la République française aligné sur les USA, complice des frappes sur Gaza, complice de la politique de colonisation de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est, donc bien dans la droite ligne de l’extrême-droite israélienne, de plus en plus nazifiée qui n’a qu’un seul but : l’élimination du peuple palestinien de gré ou de force. Facétie morbide de l’Histoire. Banalisation du point Godwin.

    Et je ne peux qu’admirer le courage, l’intelligence et l’humanisme des israéliens du parti de la paix que l’hypocrisie des démocraties « amerlocaines » méprise avec constance. Salut et respect à M. BarenboIm qui a réussi à construire un orchestre israélo-palestinien. La paix par la musique. 
    
    Or, plus on martyrise un peuple, quel qu’il soit, plus on le bafoue dans ce qu’il est, et plus il se radicalise. Les politiques d’embargo utilisées par les USA depuis des décennies sont un échec. Il y a belle lurette que le régime castriste aurait été balayé si les cubains avaient pu accéder à la société de consommation. Idem, pour les iraniens. 
    
    On me dira et l’URSS ? Ce fut, non pas une explosion, mais une implosion d’un système dévoyé, qui n’a jamais accédé au communisme tel que défini et complété par les penseurs marxisants, de Marx, Engels à Badiou en passant par Lukàcs, Gramsci, Lordon et bien d’autres.

    Or, ce qu’il se passe ailleurs, est valable pour nous. Nous assistons depuis des années à une accumulation de trahisons, à une désagrégation lente des valeurs des institutions captées pour le profit d’une extrême minorité, à la destruction des services publics qui pourtant ont réussi à prouver combien ils étaient indispensables à la vie des gens, par sale temps de pandémie. 
    
    La filouterie de la majorité des médias devient insupportable. Aux mains de milliardaires qui parfois perdent un peu de leur fortune à les entretenir, ils constituent en réalité un investissement pour réussir à phagocyter les esprits de telle manière à faire croire que nous vivons, libres, dans une démocratie qui n’est respectée que si les électeurs obéissent aux maintien des privilèges de ceux qui les exploitent. 
    Tout vote qui mettrait en danger le système dominant du capitalisme mondialisé et financiarisé sera considéré comme nul et non avenu.

    A preuve ! Politique écologique efficace et capitalisme sont antinomiques, contradictoires. En conséquence on ne tiendra pas compte des idées et travaux émis par la commission « Théodule"  mise en place pour donner une touche de vert au programme des « marcheurs » et de M. Macron. 
    
    Une fois de plus, face à cette descente aux enfers, face à cette inexorable disparition accélérée de l’humanité, résultat du « capitalocène » en cours, le simple bon sens devrait guider les électeurs éventuels vers les candidats qui placent l’écologie politique et sociale en tête de leur programme.
    Avec, bien entendu, appui ultérieur des citoyens pour que ces promesses voient le jour, ce qui ne sera pas du gâteau. 
    Mais, comme d’habitude notre avenir, c’est nous qui en sommes responsables. La multitude réussira-t-elle à l’emporter sur les 1% les plus dangereux ? 
    A suivre ! 
    Mais cela ne se fera pas avec une droite quelconque, ou une gogôche divisée…
    
    De quoi avoir le « sum », le blues, et peut-être aussi un reste d’espoir car il y a une belle jeunesse qui semble avoir compris bien des choses. Descendra-t-elle dans les rues des villes pour exiger un avenir meilleur ?
    Qui sait, l’Histoire est tellement facétieuse !

16/05.2021

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.