Sacré Fifi Finkelkraut !

Mais qu’est-ce qu’il faisait là ? Cet académicien, dont le visage est connu de tous, y compris de ceux qui ne l’ont jamais lu, côtoie une manif de citoyens en train de revendiquer pour plus de justice sociale, plus d’équité, plus de respect, plus de fraternité, plus de liberté, plus d’égalité.

Inconscience du penseur descendu de sa tour d’ivoire ? Naïveté du désir de dialoguer avec le peuple souverain ? Provocation contre cette populace qu’il ne porte guère en son cœur d’autant que se trouvent ensemble des gens de toutes couleurs et de toutes religions, y compris des musulmans unis à des juifs et autres athées ? Pouah !

Un peu comme si M. Macron se baladait en bordure de manif GJ sans aucune protection policière.

En tous les cas, il a fait le buzz, et avec cette mauvaise foi des nantis, les bien-pensants ont transformé des injures anti-sionistes en vociférations antisémites.
Le signe égal doit être, selon M. Finkienkraut lui-même, mis entre anti-sionisme et l'anti-sémitisme multi-séculaire. Farceur !

Qui vient de faire de tous les israéliens non-juifs des citoyens de seconde zone ? Netanyahou.
Israéliens musulmans, catholiques, orthodoxes, athées ne sont plus des citoyens à part entière. S’élever contre cette horreur qui fleure bon les principes nazis de «race supérieure» et l’existence de «sous hommes», serait bientôt, si les démagogues au pouvoir le votaient, un délit.

Nous errons dans un monde de plus en plus irrationnel, sans racines, sans mémoire, sans connaissances historiques. La haine génère la haine. La peur conduit à la haine. La Fraternité bafouée ne peut que déboucher sur des guerres civiles, les pires qui puissent arriver à un peuple quel qu’il soit.

Non ! Il n’y a pas et il n’y a jamais eu de «peuple élu». Non ! Il n’existe pas de «Livre sacré» quel qu’il soit. Il n’y a que de la littérature.
Que certains croient en un ou des dieux est un droit personnel imprescriptible. Qu’au nom de cette croyance, ils veulent imposer à tous leur foi est un crime contre la Liberté.

Il y a des truismes à ressasser de crainte de nous entrégorger. Nous sommes tous différents, mais nous sommes tous humains. Respectons-nous, tolérons-nous. Nous avons plus de choses en commun que de différences.
Rejetons ce qui divise. A commencer par le culte de l’argent-roi, par les privilèges accordés aux plus riches. Et partons du principe que tous autant que nous sommes, nous descendons de migrants et que les seuls étrangers véritables ne peuvent être que des extra-terrestres, puisque nous sommes les passagers d’un petit satellite d’un petit soleil.

Le racisme revient inexorablement avec la peur de l’autre et la trahison des élites, des institutions et de la société civile à l’égard du plus grand nombre. Quel manque de confiance en soi ! Quelle immense stupidité ! Puisque le racisme consiste à reprocher à quelqu’un de n’avoir pas su choisir ses parents.

On fait dire à Einstein : « Il y a deux infinis, l’univers et la bêtise humaine... Je ne suis pas sûr quant à celui de l’univers.»

J’ai bien peur que l’incident de dimanche dernier n'ait opposé deux bêtises, celle d’une foule en colère et celle d’un académicien inconditionnel d’un pays qui se torche avec les recommandations de l’ONU depuis sa création sans que les «démocraties occidentales» ne s’en émeuvent trop. Pourquoi ?

Que pense M. Finkelkraut de l’accueil chaleureux des membres de Visegrad par M. Netanyahou, dont certains sont des anti-sémites avérés ?

Et qu’on ne vienne pas me classer parmi les anti-sémites, svp.

Je suis, il est vrai, plus proche de Shlomo Sand et de Noam Chomsky que de M. Finkelkraut. Sorry !

 

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