« L’habit fait le moine ! »

C’est nouveau. C’est moderne. C’est le « nouveau monde ». Avant, « l’habit ne faisait pas le moine ». On se méfiait. Qui était en bure pouvait se montrer à l’usage porter pieds de bouc comme un satyre. La soutane, pour certains, pouvait camoufler quelque chérubin en tête à tête avec le « diable ». Donc ! Méfies-toi ! « Caute », n’était-elle point la devise de Spinoza ?

Or, aujourd’hui, il semblerait que la méfiance a changé de visage, et que « l’habit fait le moine ». Ce qui d’ailleurs, n’est pas complètement faux.
La manière dont on s’habille, constitue un message que nous voulons envoyer aux autres sur ce que nous sommes, ou voulons faire croire.

Ainsi, on apprend aux élèves de LP qu’on ne se présente pas à un futur employeur habillé en élève de tous les jours, en membre d’un gang ou d’un quartier, en fan d’une vedette ou d’un genre musical, en supporter d’un club sportif ou en pratiquant de la Harley. Tout dépend dans quelle entreprise on veut travailler.

Par conséquent, lorsqu’un homme ou une femme s’affiche avec les signes extérieurs de la religion à laquelle ils ont parfaitement le droit d’appartenir, on sait qu’ils revendiquent leur fierté et doivent être respectés selon le principe du droit de chacun de choisir sa manière de vivre, de penser, de croire.
S’y opposer, consisterait à pondre une triste loi qui imposerait l’uniforme du parfait citoyen. Pourvu que cela n’aille pas jusqu’à la coupe de cheveux. J’en connais, de ma génération qui se sont fait casser la figure pour les avoir trop longs… Eh oui ! C’est pourquoi j’ai une aversion certaine à l’égard de ce M. Ciotti, qui a opté pour le crâne rasé, signe évident de sa tendance pro-fascisante.
Zut ! Mon fils aîné, chauve, porte aussi le crâne nu et a été et est toujours un anti-fasciste invétéré. Comme quoi, il n’est pas facile de juger les gens sur leur mine.

Viennent s’ajouter là-dessus, les suspicions que tout citoyen peut avoir contre un autre citoyen qu’il jugerait en train de passer vers le côté obscur de la société qui le mènerait à devenir un danger pour tous.
La vigilance s’impose. La confiance aussi. La délation est un chancre qui ronge toute société qui s’y adonne. Car, l’erreur est humaine.
Qui fut croyant un jour, peut perdre la foi. Qui fut incroyant peut devenir fervent membre d’une religion quelconque.
La prudence, la fraternité, la bienveillance, la tolérance se doivent d’être, non seulement enseignés, mais surtout pratiqués.

Restent deux ennemis à ces vertus : la politique et la bigoterie.
Les deux, étroitement mêlés conduisent aux pires excès, à la haine, à la terreur, aux attentats, aux camps de redressements si ce n’est aux camps d’extermination, aux guerres civiles et religieuses. Merci ! On a déjà donné.

Alors ! Pitié avec le marronnier du voile ou pas voile ! Tout élève français se devrait d’avoir étudié au cours de sa scolarité : Rabelais, Montaigne et Spinoza. Trois auteurs indispensables pour devenir un homme ou une femme libre de penser par soi-même.

En ces temps de bourrage de crâne médiatique, il me semble urgent de les faire connaître apprécier et discuter.

Là-dessus, je remets mon chapeau, rit dans ma barbe, et sors mon tee-shirt noir.
Hum… Et si je prenais le rouge ? Deux couleurs qui vont avec le jaune des gilets, mais semblent exciter le bleu de la police de M. Castaner-Macron.
Décidément, cela devient de plus en plus dur de se vêtir.
Oh ! Que revienne l’été et les bonheurs du naturisme ! Un uniforme que je recommande vivement à tout le monde. Soyons fiers de ce que nous sommes en tenue d’innocence ! Bien sûr, cela suppose s’accepter tels que nous sommes, sans porter de jugement sur les différentes parties de notre corps, sur sa transformation avec l’âge. Il n’y a que les inventeurs de religions pour oser rectifier la nature humaine et inventer la honte de soi. Ce qui revient, pour les croyants, à remettre en question l’œuvre du Créateur auquel, ils croient croire.

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