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Le Club de Mediapart sam. 13 févr. 2016 13/2/2016 Dernière édition

Mythification de la classe ouvrière, rêve et réalité.

 

 

Réponse à l’article de Joseph Confavreux http://www.mediapart.fr/journal/france/190412/retour-sur-la-condition-ouvriere-et-le-vote-populaire?onglet=commentaires#comment-1972297

 

 

Encore un excellent article de Médiapart qui nous incite à lire quelques ouvrages de qualité sur la classe ouvrière qu’un des dix candidats a sorti de la naphtaline où l’avait couchée la pensée unique.

 

Vingt dieux ! Il y a encore des ouvriers et des ouvrières ! Le scoop de la campagne. Dont une partie, on va être fixé le 22 avril aurait encore une conscience de classe, une fierté d’appartenance à cette classe, un espoir d’amélioration de sa condition.

 

Eh bien dites-donc, il était temps !

 

De là à croire que le « jour se lève » et que nous serions à l’aube du « grand soir », on se calme, amis et camarades. Cool ma poule !

 

Du travail en miettes, on est passé à la société en miettes. L’ultralibéralisme et le capitalisme de la séduction ont presque réussi à casser les us et coutumes de la classe ouvrière, ses valeurs de solidarité, de partage, d’entraide, d’union dans les luttes et l’adversité.

 

On a tenté de convaincre que si un ouvrier, un salarié se retrouvait au chômage, c’était de sa faute.

Le plus fort, aura été de convaincre des individus à devenir leur propre exploiteur en devenant « auto-entrepreneurs ». La multiplication du travail en intérim, divise, monte les travailleurs les uns contre les autres en les plaçant dans une perpétuelle concurrence.

 

Ajoutons à cela le sale jeu du dumping social européen, entre travailleurs de l’ouest et de l’est de l’UE, plus l’exploitation des sans-papiers, et l’on transforme vite une population, une classe sociale plus ou moins unie, organisée, combattante en une foire d’empoigne où règne le darwinisme social cher aux théoriciens du capitalisme ultra-libéral.

 

Le recours au crédit, quasi obligatoire, pour acquérir la ou les voitures indispensables pour aller travailler dans certaines régions, le rêve d’être propriétaire de son logement, les achats compulsifs des derniers gadgets électroniques sont aussi les meilleurs moyens pour que les travailleurs se bouffent entre eux et soient dociles face au patronat.

 

Enfin, le culte de l’argent-roi, a remplacé les croyances dans des mondes meilleurs, qu’ils soient au-delà de la mort pour les croyants en dieu, ou dans la révolution pour les croyants en Marx-Lénine-Staline. Désormais, c’est la Française des Jeux qui offre de l’espérance, le jackpot deux fois la semaine, le grattage quotidien, la fortune pour demain.

 

On comprend mieux, la lutte qui a opposé les deux Fronts au cours de cette campagne. D’un côté, la Madone des Pétochards, tout de haine contre les musulmans, parlant aux tripes, aux réflexes pavloviens et animaux, de l’autre, le Verbe pédagogique et mobilisateur, rassemblant et redonnant une fierté aux salariés en défiant les institutions, non point pour les détruire mais pour les reconstruire.

 

Ne nous faisons aucune illusion. Les plus éprouvés, les plus meurtris par le système en place, auront-ils la volonté d’aller voter ? Ils savent au fond d’eux-mêmes que, quel que soit leur vote, on en tiendra guère compte. Ils l’ont expérimenté avec la gifle reçue suite au « non » à ce referendum sur une Europe bidon.

 

Auront-ils entendu que leur choix peut modifier la donne, changer les affirmations péremptoires des uns et des autres, qu’en France, chaque voix compte ?

 

J’ai hâte de voir les résultats du premier tour, le seul qui vaille la peine. Car il est, la photographie presque exacte de l’état d’esprit de la nation, du peuple de France.

Ce n’est plus un sondage, même si, les résultats sont aussi quelque peu faussés par l’avalanche éhontée des sondages qui ont, une fois de plus, empuanti cette campagne de leurs émanations fleurant le lisier. C’est sur le fumier qu’ils produisent que s’épanouissent certains candidats.

 

Combien de temps va durer l’unité, l’allant, le bonheur de la classe ouvrière réhabilitée à laquelle se joignent les salariés du tertiaire et même certains petits patrons, artisans et commerçants ?

 

Gare à la gueule de bois ! Gare aussi, à une victoire qui oublierait ce qu’il s’est passé.

Car, dans ce phénomène, il y a quand même, un courant de responsabilisation des citoyens. C’est eux qui possèdent en partie la solution à leurs problèmes.

Ils n’ont nul besoin d’être protégés, d’être dirigés, commandés, car ils doivent être conscients qu’ils sont « le peuple souverain ».

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Il n'y aura pas d' "état de grâce", les difficultés commenceront dans la nuit du 6 au 7 mai.

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L'auteur

max angel

prof honoraire, ex-maire-adjoint,
près de Rouen - France

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