L'illusion macroniste.

Il y a quelques années, Yvon Gattaz, père du Gattaz junior nous disait : "Les profits d'aujourd'hui sont les emplois de demain !"

Nous sommes aujourd'hui "demain" et pouvons donc constater que les profits n'ont cessé d'augmenter, et... le chômage aussi. Preuve est donc faite qu'encourager l'enrichissement des plus riches ne débouche pas NATURELLEMENT sur des investissements, des créations d'emplois, voire sur une réindustrialisation de notre pays.

Le choix de la politique macroniste de supprimer l'ISF pour attirer la venue de riches étrangers, relève du sur-maquillage de ces P... respectueuses pour attirer le client. Les français verront quelques emplois de larbins se créer, le secteur du luxe se portera encore mieux, quant au secteur industriel, aujourd'hui, cela se joue à l'échelle planétaire.

Ajoutons à ce choix réclamé par la droite des riches, l'évanouissement des contraintes du Code du Travail, et plus qu'à la création de nouveaux emplois, c'est à une accélération du turn-over que nous allons assister. Le salarié facilement embauché en période de croissance, sera vite licencié en période de ralentissement. D'autant plus, que plus de la moitié des emplois se trouve dans des entreprises de moins de 50 salariés et que les discussions patrons - salariés pourront se faire sans que le moindre syndicat ne soit présent pour aider les travailleurs à s'y reconnaître dans la jungle des droits.

Si l'on peut admirer le brio de notre Premier Ministre, qui sait encaisser, éviter, parer les coups et répondre d'un crochet ou d'un uppercut à ceux qui le titillent, il n'est point arrivé à me convaincre de la politique menée par son "patron".

D'autant que, si comme tous les gens normaux, il "évolue à son rythme", je lui conseillerai fortement de prendre conscience au plus vite que le système politico-économique qu'il tente de "réformer" nous conduit, par ses excès, à une disparition inéluctable et accélérée de l'humanité.

Le carcan des institutions européennes, l'imperium des multinationales, la mondialisation des échanges et de la fabrication des objets, tout comme le talon de fer de la finance constituent une dictature et un totalitarisme contraires aux intérêts et à l'épanouissement des êtres humains.

Les finasseries, les hésitations, les tergiversations, les étouffements de certains problèmes dans des commissions ne devraient plus avoir cours lorsqu'il est avéré que des produits phyto-sanitaires, l'agriculture et l'élevage industrielles empoisonnent les gens, stérilisent les terres, constituent une menace pour notre satellite. Ajoutons à cela l'épuisement "des soutes", à savoir les terres rares, le pétrole, certains minéraux. La croissance infinie dans un monde fini est un mythe à supprimer au plus vite.

Philippe devrait évoluer vers des réformes radicales pour être à la hauteur de ses responsabilités, dut-il s'affirmer face au Président de la République qui lui impose sa politique alors que, constitutionnellement, ce serait à lui, de lui proposer la sienne.

 Tout a été mis en œuvre pour que la Madone des Pétochards soit au deuxième tour de la présidentielle afin de faire passer le candidat de la droite, tellement la gauche hollandaise avait trahi son électorat. D'où ce président jeune, issu du sérail de finance, et son assemblée de cadres totalement formatés au néo-libéralisme, habitués à obéir et à subir les DRH, quand ils ne le sont eux-mêmes, et voulant transformer une "vieille nation" en start-up.

Non ! L'Assemblée Nationale et le Sénat ne sont pas des open-offices. Non, les citoyens ne sont pas QUE des variables d'ajustement ou des "collaborateurs" ! Non, l'UE ne saurait être une fusion d'intérêts d'une minorité !

Je sais bien que tout bouge, que nous ne sommes plus dans la même situation d'il y a vingt, cinquante, cent, cent cinquante ans. Mais je sais aussi, que la lucidité des historiens ou des anthropologues nous oblige à penser le temps long. Et qu'en dépit de la rapidité des avancées technologiques, les humains obéissent, parfois inconsciemment à des affects et des comportements en totale inadéquation avec les possibilités techniques du présent.

 

Il ne s'agit point tant de "gérer" que de prévoir le futur des générations à venir. Or, nous en sommes loin. Il n'était que de voir l'échange surréaliste qui a eu lieu entre M. Philippe et M. Breton à propos de la dette, comme s'ils ignoraient, (ce qui serait catastrophique) qu'elle ne sera JAMAIS remboursée.

 

Décidément, nos gouvernants ont besoin du peuple, de l'opinion publique voire de la rue pour progresser et évoluer.

 

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