Eloge du travail !

Ainsi, notre très cher Président, n’aimerait pas entendre parler de la «pénibilité au travail» parce que cela impliquerait que le travail puisse être mal vécu. (voir le Monde de ce jour)

Pourtant, Emmanuel n’est point inculte et devrait se souvenir que TRAVAIL a pour origine TREPALIUM soit un engin de torture. Car, pour des millions de salariés, travailler n’est pas synonyme de joie, d’épanouissement de soi-même, de fierté.

N’a-t-il jamais fait de stage dans une entreprise ce président lors de sa scolarité ? Non point dans les bureaux de direction mais à la chaîne, à la production, dans le bruit, dans les vapeurs et autres émanations putrides, sur des chantiers dans le vent, la pluie, le gel ou la canicule. Avec le stress de devoir finir absolument la tâche dans les temps en dépit des douleurs du corps, des courbatures, de l’épuisement physique et moral quand on s’aperçoit que ce que l’on fabrique, c’est de la merde à ne donner ni aux cochons, ni aux hommes, compte tenu de la manière dont cela a été étudié en laboratoire, pour que ce soit le plus rentable possible pour les actionnaires, les consommateurs dussent-ils en subir les conséquences en sombrant dans le surpoids, les maladies cardio-vasculaires et autres joyeusetés.

Jadis, j’ai croisé des camarades de travail dans une raffinerie de pétrole qui étaient là depuis plus de trente cinq ans, à faire les trois huit. Ils avaient perdu le sommeil. Ils avaient une vie familiale difficile, et une vie sociale gâchée. Epuisés, en décalage constant, vivant un peu en marge de la société, ne pouvant assister à des spectacles ou des concerts sans entamer leur temps de repos de moins en moins réparateur.
Certes, ils étaient bien payés par rapport aux autres ouvriers d’autres secteurs. On leur achetait leur santé, soit leur vie. Ils ne coûteraient pas cher aux caisses de retraite puisqu’ils avaient une espérance de vie inférieure à la moyenne. Tout bénéfice pour les détenteurs de capitaux.

N’en déplaise à M. le Président de la République, la pénibilité au travail existe, tout comme la Terre n’est qu’un petit satellite d’un petit soleil perdu dans l’univers et que le système ultra-libéral est en train de détruire.

A contrario, j’avoue volontiers, qu’il existe des métiers passionnants, exercés par des passionnés, que des lois obligent parfois à contraindre à la retraite. Je pense aux chercheurs. Enfin, ceux qui ne sont pas contraints de rechercher des financements pour que leur laboratoire fonctionne, alors qu’ils sont des pointures dans des domaines ultra-précis, reconnus par leurs pairs du monde entier. Je pense à tous les artisans, les artistes, les chefs d’entreprise, les responsables politiques qui se sont mis au service du plus grand nombre et non ces «esclaves» renvoyeurs d’ascenseurs qui ne pensent qu’à leur carrière et se sont agenouillés devant leurs financeurs de campagnes électorales.

Oui ! Travailler peut être un bonheur quand il apporte de la joie et du plaisir, non seulement à celui qui l’exerce, mais aussi à ceux auxquels il s’adresse.

Quel plaisir vont retirer de leur vote nos élus de droite quand ils auront cassé les acquis du Conseil National de la Résistance qui avaient institué une société à la fois libérale et solidaire ? Quelle joie s’empare d’eux quand ils voient que le nombre de pauvres s’accroît ? Que le nombre de chômeurs diminue aussi ? Avec multiplication des petits boulots, avec des indemnités de chômage de plus en plus saccagées, comme si, la majorité des salariés décidaient de leurs licenciements et aimaient à se reposer sur le dos de la société en risquant de se marginaliser à jamais.

Pourquoi ai-je l’impression que le «nouveau monde» de M. Macron ressemble chaque jour à celui de M. Guizot ?

Ne craint-il pas qu’un de ces jours, les jeunes générations vont descendre dans la rue, non pas pour «Vaincre ou mourir !» ce n’est plus à la mode, mais pour dire «Pouce ! On ne joue plus au c... !» Bras croisés, refus des emplois merdiques, refus de la croissance infinie dans un monde fini, refus de la destruction de la planète au profit d’une minorité de milliardaires qui ne savent que faire de leurs capitaux qui tournent 24h/24 à la vitesse de la lumière par le truchement de placements boursiers virtuels qui ne vont pas tarder à exploser de nouveau.

STOP ! Prenons le temps de réfléchir.
Vivre ! Qu’est-ce que cela signifie ? Et le travail, quel qu’il soit à qui, à quoi sert-il ? Pause...

Oh ! La police ! Vous aussi demandez-vous à qui, à quoi vous servez. Il y a bien encore des restes de cervelle sous le casque, nom de dieu !

Croyez en vous, les hommes et les femmes ! Et coupez un peu la télé. Discutons, réfléchissons, envisageons.
Un vrai et beau travail, ça ! Et à ne confier qu’à vous-mêmes.

 

 

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