CHILI : un pays laboratoire.

Depuis des mois le Chili est en pleine effervescence. Le peuple chilien, sa jeunesse qui n’a connu que l’ère Pinochet et l’après Pinochet, n’en peut plus d’être la victime de l’ultra-libéralisme, mis en place par la CIA, avec accompagnement de la «théorie du choc», dénoncée par Naomie Klein.

 

Triomphe absolu de la philosophie du TPMG (Tout Pour Ma Gueule), millionnaires au pouvoir, tout au privé, destruction des services publics, pillage les ressources du sol et du sous-sol, destruction de l’éducation, mise en place d’ une surveillance tatillonne de la population, mépris pour les syndicats et les partis.
Tout cela, pour mettre en place l’intégrisme de la religion du Veau d’Or, religion chère à nos «amis» états-uniens, ces bienfaiteurs de l‘humanité et qu’on ne remerciera jamais assez d’accélérer la disparition de l’humanité en ayant convaincu tout le monde et son père que «l’american way of life» était ce qu’il y avait de mieux pour vivre heureux.

La violence est le seul moyen pour contrer la lutte des peuples exploités essayant de recouvrer leur dignité et désirant vivre décemment.

Sur le Chili, lire aussi l’article de Sepùlveda dans le Diplo.

Or, de la même manière que la Guerre d’Espagne, fut un terrain de manœuvres pour l’Allemagne nazie et l’Italie fasciste, l’arrivée de Pinochet au pouvoir et le traitement des populations pour tomber sous le joug de l’ultra-libéralisme va se rejouer ailleurs.

En Allemagne de l’Est et dans les états baltes et en Pologne après la chute du mur, en Russie après l’implosion de l’URSS, enfin en Grèce qui avait déjà connu sa «période des colonels», ou en Argentine, avec les mêmes militaires au pouvoir, les droits de l’homme bafoué, la répression, tortures, viols, disparitions, histoire de terroriser ce peuple méprisable qui ose se lever contre sa propre exploitation et menacer le happy few fortuné, voire les mafias. L’Algérie, l’Egypte, la Syrie les états africains... vue de l’espace, rares sont les états où règne une relative harmonie.

En fond de scène, il y a cette belle déclaration de Francis Fukuyama après la chute de l’URSS, «l’histoire est finie». Victoire absolue du libéralisme économique. Et il faut tout faire pour qu’il en soit ainsi. En clair, la lutte des classes a bien existé, et ce sont les riches qui l’ont remportée. Circulez, c’est fini. Il n’y a plus rien à voir. Consommez et fermez vos g... !

Or, il semblerait qu’un peu partout, in the world, les peuples, pour des raisons différentes, quand elles ne sont pas contradictoires, ont envie de plus de justice, plus de considération, plus de partage des richesses et des pouvoirs, plus de perspectives d’avenir que celle d’une planète en train de perdre chaque jour une espèce animale, de sombrer sous les pollutions que l’activité humaine engendre, que les océans sont en péril, et que les soutes du satellite commencent à s’épuiser.

Derrière les conflits armés, sous des prétextes religieux, des luttes de clans, des conceptions de la vie, il y a toujours l’enrichissement des marchands d’armes, et celui des compagnie pétrolières et minières pour alimenter les industries des pays les plus modernes au détriment de tous les autres. Un si beau système tellement efficace et générateur de bonheur qu’on est tout estourbi quand on apprend qu’il existe une augmentation continue de la pauvreté dans les pays riches, y compris au Luxembourg !

Pas besoin de faire un dessin pour considérer que ce qu’il se passe en Bolivie, en Colombie, en Uruguay, en Argentine, au Brésil, au Venezuela, en ce moment même c’est toujours et encore la politique de Monroe. L’ensemble du continent américain du Détroit de Béring à la Terre de Feu est la chasse gardée des USA. Point barre. Toute velléité de mettre un place un gouvernement qui ne serait pas le féal des USA est condamné à disparaître.

Croire que les USA peuvent se contenter de ce seul continent, c’est oublier que le «débarquement» en Normandie fut titré par la presse anglo-saxonne par le mot «Invasion», (sic), d’où le ressentiment du général de Gaulle qui fit vite débarquer une administration composée de français et qui s’opposa à la mise en place d’une monnaie calculée en euro-dollars qui devait se substituer au franc de l’époque.

Or, pour simplifier, les USA, c’est le capitalisme, et comme l’écrit Frédéric Lordon, il ne rendra pas gentiment les clefs.

A part cela, tout va bien. Les français ont le moral. Un moral de mieux en mieux épanoui dans la mesure où ils prennent conscience petit à petit de la réalité du monde dans lequel ils vivent et qu’on voudrait leur imposer.
Et ils se battent : gilets jaunes, grèves à venir, scandale du démantèlement des services publics, pompiers sans moyens qui veulent occuper la place de la Nation pendant quelques jours 24h/24, retraités et futurs retraités en colère, agriculteurs au bord de la crise de nerf, écolos en avant toute et j’en passe. On n’est jamais triste quand on lutte !
Même si aujourd’hui, il faut parfois se méfier de certains mouvements de prétendues libérations, comme en Ukraine ou ailleurs.

Noël ! Le ministère de l’Intérieur vient d’acheter de nouvelles armes de défense pour sa police, voilà qui augure d’une bonne et sympathique ouverture d’esprit avant de recevoir les partenaires sociaux.
Tout va bien ! Vous dis-je !

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.