Sur le système scolaire, et l'éducation actuelle

Je tente ici de faire une analyse brève et construite du système scolaire actuel. J'essaierai au fil du temps, de critiquer point par point les aspects négatifs de ce système, que je juge obsolète. Par cette note de blog, je vous apporte la vision d'un lycéen de seize ans, usager du système scolaire. Cet article n'engage que moi.

Parce qu'il est nécessaire de se questionner sur le réel but de l'éducation d'aujourd'hui, j'écris ces quelques lignes. L'Éducation Nationale sert-elle à éduquer ou à former ?
Si inculquer la valeur de la concurrence au détriment de l'entraide et de la solidarité et créer une élite d'excellence supérieure est la solution de l'Éducation Nationale, alors elle n'éduque pas, mais elle forme cruellement et machinalement au marché du travail.

Sur la note

Bien évidemment, pour évaluer, la note est essentielle, celle-ci pouvant être un chiffre ou des émoticônes. Mais la note sur vingt est elle judicieuse dans un système où l'on apprend que la note reflète le niveau de l'élève ? Lors d'un test, elle donne lieu à quatre-vingt nuances, de 0,00 à 20,00 en passant par quatorze et demi ou douze soixante-quinze. La moyenne elle, donne lieu à deux mille nuances, de 00,00 à 20,00. Ne serait-il pas plus judicieux, dans un système comme le nôtre, où apprendre est devenu synonyme de contrainte, d'établir un barème plus court ? Par la notation à la lettre de A à F par exemple, ou du chiffre de un à cinq, laissant paraître moins de disparités dans la notation. On mentionnera aussi le degré de concurrence que la note sur 20 créé dans les lycées. On pourrait, aussi, plus largement réfléchir à une disparition de la note, qui de toutes façons classe les élèves. Nous pourrions par exemple expérimenter ce que fait le système finlandais, où les élèves ne connaissent pas la note, véritable facteur de stress et de pression, jusqu'à leur 16 ans. Les profs évaluent par des tests notés pour eux-mêmes et les parents, afin de ne pas angoisser les élèves. Cependant en France, il semble très dur de se détacher de la note, élément devenu doudou des principaux usagers de l'Éducation Nationale et des parents d'élèves.
Oui la note permet d'évaluer, mais elle est devenue bien plus que ça, puisqu'elle est essentielle dans l'admission dans le supérieur et donc sur la future profession de l'élève. Pourtant, elle ne permet pas d'évaluer correctement les élèves, et ces derniers se sentent souvent jugés par celle-ci, créant ainsi des décrochages.

Sur la refondation du système et son obsolescence

Mais jusqu'à quand attendrons nous pour refonder un système scolaire ? Nos camarades européens l'ont fait, en Finlande, en Suède, au Danemark. Et nous, français, avons le même système sensiblement depuis Ferry 1881. Ce dernier créé cette école lors de l'industrialisation, à l'époque où il s'est décidé que la France avait besoin d'ouvriers. Qu'il fallait donc enseigner aux jeunes la rapidité, l'efficacité et l'indépendance, sans vraiment les cultiver, la culture n'étant pas requise à l'usine. Ce qui semble le plus inquiétant, c'est que ces valeurs enseignées sont les mêmes aujourd'hui, et que la seule chose qui ait pu changer depuis 1881 (et fort heureusement) est l'accès des Filles à l'éducation, et de toutes classes sociales. Cependant l'acculturation est toujours de mise : les méthodes scolaires actuelles ne permettent pas aux élèves de se cultiver, ceci étant prouvé ne serait-ce que par l'apprentissage d'une leçon pour un test, oubliée le lendemain. Un apprentissage rapide, efficace demandé aux jeunes. Mais rien de plus. Et le travail est noté, et les élèves se retrouvent en concurrence. Indirectement il semble acceptable de dire que le système incite parfois à tricher, dans l'urgence, et dans le souci d'avoir "la bonne note". Il manque un sérieux développement des sens artistiques, culturels, créatifs, sportifs et d'autres sens intellectuels au lycée et au collège.

Sur le civisme, l’humain et le social

Sur certains points, il semblerait que l'éducation ne fasse pas son travail : sur le respect de la Femme, sur la culture civique, mais aussi sur le civisme et la culture générale. On recense dans les lycées aujourd'hui beaucoup trop d'incidents contre les femmes. On recense beaucoup trop d'incivisme, que ce soit dans des gestes du quotidien ou encore une fois, envers les femmes. On recense beaucoup de lacunes sur le fonctionnement de notre État et sur la manière dont on peut s'impliquer dans la vie citoyenne, même lycéen.
J'épargnerai les détails sur le rythme scolaire unique au monde et insoutenable de notre système, de l'élitisme malsain qu'il crée et de la complexité qu'il peut présenter dans son organisation.

Conclusion et interrogations

Nous arrivons à nous demander la chose suivante : jusqu'à quand allons nous laisser ce système héritant de l'industrialisation tel qu'il est ? Jusqu'à quand mettrons nous nos élèves en concurrence, en leur faisant croire que les valeurs du marché du travail sont celles de la vie ? Jusqu'à quand laisserons nous des élèves décrocher, parce qu'ils n'ont pas pu suivre le rythme désagréable qu'on leur imposait, et qu'ils n'ont pas pu développer leurs sens artistiques, sportifs, créatifs, musicaux ou autres ? Jusqu'à quand ferons nous croire aux jeunes qu'ils sont moins bons qu'un tel, et qu'ils sont inutiles, à cause d'un simple chiffre ? Jusqu'à quand continuerons-nous à tolérer l'incivisme lycéen dû à un manque d'éducation scolaire, et peut être à cause d'un environnement de famille défavorable ? Nous ne le savons point, mais cependant, si nous voulons changer cela, nous savons ce que nous, lycéen-ne-s, avons à faire : éveiller les consciences de nos camarades éteintes par une instance (l'Éducation Nationale), qui par sa puissance de parole et la propagande républicaine faite par des moyens de communication puissants, fait de notre système scolaire une fatalité à encaisser durement et logiquement.

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