Les Kurdes dans la rue après l’exécution de deux manifestants

Des milliers de Kurdes se sont descendus samedi 7 décembre dans les rues à travers le pays pour dénoncer l’exécution de deux manifestants par la police turque au cours d’une manifestation à Yuksekova.  

Des milliers de Kurdes se sont descendus samedi 7 décembre dans les rues à travers le pays pour dénoncer l’exécution de deux manifestants par la police turque au cours d’une manifestation à Yuksekova.  

Selon les témoins, la police turque a délibérément tiré vendredi 6 décembre sur les manifestants, tuant deux d'entre eux à Yuksekova, dans la province d’Hakkari, lors d'une manifestation pour protester contre les actes de profanations des tombes des combattants du PKK  par les forces de l'Etat. 

TUES PAR HUIT BALLES

Les résultats du rapport d'autopsie de l'hôpital de Van où les corps ont été transportés dans la nuit du 6 au 7 décembre ont confirmé la mort des deux personnes par balles. Mehmet Reşit İşbilir a été touché par six balles, tandis que Veysel İşbilir a reçu deux balles, salon ce rapport.  Il s'agit d'une attaque "ciblée", selon deux agences de presse kurde DİHA et ANF. 

Le principal parti kurde BDP a qualifié la mort des manifestants de "massacre", affirmant qu'il s'agit d'une "opération planifiée par des forces obscures qui sont contre la résolution pacifique du problème kurde."  

Le vice-président du CHP, parti d’opposition kémaliste, a également dénoncé « l’exécution extrajudiciaire ».   « Resit İşbilir et Veysel İşbilir ont été exécutés de façon extrajudiciaire » a dit Sezgin Tanrikulu, dans un communiqué, appelant le gouvernement à élucider cette affaire et à amener les coupables devant la justice.

Les organisations des droits humains dénoncent sans cesse l’impunité de la police qui est responsable de nombreuses exécutions extrajudiciaires en plein rue.

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VIOLENTS HEURTS

Des milliers de milliers de personnes se sont rassemblées samedi 7 décembre à Yuksekova pour les funérailles des deux Kurdes. Les forces de l'ordre ont de nouveau attaqué les manifestants, faisant usage massivement de gaz lacrymogènes et de canons à eau. Les forces spéciales de la police turque a tiré en l'air lors des funérailles. Des jeunes ont répondu avec des cocktails Molotov et des pierres, ainsi qu'avec des feux d'artifice. Un manifestant a été grièvement blessé après avoir reçu un objet dans la tête.   

ETAT PARALLELE

"Si le premier ministre veut la paix, elle doit mettre au jour les assassins. Il doit demander des comptes aux bandes qui se trouvent ici"  a déclaré Selahattin Demirtas, coprésident du BDP, lors de l'enterrement de ces kurdes. Il a notamment affirmé qu'il existe un "Etat parallèle" qui fait tout pour que la guerre se poursuive, faisant référence au conflit de pouvoir entre l’AKP et la confrérie de Fethullah Gulan.

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PROVOCATION

Des manifestations ont eu lieu dans d'autres villes comme Istanbul, Hakkari, Muş, Igdir, Varto, Erciş, Başkale, Şemdinli, Çukurca, Bulanik et Silopi. Des milliers de personnes se sont descendues dans les rues de ces villes pour dénoncer cette attaque, qualifiée de "provocation" contre le processus de paix, mené à l'initiative du leader kurde emprisonné Abdullah Ocalan.

Des magasins ont également fermé leur porte dans toutes les villes situées dans la province d'Hakkari pour dénoncer le crime commis par la police du régime AKP, parti au pouvoir depuis 2002.  

Blog de Maxime Azadi avec ActuKurde.fr

 

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