Orhan Pamuk critiqué pour avoir légitimé la répression au Sri Lanka

L'organisation Reporters Sans Frontières (RSF) critique la participation attendue de l'écrivain turc Orhan Pamuk, lauréat du prix Nobel de littérature 2006, au Sri Lanka pour un festival littéraire organisé par le gouvernement, responsable des massacres au pays des Tamouls.

L'organisation Reporters Sans Frontières (RSF) critique la participation attendue de l'écrivain turc Orhan Pamuk, lauréat du prix Nobel de littérature 2006, au Sri Lanka pour un festival littéraire organisé par le gouvernement, responsable des massacres au pays des Tamouls.

« RSF trouve hautement perturbant que la littérature soit célébrée de cette façon dans un pays où les caricaturistes, les journalistes, les écrivains et les voix dissidentes sont si souvent victimisés par le gouvernement actuel » a déclaré l'organisation dans un communiqué

Près de 220 auteurs sont attendus et 50.000 visiteurs, autour de débats et de conférences au festival de la littérature qui se tient dans la ville de Galle (sud) à partir du 26 janvier. Des dizaines d'auteurs étrangers, dont l'écrivain turc Orhan Pamuk, le Sud-Africain J.M. Coetzee, Prix Nobel de littérature en 2003, l'auteur Afghan Atiq Rahimi ou l'écrivain américain originaire de République dominicaine Junot Diaz sont attendus au Sri Lanka pour ces événements littéraires.

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"Ce n'est pas le bon moment pour d'éminents écrivains internationaux tels que vous de donner une légitimité à la suppression de la liberté de parole" explique RSF qui dénonce souvent la censure et les multiples entraves imposées par les autorités de Colombo pour contrarier le travail des journalistes.

Dans un communique publié le 30 décembre 2010, Reporters sans frontières constate que les autorités continuent d'empêcher la presse de jouir d'une réelle liberté éditoriale, déjà appauvrie par l'exil d'au moins 55 journalistes, notamment de nombreux militants de la liberté de la presse, au cours des trois dernières années.

Au moins 17 journalistes et personnes travaillant dans la presse ont été tués au Sri Lanka ces dix dernières années, selon les organisations de défense des droits de l'homme.

Le président du Sri Lanka Mahinda Rajapakse qui dirige le pays depuis 2005 est aussi accusé de crime de guerre contre les Tamouls. Des dizaines de milliers de Tamouls ont été massacrés lors de la bataille finale, en mai 2009, menée par l'armée du Sri Lanka contre les Tigres de Libération de l'Eelam Tamoul (LTTE). La guerre entre l'armée sri-lankaise et les rebelles tamouls dans le nord de l'île a fait jusqu'à 100'000 morts, selon l'ONU.

Les crimes de guerre commis par l'Etat sri-lankais avait conduit l'Amnesty international à exhorter les États-Unis pour intervenir, en qualité de membre de la communauté internationale de réaliser une enquête sur Rajapakse.

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