Premiers barrages communs avec ASL, premier bataillon de femmes kurdes‏

Les termes de l'accord de "paix" entre les kurdes et "rebelles" syriens entrent en vigueur à Rass al-Ain (Sêrékaniyé en kurde), tandis que les femmes créent leur premier bataillon au sein de l'armée kurde.
"Paix" entre les kurdes et les rebelles: premiers barrages communs © Actu Kurde
"Paix" entre les kurdes et les rebelles: premiers barrages communs © Actu Kurde

Les termes de l'accord de "paix" entre les kurdes et "rebelles" syriens entrent en vigueur à Rass al-Ain (Sêrékaniyé en kurde), tandis que les femmes créent leur premier bataillon au sein de l'armée kurde.

Suite à la cessation des hostilités entre les kurdes et les groupes armés soutenus par les pays étranger dont la Turquie et les puissants occidentaux, l'accord en onze points entrent en vigueur avec l'installation des premiers points de contrôle. Le drapeau de l'armée kurde, les Unités de défense du peuple (YPG), et celui de la Syrie flottent déjà à l'entrée de la ville.

Le 17 février, un accord a été conclu entre les Kurdes et l’Armée syrienne libre (ASL), après quinze jours d’affrontements violents dans la ville de Rass al-Ain.

21-02-2013-afrin-bataillon-femmes-kurdes-4.jpg

L’accord prévoit notamment « le retrait de tous les groupes armés », la création d’un « comité pour surveiller la mise en œuvre de l’accord », la création d’un « conseil civil du peuple », « le contrôle par ce conseil de la porte-frontière » et la mise en place des « points de contrôle communs à l’entrée de la ville surveillés par les forces kurdes et l’ASL ». Le point le plus important de l’accord stipule la coopération et une coordination entre les kurdes et l'ASL pour libérer les villes sous le contrôle du régime.

Le 16 janvier, des milliers de membres des groupes armés, rentrés par la Turquie pour la plupart avec des armes lourdes et des chars, avaient lancé une vaste attaque contre la ville de Sêrékaniyé. Des combats violents ont eu lieu pendant quinze jours entre l'armée kurde composée de femmes et d’hommes, et les groupes soutenus par l’Occident, la Turquie et les Monarchies du Golfe. Subissant de lourdes pertes, ces groupes armés avaient demandé un cessez-le-feu après avoir été repoussés et bloqués dans le quartier de Mahat, situé sur la frontière avec la Turquie.

21-02-2013-afrin-bataillon-femmes-kurdes-2.jpg

Premier bataillon de femmes, mais pas le dernier

Par ailleurs, le premier bataillon de femmes kurdes a été créé le 23 février à Afrin, au Kurdistan syrien. Il a été baptisé le bataillon de "Ruken", en référence à une combattante kurde. "La femme prend toute sa place dans la révolution populaire. Pour la montrer, il faut créer des bataillons de femmes au sein du YPG" a déclaré la commandante Noudjan, lors de la cérémonie militaire. "Il s'agit du premier bataillon de femmes mais pas le dernier. Nous allons organiser des unités de femmes partout où le YPG est présent" a-t-elle ajouté.

Commune de Paris

Les femmes sont les principaux piliers du projet de l’autonomie démocratique qui peut être considérer comme la "Commune de Paris". Les femmes ont leurs propres conseils dans chaque ville et quartier. Elles sont représentées à parts égales dans les autres conseils du peuple. Elles sont fortement présentes dans la police kurde "Assayish". Le principal parti politique kurde PYD est codirigée par une femme.

Le projet d'autonomie démocratique dans une Union Confédérale du Moyen-Orient a été élaboré par le leader kurde Abdullah Ocalan, emprisonné sur l'Ile d'Imrali depuis 1999. Le projet est un type d’auto-administration, un paradigme social et non-étatique. Il est fondé sur la participation de la population. Il considère que la démocratie au Moyen-Orient ne peut être imposée par le système capitaliste et ses puissances impériales, qui causent au contraire du tort à celle-ci. Le confédéralisme démocratique est un mouvement antinationaliste et vise à accomplir le droit à l’autodéfense des peuples en contribuant à la progression de la démocratie dans toutes les parties du Kurdistan, mais aussi dans toute la région. Dans le cadre d’un tel projet comprenant toutes les nations, majoritaires ou minoritaires, la liberté des kurdes et la démocratisation de la société kurde signifieraient la liberté pour la société de l’ensemble de la région.

Blog de Maxime Azadi avec ActuKurde

Lire aussi:

-L’accord de 'paix' entre les Kurdes et l’ASL

 -Les enfants kurdes syriens éduqués dans leur langue maternelle

-Deux ambulances dont une française confisquées par les forces kurdes

-Vaste offensive des forces kurdes à Rass al-Ain

-Les kurdes syriens prennent le contrôle d'une zone pétrolière

-Les kurdes syriens rédigent les principes et les lois de leur autonomie

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.