Iran: deux prisonniers politiques kurdes exécutés

Le régime iranien a exécuté samedi 26 octobre deux prisonniers kurdes, dont un accusé d'être "mohareb" (ennemis de Dieu) pour avoir des liens avec une organisation kurde.

Le régime iranien a exécuté samedi 26 octobre deux prisonniers kurdes, dont un accusé d'être "mohareb" (ennemis de Dieu) pour avoir des liens avec une organisation kurde.

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Le prisonnier politique Habibollah Golperipour a été placé dans une cellule individuelle à la prison d'Orumieh, au Kurdistan iranien, avant d'être exécutée le matin du 26 octobre, selon son père. Les parents de Golperipour n'ont pas pu voir et récupérer le corps de leur fils.

Golperipour a été arrêté le 27 septembre 2007 dans la ville kurde de Mahabad. Il a subi des tortures atroces durant sa détention. Le 14 mars 2010, il a été condamné à mort pour "mohareb".  Accusé de liens avec le Parti pour une vie libre au Kurdistan (PJAK), il a mené une grève de la faim pendant quinze jours pour protester contre sa condamnation et ses conditions de détention.

Un autre prisonnier politique kurde a été exécuté par pendaison dans la prison de Salmas, au Kurdistan iranien. Il s'agit de Riza Ismail, connu sous le nom de Ilham Mamedi. Il était en prison depuis quatre ans pour des motifs politiques et attendait son jugement. Son corps a d'abord été enterré en secret par le régime dans le secret, avant d'être rendu aux parents du prisonnier. 

L'Iran se classe au deuxième rang des cinq pays où la peine de mort est le plus appliqué, après la Chine, et devant l'Irak, l'Arabie saoudite et les Etats-Unis, selon l'Amnesty International.  

Dans un rapport présenté le 23 octobre, Ahmed Shaheed, le rapporteur spécial de l’ONU sur les droits de l’homme en Iran, a affirmé qu’il ne voyait «aucun signe d’amélioration» sur la situation de droits de l'humain. « Le rythme des exécutions ne semble pas s'être ralenti, les méthodes appliquées n'ont pas changé et le nombre de crimes passibles de la peine de mort reste important » a-t-il déploré. Le rapporteur de l'ONU a dénoncé  l'exécution de 724 personnes en dix-huit mois dont la majorité d'entre elles accusées de trafic de drogue.

Le site d’information Kurdpa affirme de son coté que les tribunaux iraniens ont condamné au moins 77 kurdes, dont neuf prisonniers politiques, à la peine de mort, au cours de l'année 2012. Parmi eux, 56 ont été exécutés pour des délits de droit commun. 

26 PRISONNIERS POLITIQUES KURDES MENACES D'EXECUTIONS

Douze prisonniers politiques kurdes ont été exécutés depuis 2007 par le régime iranien. Selon un décompte du site d'information ActuKurde, au moins 26 autres seraient toujours dans le quartier des condamnés à mort en raison de leur appartenance présumée à des organisations kurdes interdites et de leurs activités pour le compte de ces groupes.

Il s'agit de, Sherko Maarifi, Hebibollah Latifi, Sami Hosseini, Jamal Mohammedi, Rostem Arkiya, Mostefa Salimi, Anwar Rostemi, Iredj Mohammadi, Mohammad Amin Agochi, Ahmad Poladkhani, Hassan Talaï, Aziz Mohamadi Zadeh, Abdoulah Sirouri, Rachid Agkendi, Loqman Moradi, Zanyar Moradi, Bakhtiyar Mimari, Sirwan Nijwari, Ibrahim Isapour, Hosheng Rezaï, Simko Khurshidi, Saman Nessimi, Mansour Arwend, Sirwan Najad, Habib Achrafi, Ali Achrafi.

Blog de Maxime Azadi avec ActuKurde.fr

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