Turquie : 437 militants kurdes tués par des armes chimiques en 17 ans

Au moins 437 guérillas kurdes ont été tuées par des armes chimiques lors des 39 opérations militaires menées par l'armée turque depuis 1994, selon un rapport de l'association des droits de l'homme (IHD).

Au moins 437 guérillas kurdes ont été tuées par des armes chimiques lors des 39 opérations militaires menées par l'armée turque depuis 1994, selon un rapport de l'association des droits de l'homme (IHD).

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L'association des droits de l'homme a publié vendredi 26 aout à Diyarbakir, chef-lieu du Kurdistan de Turquie, son rapport sur les armes chimiques. Le rapport indique que l'armée turque a utilisé des armes chimiques dans 39 opérations menées entre 1994 et 2011

437 militants ont été tués pendant ces opérations, selon l'IHD qui affirme également que ces armes ont causé la mort de 134 bétails

Constatant que l'armée turque a fait usage d'armes biologiques à deux reprises, le rapport fait état d'utilisation d'armes chimiques à cinq reprises contre les environnements de la région kurde. L'association appelle les autorités à donner une réponse satisfaisante aux allégations d'emploi d'armes chimiques, affirmant qu'il s'agit de graves violations des conventions sur les armes interdites.

Le rapport rappelle la mort de 20 militants du parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) lors d'une opération menée le 11 mai 1999 à Ballikaya, dans la région de Sirnak. Un prélèvement d'échantillons de gaz chimique a été alors envoyé en Allemagne pour l'analyse criminelle, après l'opération militaire, et cette analyse confirmait qu'il s'agissait bel et bien de gaz chimique mortel.

Le Roj TV, une chaîne de télévision kurde, a diffusé le 1e aout une vidéo de Necdet Ozel, le nouveau chef d'état-major, lors de cette opération au cours de laquelle il avait ordonné le bombardement aux gaz chimiques contre les guérillas.

LE RAPPORT DE L'UNIVERSITE DE HAMBOURG

En Septembre 2009, huit autres combattants kurdes ont été tués dans les mêmes circonstances Les photos des cadavres prises après l'opération renforçaient les soupçons de gaz chimiques. En aout 2010, la presse allemande, notamment Der Spiegel, Die Welt et Die Tageszeitung (TAZ), a fait état d'armes chimiques contre le PKK. Hans Baumann, un expert, avait prouvé l'authenticité des photos de cadavres.

Les militants kurdes ont été probablement tués par des armes chimiques, avait affirmé l'Hôpital universitaire de Hambourg. Un rapport de l'Université de Hambourg avait également confirmé le recours à ces armes, analysant des photos et d'autres matériels, ce qui avait conduit certains parlementaires allemands à demander une enquête internationale.

Le 31 juillet 2011, un combattant du PKK ont été tué à Semdinli, dans la région de Hakkari, dans des conditions suspectes. Ne portant aucune trace de balle et la dépigmentation de sa peau, renforçait le fait d'utilisation des armes chimiques.

Le 17 mai 1994, vingt-deux étudiants qui tentaient de joindre les rangs du PKK et six guérillas ont perdu leurs vies dans une opération militaire menée à Adiyaman. Plusieurs témoins avaient affirmé que l'armée avait fait usage d'armes chimiques.

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