Analyse des obstacles à la vaccination des adolescentes américaines contre le papillomavirus (Traduction)

Selon une récente étude menée par le Center of Disease Control and Prevention (CDC), les obstacles à la vaccination contre le papillomavirus chez les adolescentes s’expliquent par de nombreux facteurs, dont le manque de recommandations de la part des professionnels de santé, les préoccupations financières et la position des parents.

Selon une récente étude menée par le Center of Disease Control and Prevention (CDC), les obstacles à la vaccination contre le papillomavirus chez les adolescentes s’expliquent par de nombreux facteurs, dont le manque de recommandations de la part des professionnels de santé, les préoccupations financières et la position des parents. Les résultats de cette étude ont été publié le 25 novembre dans JAMA Pediatrics

L’équipe de chercheurs, dirigée par le Dr Dawn M. Hollman (membre du département « Prevention et Controle des Cancers » au CDC basé à Atlanta dans l’Etat de Géorgie) a évalué les données de cinquante cinq articles scientifiques, publiés depuis 2009, axés sur des adolescentes américaines âgées entre 11 et 17 ans. Les obstacles à la vaccination découverts ont été classé par type de population:

- Professionnels de la Santé: position des parents, intérêts financiers, oubli d’information

- Parents et soignants: manque de connaissance, coût du vaccin, faible perception des risques causés par l’infection du papillomavirus, inquiétudes face à la sécurité du vaccin

- Population défavorisée: connaissances limités en matière de vaccin, différence culturelle, problème de couverture maladie, problèmes liés à l’immigration de ces personnes

- Hommes: manque de connaissance sur les risques du papillomavirus

 

Les auteurs remarquent que, sur l’ensemble des études, peu de parents (1 à 18%) ont exprimé leur inquiétude à propos des effets du vaccin sur la vie sexuelle de leur enfant, même si, toutefois, quelque-uns se préoccupent de discuter avec leur adolescent de sa propre vie sexuelle. Sur la totalité des parents étudiés, recevoir des informations sur la vaccination de la part d’un physicien, a augmenté le taux d’acceptation du vaccin. Pour les chercheurs, ces résultats soulignent l’importance de délivrer aux parents des informations autour de la nécessité de ce vaccin et de sa sécurité sanitaire. 

Les auteurs ont identités plusieurs barrières systémiques à la vaccination, telles que : 

- le manque d’exposition de cette tranche d’âge (11-17 ans) aux services de santé

- la stigmatisation culturelle associée au vaccin

- le problème de consentement et de confidentialité

- la faible couverture maladie et le faible remboursement

 

Le Dr Holman et ses collègues admettent toutefois que la couverture vaccinale contre le papillomavirus a augmenté chez les adolescents depuis que le vaccin a été autorisé en 2006. Néanmoins, ils notent qu’elle reste faible comparée aux autres vaccins recommandés pour cette tranche d’âge. Les auteurs citent une étude de 2011 du National Immunization Survey-Tenn, indiquant « que 53% des américaines âgées de 13 à 17 ans ont reçu une seule dose du vaccin et seulement 34,8% ont eu la série complète de 3 doses »

Les obstacles rencontrés par les professionnels de la santé et les parents devraient être mieux considérés quand il s’agit de développer des stratégies afin d’améliorer la compréhension du vaccin et ainsi d’achever les campagnes de vaccination contre le papillomavirus, écrit Holman et ses confrères. 

En outre, concernant l'élimination des obstacles du système de vaccination, "les efforts visant à augmenter l’acceptation du vaccin devraient prendre en compte les particularités des sous-groupes sociaux de la population américaine ».

 

Les auteurs déclarent de pas avoir de conflits d’intérêts en relation avec l’article.


Article original: A Review of Barriers to HPV Vaccination Among Teens. Medscape. Nov 25, 2013

Traduction de Maxime Blanc-Fontes


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