Le rétablissement de la confiance passe par une plus grande inclusion

Il est possible de constater aujourd’hui qu’il existe des leviers de « décrochage » parmi certains publics, notamment les classes populaires, les jeunes des quartiers, les descendants d’immigrés, les populations ultra-marines, ou encore les publics en victimes d’addictions (usagers.ères de drogue, travailleurs.ses du sexe…)…(texte collectif)

Il est possible de constater aujourd’hui, en France, qu’il existe des leviers de « décrochage » parmi certains publics, notamment les classes populaires, les jeunes des quartiers, les descendants d’immigrés, les populations ultra-marines, ou encore les publics en victimes d’addictions (usagers.ères de drogue, travailleurs.ses du sexe…), les personnes malades ou handicapées, les seniors et les familles monoparentales…

Comment restaurer les liens de confiance entre toutes ces « cibles » et les institutions, les élu.e.s, les forces de l’ordre, les services publics, les municipalités, les travailleurs sociaux… ?

Les pouvoirs publics ne sont, bien évidemment, pas restés inactifs depuis la dernière mandature quant à la volonté de résorber les inégalités sociales et territoriales, de lutter contre toutes les formes de discriminations, d’œuvrer pour un « vivre ensemble » et une cohésion sociale, mis à mal ces quarante dernières années.

Les différentes revues générales des politiques publiques ont prouvé qu’il existait beaucoup d’initiatives éparses et variées, mais qu’il y avait non seulement un manque de coordination, une absence d’évaluation, un besoin d’une plus grande intelligibilité et d’une simplification, de davantage de communication, mais aussi la nécessité d’un « aller vers » tous ces publics à la recherche de la promesse républicaine, sans pour autant ânonner de grands principes et des valeurs mais, plutôt, dans l’espoir de toujours faire plus et mieux pour lutter contre la précarité, la pauvreté, les injustices, les oublis…

Il est apparu qu’il demeurait des outils performants pour rétablir et réparer le pacte républicain, comme par exemple l’école, l’accès aux soins – en particulier pendant cette crise sanitaire inédite –, le tissu associatif, les politiques de recrutement, le service public de l’emploi (SPE), le rééquilibrage du logement social, les futures polices municipales, les centres pour mineurs ou pour migrants… : autant de domaines pour lesquels il est encore possible de faire preuve d’innovation et d’imagination dans la mise en œuvre des politiques locales, voire au-delà...

Parmi tous ces domaines, l’objectif de faire coexister, converger, voire coïncider, toutes les mémoires des couches de population qui se sont succédées en France, nous apparaît comme central.

À travers les noms de rue, des plaques commémoratives, des évènements calendaires, mais aussi à travers une politique d’équipements culturels proactive, qui n’hésite pas à faire participer et à consulter les usagers…, il a semblé qu’il y avait la place pour faire société ensemble, pour agir collectif, plutôt que de juxtaposer, compiler, additionner et, en définitive, conditionner les différentes communautés, les différentes minorités « ethniques », les différentes publics « prioritaires », sans tenir compte des différences d’origine, de race et de religion, comme le prévoit l’article 1er de notre Constitution.

Ce pari sur l’avenir n’est pas évident à tenir, surtout en période de campagne électorale, tant  l’exacerbation des « enjeux identitaires », le climat délétère entretenu par une certaine frange de la classe politique, l’atmosphère de « guerre civile » avancée par une récente tribune d'officiers de l'armée, le retour en arrière en matière d'aggravation des inégalités sociales et environnementales ont engendré une crise de confiance dans le respect de nos principes ancestraux d’égalité, de liberté, de fraternité, de solidarité, de neutralité ou de laïcité… qu’il est temps de combattre sur le terrain des acteurs qui feront les forces de demain ! Car notre positionnement est le suivant : nous nous plaçons surtout du point de vue des personnes déçues par la République, les désappointés, les méprisés, les « mis de côté », les « invisibles »… Leur ressentiment vis-à-vis des autorités doit alimenter notre travail, à travers celles et ceux qui ont cherché à prendre en compte leur colère.

 

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