Amnesty International au pied du mur

C’est un feuilleton à grand suspens. Amnesty international accuse le Maroc d’espionner un journaliste. Le Maroc exige des preuves. AI ne les a pas. Le Maroc révèle que le journaliste a des contacts avec un service d’intelligence étranger. Jamais Amnesty International ne s’était trouvée dans pareille pareille situation. Il y’aura des rebondissements.

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“Le Maroc insiste pour que l'Organisation Amnesty international présente une réponse officielle au sujet de son rapport publié le 22 juin 2020 qui comporte des accusations graves et tendancieuses à l'encontre du Royaume”. Le ministre de l'Éducation nationale, de la formation professionnelle, de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique et porte-parole du gouvernement a fait une déclaration aujourd’hui, soit 5 jours après la lettre adressée par le chef du gouvernement Saadeddine El Othmani rejetant catégoriquement les accusations d’Amnesty et exigeant des preuves.

Le Maroc exige une réponse “qui comprend toutes les preuves matérielles auxquelles elle aurait eu recours pour porter préjudice au Maroc", a précisé le ministre, à l’issue d’un Conseil de Gouvernement.

Le Royaume rejette les derniers rapports d'Amnesty International. Selon lui, ils étant “sont dictés  par un agenda n'ayant aucun lien avec la défense des droits de l'Homme en tant que valeurs universelles”. Il cite plus particulièrement les rapports de 2019 et de 2020, qui “vont sciemment à l’encontre de l'histoire et des orientations de la communauté internationale qui ne cesse de saluer et d'apprécier les efforts et les initiatives du Maroc notamment dans le domaine des Droits de l’Homme” selon le porte-parole.

Pour le gouvernement marocain, il s’agit d’une question de sécurité nationale pou la défense de laquelle il prendra les mesures nécessaires, a assuré le ministre. Pour lui, il s’agit d’un acharnement dont il connaît  les instigateurs et leurs motivations “qui ne ménagent aucun effort pour nuire aux acquis de la nation en matière des droits de l'Homme et de développement”.

Pour le Maroc, Amnesty qui essaie d'instrumentaliser la situation du journaliste-stagiaire marocain, défend en fait une personne soumise à une enquête judiciaire pour atteinte présumée à la sécurité de l’Etat. Il aurait des liens avec avec un officier de liaison d'un pays étranger, affirme le porte-parole ajoutant que pays “se réserve le droit de ne pas dévoiler sa réelle identité, en conformité avec les us et coutumes de la communauté internationale”. Mais une petit indice quand même, cet officier “était derrière des fuites en juillet 2013 au sujet de sa réelle identité. Il était en poste sous couvert diplomatique depuis 1979 dans plusieurs régions de tensions à travers le monde”. Le gouvernement marocain n’en dira pas plus.

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