Golfe. L’hégémonisme de l’Iran menace la paix

Au cours des quatre dernières décennies, le régime iranien a poursuivi sans relâche, sa quête d'une hégémonie régionale et d'une arme nucléaire. La paix naissante entre Israël et les pays du Golfe dépendra des capacités de dissuasion des pays de la région.

Mohamed Bin Zayed. Prince héritier et ministre de la défense des EAU Mohamed Bin Zayed. Prince héritier et ministre de la défense des EAU
Téhéran a donné la priorité à son anti-américanisme et à sa politique étrangère révolutionnaire. En paroles et en actes, le régime menace la liberté de navigation dans le golfe Persique et le détroit d'Ormuz, à travers lequel près de 20% des approvisionnements en pétrole maritime,  vitaux pour l'économie mondiale, transitent quotidiennement. L'arsenal croissant de missiles et de roquettes de l'Iran cible les alliés régionaux américains, les forces américaines et le trafic maritime. L'année dernière, Téhéran a abattu un drone américain dans l'espace aérien international, saboté des pétroliers et tiré des missiles de croisière et lancé des drones qui ont infligé de graves dommages à un site saoudien critique. 

Pékin et Moscou semblent de plus en plus favorables à Téhéran et ont participé en décembre 2019 à un exercice naval trilatéral dans l'océan indien. Chacun de ces pays s'est engagé, de manière indépendante, à saper l'ordre international dirigé par les États-Unis, y compris les partenariats de sécurité américains dans le Golfe. La Russie s'emploie à remplacer les États-Unis en tant que principal fournisseur de matériel militaire aux pays du Golfe. La Chine n'a pas eu peur d'utiliser la corruption pour promouvoir ses ventes d'armes ou pour développer le commerce, les infrastructures, les communications et les réseaux commerciaux. La dépendance de la Chine vis-à-vis du pétrole du Golfe donne à Pékin une incitation supplémentaire à s'impliquer dans les affaires militaires et politiques régionales pour alimenter la croissance économique en Chine.

Téhéran continue d'utiliser le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) et sa force Qods pour alimenter le terrorisme et créer l'instabilité. 

Compte tenu des menaces de Téhéran, le renforcement des capacités des pays du Golfe, particulièrement des Emirats arabes Unis, représente  la seule voie vers un retrait sûr et durable de certaines forces américaines de la région. Les systèmes régionaux de défense aérienne et antimissile interopérables et multicouches dans le Golfe devraient également être une priorité. La République islamique possède le plus grand arsenal de missiles balistiques du Moyen-Orient et est de plus en plus disposée à l'utiliser. Les missiles balistiques à courte portée de Téhéran peuvent frapper des bases militaires américaines et d'autres cibles du Golfe avec une précision croissante.

Washington devrait accélérer les ventes de systèmes de défense antimissile aux pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG), particulièrement aux EAU qui sont  à quelques minutes des frappes iraniennes. 

L'Administration américaine devrait également aider les pays du Golfe à faire face aux menaces aériennes de niveau inférieur provenant des mortiers, des roquettes et des drones. De plus, Washington devrait travailler avec les partenaires du Golfe pour renforcer le Conseil international de sécurité maritime. 

La sécurité des Emirats est d’autant plus importante que le pays a été le premier à signer un accord de paix historique avec Israël. Cette décision en fait une cible des terroristes et des proxys iraniens. Désormais, toute attaque sur les Emirats sera une atteinte à la paix naissante dans la région. Dans ce contexte, le renforcement de la défense est une variable incontournable pour la stabilité de toute la région du Golfe. Par conséquent, la vente des F 35 américains aux Emirats devrait être considérée non seulement comme mesure de défense mais aussi de persuasion contre une éventuelle attaque iranienne.  

 

 

 

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