Maroc-développement. Mohammed VI a rempli son contrat, le peuple attend les autres

A l'ouverture de la session parlementaire d'automne, le roi du Maroc appelle le gouvernement, les Parlementaires, le secteur privé et les banques à prendre leurs responsabilités devant le peuple dont les attentes sont nombreuses. Un discours sans demi-mesure.

 

Le roi Mohammed VI du Maroc au Poarlement Le roi Mohammed VI du Maroc au Poarlement
Le Maroc est en ébullition en ce moment. Hier c’était le remaniement ministériel, obtenu, enfin, après deux mois de tractations et une pression sans relâche du roi Mohammed VI. A un jour de l’ouverture de la session d’automne du Parlement, qui a eu lieu aujourd’hui. Et comme c’est la tradition, c’est le roi qui ouvre la session avec un discours que les politiques, les opérateurs économiques et la société civile attendent avec appréhension. C’est que ces discours sont de plus en plus critiques envers le travail du gouvernement, du Parlement, de l’Administration ou du secteur privé.

« Il incombe au gouvernement de mettre au point des plans rigoureux sur la base desquels les décisions et les projets, de portée nationale, régionale ou locale, pourront être soigneusement conçus, minutieusement réalisés et suivis sur le long terme ». Le gouvernement vient d’ailleurs d’être remanié dans cette perspective. Le Maroc a beaucoup souffert d’atermoiements et de la confusion donnant à la population le sentiment que le gouvernement est loin de ses préoccupations.

Les attentes sont nombreuses en matière d’éducation, de santé, d’emplois et de formations. Les réseaux sociaux bouillonnent de critiques acerbes contre une classe politique aux antipodes des préoccupations des citoyens. C’est alors que le roi s’est adressé aux législateurs membres des deux chambres du Parlement: « l’Etape qui s’amorce dès à présent, doit aussi se caractériser par le souci de transcender les vaines querelles et d’enrayer toute perte de temps et d’énergie ». Et justement le temps, le pays n’en a pas. Les politiciens marocains ont, il est vrai, brillé plus par leurs querelles sur des sujets qui n’apportent rien au développement du pays.

Ainsi, le roi a voulu mettre les institutions politiques et économiques devant leurs responsabilités. Le roi ayant accompli sa part du contrat en mettant en place les bases constitutionnelles dans la perspective d’un développement mieux partagé par les citoyens. « Si Notre souci a été de définir les défis essentiels ainsi que les enjeux économiques et développementaux majeurs de cette étape, la responsabilité de la classe politique, plus particulièrement celle du gouvernement, du parlement, des partis politiques, est de réunir les conditions favorables à son aboutissement » a dit Mohammed VI.

Tous les Marocains ne goûtent pas aux fruits du développement. C’est un fait que le roi a lui-même rappelé auparavant. Il existe encore de grandes différences entre les régions comme entre les différentes catégories sociales. Pour le roi du Maroc tous les citoyens doivent avoir droit à des chances égales, comme il l’avait dit dans un précédent discours.

Une des grandes chances réside bien évidemment dans le financement des projets et là Mohammed VI s’est adressé directement aux banques qui doivent faciliter les procédures d'accès au crédit, s’ouvrir sur l'auto-entrepreunariat et le financement des PME ainsi que la mise en place d’un programme spécial d'appui aux jeunes diplômés des différentes classes sociales. Elles doivent changer la perception des citoyens qui pensent qu’elles ne financent que les grandes entreprises et les affaires sans risque. Pour le roi les banques ont aussi une responsabilité sociale. Elles doivent faire un effort.

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