Bruit de bottes au Sahara occidental

Alors que la communauté internationale est profondément préoccupée par la pandémie du Coronavirus, il s’en trouve qui veulent profiter de cette situation et améliorer leurs positions dans certaines zones de conflits.

Camions bloqués au point de passage Guergarat, au Sud du Maroc Camions bloqués au point de passage Guergarat, au Sud du Maroc
S’il y’a un conflit qui intéresse l’Europe et plus particulièrement la France, c’est bien celui du Sahara occidental au Sud du Maroc, où les miliciens séparatistes du Polisario, mouvement abrité, nourri et équipé par l’Algérie voisine, tentent de créer une nouvelle situation en dehors du cadre légal international.

La mission de maintien de la paix de l’ONU (Minurso), censée faire respecter le cessez-le feu dans la région se trouver dépassée par les événements de ces derniers jours.

Le Polisario a entrepris de bloquer la route qui relie le Maroc à la Mauritanie au niveau de la localité de Guergarat, sur le territoire marocain. Les échanges avec l’Afrique subsaharienne se trouvent ainsi bloqués. Pour le Polisario, il s’agit de porter un coup dur au Maroc, qui, comme on le sait depuis le retour à l’Union africaine, a développé de très grandes relations avec le continent.

Les actes de harcèlement ne sont pas une nouveauté sur le terrain. Les miliciens du Polisario se sont toujours attaqués au point stratégique de Guergarat.

Le Maroc s’en est toujours remis aux résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU et donc à la légalité en évitant tout affrontement, laissant à la Minurso le soin de faire respecter la légalité.

Aujourd’hui, les choses ont changé et le Polisario semble déterminé à créer une nouvelle situation sur le terrain, la stratégie du fait accompli, en quelque sorte. Excédé par ces harcèlements, le Maroc a décidé de réagir. Ses forces armées ont mis en place un cordon de sécurité, dans la nuit de jeudi à vendredi:

« Suite au blocage par une soixantaine de personnes encadrées, par des miliciens armés du polisario, de l’axe routier traversant la zone tampon de Guergarate reliant le Royaume du Maroc et la République Islamique de Mauritanie, et l’interdiction du droit de passage, les Forces Armées Royales procèdent à la mise en place d’un cordon de sécurité en vue de sécuriser le flux des biens et des personnes à travers cet axe”, explique un communiqué de l’Etat Major des Forces armées royales marocaines.

La situation a été finalement débloquée et le trafic a pu reprendre. La situation a été finalement débloquée et le trafic a pu reprendre.

L’armée précise néanmoins que « cette opération non offensive et sans aucune intention belliqueuse se déroule selon des règles d’engagement claires, prescrivant d’éviter tout contact avec des personnes civiles et de ne recourir à l’usage des armes qu’en cas de légitime défense”, précise le communiqué.

Le conflit qui dure depuis plus de 45 ans, préoccupe toujours la communauté internationale et le conseil de sécurité de l’ONU est la seule instance reconnue pour sa gestion. Or la dernière résolution du CS a renforcé la position du Maroc en exigeant du Polisario qu’il respecte les termes du cessez-le-feu et surtout, et c’est une évolution très importante, en désignant l’Algérie comme partie prenante de ce conflit.

Les Marocains suivent minutieusement la situation. Sur les réseaux sociaux, ils publient des photos d'engins militaires qui se dirigent vers le Sud, avec des commentaires très déterminés. Ils aimeraient bien que l’armée intervienne pour faire cesser ce conflit, qu’ils qualifient d’artificiel et qui les préoccupe.

Le Polisario qui revendique ces territoires du Sud du Maroc, espère toujours établir sa république, mais on savait dès le début que c’est une volonté du pouvoir algérien qui veut installer une république amie qui lui permettrait d'exploiter les richesses du territoire et surtout lui ouvrirait une issue sur l’Atlantique.

La région est-elle sur le seuil d’une guerre déclarée? Si oui sera-t-elle une guerre Maroc-Polisario ou Maroc-Algérie? Une guerre dans la région ne sera pas une bonne nouvelle pour l’Europe et surtout pour la France qui est très engagée dans la politique africaine du Maroc.

Information de dernière minute, l'armée a réussi à sécuriser le point de passage et ouvrir la voie au trafic entre la Mauritanie et le Maroc.. Son arrivée a fait fuir les éléments du Polisario

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