Les effets collatéraux de la révolte algérienne

Vendredi 12 avril, les Algériens manifestaient. Cette huitième manifestation diffère des précédentes pour deux raisons. La première est que le peuple algérien refuse la solution imposée par les militaires qui, sous prétexte de respecter la constitution, ont mis à la tête de l’Etat le président du Conseil de la nation.

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Vendredi 12 avril. Les Algériens en sont à leur huitième semaine de manifestations. Ils étaient des centaines de milliers dans les rues de la capitale et de plusieurs autres villes. Cette huitième manifestation diffère des précédentes pour deux raisons. La première est que le peuple algérien refuse la solution imposée par les militaires qui, sous prétexte de respecter la constitution, ont mis à la tête de l’Etat le président du Conseil de la nation.

Les Algériens ont donc manifesté pour exprimer leur refus d’un personnage parmi les plus fidèles du président déchu Abdelaziz Bouteflika. Il était un des premiers à faire la promotion d’un cinquième mandat du président. La deuxième raison est que, cette fois ci, les militaires ont voulu montrer que trop c’est trop et ont réprimandé violemment les manifestants. 

Aussi, rien ne permet, pour le moment, de dire où s’arrêtera l’escalade et si les militaires vont plier sous la pression du peuple qui exige un changement complet du régime et donc de ses symboles et ses personnages clés. 

Les militaires ont essayé de dépasser le blocage en utilisant le prétexte de l’ennemi et extérieur pour ainsi recarder le mouvement politique et social en cours. Les manifestants n’ont visiblement pas mordu à l’hameçon. Ils restent vigilants.

Si les Algériens semblent maintenir la pression, c’est qu’ils veulent en finir avec un régime qui dilapide leurs ressources, enrichissant une nomenclature politico-militaire sans aucun bénéfice d’un peuple qui souffre du chômage, de l’inflation et de la détérioration de son pouvoir d’achat. 

Bien avant la révolte, des voix s’étaient levées pour exiger du régime de cesser de jeter l’argent des Algériens par la fenêtre et surtout de supporter les charges financières  astronomiques du front Polisario, que le pouvoir algérien soutient dans son projet séparatiste contre le voisin marocain. L’Algérie dépense chaque année des millions de dollars sous prétexte qu’elle défend le droit des peuples à l’autodétermination. Un argent que les Algériens voudraient voir investi dans des projets sociaux et des infrastructures utiles au peuple.

Aujourd’hui, le polisario qui veut créer un État dans le Sahara occidental est dans l’expectative et ses craintes que l’Algérie l’abandonne dans le cas d’un véritable changement de régime. Il fait face par ailleurs à une fronde interne intensifiée par la répression qu’il exerce sur les populations retenues à Tindouf sur le territoire algérien et présentée comme des réfugiés qui réclament leurs territoires sahariens. Les manifestations des Sahraouis s’intensifient dans les zones offertes par le régime algérien.

Des heurts sont enregistrés chaque jour entre la population et les forces militaires du polisario soutenues par l’armée et la gendarmerie algériennes. Aujourd’hui encore le camp Samara est, selon le site marocain Goud.ma, cerné par l’armée, la gendarmerie et la police à cause d’un clash entre deux groupes au cours duquel des tentes ont été incendiées dont une qui abritait une délégation étrangère. Un conflit autour de terrains est à l'origine de cette bataille. Il renseigne sur le degré de nervosité des populations qui manifestent encore, toujours selon le site, contre les restrictions de déplacement imposées par la direction. 

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La situation risque d’échapper à tout contrôle surtout que la direction du Polisario devient est de plus en plus isolée à l’international. Sa situation dépendra des nouvelles données de la politique intérieure du pays qui porté depuis les années 70.

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