Droits de l'Homme. Le Qatar épinglé à Genève

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Le Qatar est-il un agent de paix ou de guerre? Membre du Conseil de coopération du Golfe, aux côtés de ses « frères » saoudiens, émiratis, kowétiens, bahrainis, il ne s’est pas privé pourtant de se mettre à dos tous ses voisins. Soutien des frères musulmans, à qui il offre le gîte et le couvert et leur ouvre ses chaînes télé et son porte-monnaie sans compter, il est aussi très proche de l’Iran avec qui il a des projets communs dans la région. Le Hamas palestinien et le Hezbollah libanais leur doivent beaucoup. D’ailleurs, après la toute récente crise entre Israël et Hamas, le Qatar a immédiatement offert des millions de dollars à Gaza. De l’argent liquide immédiatement disponible pour l’achat des armes iraniennes, soupçonnent les observateurs.

Le Qatar joue une grande partie, certes, et il en a les moyens. Obtenir l’organisation de la Coupe du monde est un coup de communication par lequel l’Emirat veut améliorer son image dans le monde. Organiser des événements par-ci par-là pour amadouer l’opinion publique internationale, les dirigeants savent faire.

Or, le Qatar c’est surtout ce qu’il ne montre pas ou du moins ne veut pas montrer. La situation des droits de l’homme, par exemple, y est parmi les plus précaires, non seulement pour les travailleurs étrangers, dont tout le monde connaît aujourd’hui la souffrance, mais aussi pour les Qataris de souche eux-mêmes, surtout les femmes et les personnes à besoins spécifiques…

La situation des femmes qatariennes est décriée partout dans le monde et surtout au sein des organisations internationales comme le Conseil des droits de l’homme de Genève. Plusieurs pays ont demandé au Qatar de respecter les droits de l’homme et chaque pays a spécifié sa demande. La Norvège demande le respect des droits des employés de maison, l’Irlande critique le parrainage qui oblige un investisseur étranger à céder 51% de son capital à un Qatarien qui aura un pouvoir absolu sur lui. C’est lui qui l’autorisera ou non à quitter le territoire. Il peut retirer tout l’argent à la banque s’il le veut.

D’autres pays ont demandé l’instauration de l’égalité des genres dans l’éducation et en politique. Pour la Syrie, le Qatar devrait prendre les mesures nécessaires pour combattre le terrorisme, tout comme l’Egypte qui réclame que l’Emirat cesse de soutenir les médias qui propagent la haine et la violence. Sans le préciser, l’Egypte vise la chaîne Al Jazeera qui a joué un grand rôle dans la révolution qui a « dégagé » Housni Moubarak. Et qui s’active encore contre le président Al Sissi qui a destitué l’ami du Qatar, le frère musulman Mohamed Morsi. 

Une chose est sûre néanmoins le Qatar ne peut plus prétendre qu’il a la main sur les organisations internationales, notamment celles qui s’occupent des droits de l’homme.

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