Amnesty International désavouée à Adis Abeba

Les rapports d'Amnesty International sont de plus en plus contestés par plusieurs pays. On lui reproche son manque d'objectivité et ses conclusions fondées sur des témoignages n'ayant aucune crédibilité. Cette fois, le rapport sur l'Ethiopie est fermement rejeté par le procureur fédéral. Un coup dur pour l'ONG britannique.

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Amnesty a de plus en plus de problèmes avec ses rapports. Le  18 juillet l’ONG britannique a reçu un coup retentissant de la part du procureur général fédéral éthiopien. Le rapport, publié le 20 mai, sous le titre «Au-delà de l'application de la loi: violations des droits humains par les forces de sécurité éthiopiennes à Amhara et Oromia» a été tout simplement rejeté par le procureur.

Dans sa déclaration du 18 juillet, le procureur général a indiqué qu'il avait formé un comité composé des bureaux des procureurs des régions d'Amhara et d'Oromia, de la police, des universités et des organisations de la société civile pour enquêter sur la crédibilité des violations présumées des droits de l'homme, évoquées dans le rapport.

"Les efforts déployés pour tenir des consultations avec les hauts dirigeants d'Amnesty International au sujet du rapport n'ont pas abouti en raison de la réponse inadéquate d'Amnesty International, a-t-il déclaré. 

Le procureur a en outre noté que l'enquête menée par le comité a révélé que le rapport est "partiel et partial" et qu'il  considère que les mesures prises par le gouvernement pour garantir l'état de droit sont une violation des droits de l'homme. Le rapport ne prenait pas en considération la réalité objective du pays et contenait d'autres erreurs fondamentales, a-t-il noté.

Pourtant, le procureur général a souligné que certaines des violations alléguées ont été jugées partiellement vraies et que «la plupart des cas ont fait l'objet d'une enquête du gouvernement afin d'identifier les responsables avant la publication du rapport d'amnesty.

Contrairement aux rapports précédents, le procureur général a constaté que celui-ci ne répondait pas aux critères et aux directives de compilation des rapports. Selon lui, le dernier rapport manquait de neutralité et était arrivé à des conclusions erronées en citant peu de témoins non crédibles. Selon le magistrat, le rapport d’Amnesty a été jugé partiel dans la mesure où il a porté sur des conflits très complexes et des problèmes de sécurité.

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