Sri Lanka, Qaradawi et les fatwas de la terreur

Qaradawi avec Abderrahman Nadaoui Qaradawi avec Abderrahman Nadaoui
359 morts et 500 blessés, le bilan des attentats terroristes du Sri Lanka, annoncé mercredi 24 avril par le police, peut encore s’alourdir. Les Sri Lankais ont vécu les Pâques les plus terribles de leur histoire post guerre civile. Et le monde entier n’a pas enregistré un bilan aussi terrible depuis le 11 septembre 2001.

Selon le vice-ministre sri-lankais de la Défense, Ruwan Wijewardene, neuf kamikazes dont une femme ont exécuté cette action, l’un d’entre eux avait étudié en Grande Bretagne et en Australie.

Trois hôtels de luxe et trois églises ont été la cible des assaillants qui ont choisi leur moment avec un terrible cynisme, la messe.

Les Sri Lankais n’ont pas encore oublié le traumatisme du conflit entre les rebelles tamouls et les forces gouvernementales qui a terrorisé le pays entre 1983 et 2009.

Très vite, le mouvement islamiste local National Thowheeth Jama’ath a été identifié comme le commanditaire de ce carnage. Ses liens avec l’organisation de l’Etat islamique  a été établie lorsque cette dernière a revendiqué, mardi 23 avril, les attentats à travers son agence de propagande Amaq.

« Bien sûr les Musulmans, dans leur immense majorité, réprouvent le terrorisme », dit Bernard Antony, président de l’association Chrétienneté Solidarité dans un communiqué publié par Breizh info, le 25 avril. "Mais force est de constater que presque partout où sont des populations musulmanes le virus criminogène de l’islam radical en contamine des fractions plus ou moins marginales » ajoute-t-il.

L’idéologie islamiste à l’origine de la création des groupe terroristes, comme Al Qaïda et Daesh prend ses racines dans les fatwas (lois islamiques) confectionnées par des imams, ces chefs religieux qui bénéficient de soutiens officiels de pays qui les hébergent et leur ouvert leurs chaînes satellitaires qui font des ravages auprès des populations musulmanes, à travers le monde.

Leurs fatwas sont sans frontières, elles touchent aussi les pays non musulmans en Europe, aux Etats-Unis, en Asie…

L’un des maîtres en la matière est le voeux Youssef Qaradawi qui a été pendant longtemps, le chef de l’Organisation mondiale des « savants » musulmans, noyautée par le mouvement des frères musulmans.

terreur
Pour trouver la tête pensante de ces attentats terroristes, il faut aller en Inde où vit un des élèves de Qaradawi, Abderrahman Nadaoui Hindi, le fondateur  de la National Thowheeth Jama’ath (groupe national d’unification), dont est issu le groupe sri lankais. Parmi ses Fatwa, celle-ci ne laisse aucune marge à l’interprétation: « Si tu es en position de tuer un Américan ou un Européen, qu’il soit français, canadien, australien, hindouiste, de ceux qui ont déclaré la guerre à Daesh, fais le! ».

Tout à fait le message de Qaradawi qui n’a cessé d’inciter les jeunes à rejoindre les rangs de Daesh pour combattre les impies en Irak et en Syrie. En 2013, il avait prédit que l’islam allait retourner en Europe et par conséquent, les Musulmans doivent s’impliquer dans le djihad, surtout que, dit-il, les attentats suicides sont un devoir et pas uniquement pour les hommes adultes.

Une fatwa a suivi pour généraliser ce devoir aux femmes et une autre des tirée aux enfants. Sur la chaîne Al Jazeera en 2002, Qaradawi disait que: « Les Israéliens peuvent avoir la bombe nucléaire, mais nous avons les enfants-bombes, et ces bombes humaines doivent continuer jusqu’à la libération ».

Qaradawi veut ancrer dans les esprits de son public que si les Musulmans sont faibles face aux puissances non musulmanes, dieu y pourvoira parce que, dit-il, « les faibles ont ce que les forts ne possèdent pas et c’est la capacité de transformer leurs corps en bombes ».

Voilà donc les attentats justifiés par cette interprétation rigoriste de la religion, mais quel sort réserve-t-il aux civils? En fait, il ne fait aucune distinction entre militaires et civils, tous les mécréants (tous les non musulmans rigoristes) doivent être tués. On mesure l’étendue meurtrière de ces fatwas. Les terroristes sont ainsi certains d’accomplir leur devoir envers leur dieu tout en étant assurés que leur destination finale est le paradis.

Après les attentats du 11 septembre, les autorités américains avaient découvert que Qaradawi était actionnaire de Al Taqwa Bank, enregistrée aux Bahamas, et que cette banque finançait des groupes terroristes comme Al Qaïda, Hamas et d’autres groupes à travers le monde.

Dans quel but Qaradawi oeuvre-t-il? Quel est son objectif ultime? La pureté de la société islamique. Il veut la nettoyer de tous les travers humains, donc, les impies, les homosexuels et même les Musulmans paisibles qui n’ont aucun problèmes avec les autres religions. Un exemple.

Qaradawi enseigne, sur son site islamOnline, que les homosexuels doivent être exécutés soit par le feu, soit par la lapidation jusqu’à la mort.

Ce n’est qu’ainsi que les Musulmans pourront assurer « la pureté de la société islamique et la préserver de tout élément pervers ». Le monde a déjà connu une telle entreprise avec Hitler.

 

 

 

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