Le Yemen, zone d’action d’Al Qaïda et Isis

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Le conflit du Yemen, où les rebelles houtis pro-iraniens poursuivent leurs attaques contre le pouvoir légitime de Sanaa, a ouvert de grandes opportunités aux groupes terroristes Al Qaïda et l’Etat islamique. Leur présence profite curieusement au président Abdrabou Mansour Hadi  qui, veut profiter de leur force pour contrer les rebelles d’une part et les sécessionnistes du Sud d’autre part. 

Selon Ravina Shamdasani, porte-parole du Bureau des droits de l'homme des Nations unies (HCDH), les groupes armés affiliés aux groupes terroristes Al Qaeda et ISIS semblent avoir intensifié leurs activités au Yémen, des activités « qui ont sérieusement touché les civils ». Le responsable onusien a qualifié la situation comme un exemple «d'évolution extrêmement préoccupante».

C’est déjà une guerre civile, mais elle n’est pas la seule. Deux partis Al Islah et Ansar Al Charia sont les acteurs de ce que certains médias ont appelé la guerre civile dans la guerre civile.

L’émergence de Ansar al-Sharia dans plusieurs pays arabes représente une nouvelle phase du mouvement salafiste-djihadiste et de ses objectifs stratégiques. Ansar Al-Sharia, une organisation composée d'islamistes et de djihadistes, a fait sa première apparition à Abyan, dans le sud du Yémen, en mai 2011. La plupart des membres d'Ansar al-Charia sont d'anciens jihadistes qui se sont battus en Afghanistan contre l'Union soviétique et sont revenus au Yémen en 1990. Les États-Unis considèrent cette branche basée au Yémen, comme la plus meurtrière du groupe terroriste.

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Dans la province d'Aden et d'Abyan, des attaques contre des installations policières et militaires revendiquées par Al-Qaïda ont été signalées le 1er août. Al-Qaïda dans la péninsule arabique est bien présente au Yémen, sa succursale Ansar Al Charia (Partisans de la loi islamique) où elle a profité de l'instabilité créée par la guerre civile pour étendre ses opérations.

L’autre acteur est le Congrès yéménite pour la réforme fréquemment dénommé Al-Islah. Il est considéré comme le principal parti d'opposition au Yémen durant le mandat d'Ali Abdallah Saleh. D’obédience islamiste, il est affilié aux Frères musulmans. Il s'agit du deuxième parti le plus important du pays après le Congrès général du peuple, dont est issu l'actuel président, Abdrabbo Mansour Hadi. Le parti possède également une branche armée.

C’est à travers ces deux partis que les groupes terroristes Al Qaïda et ISIS trouvent le moyen de s’implanter au Yemen, aggravant la crise et éloignant davantage toute perspective de paix et de stabilité.

Les combattants houthis et les militants extrémistes continuent à frapper les infrastructures de sécurité dans le sud afin de fragmenter davantage la coalition militaire arabe dirigée par l'Arabie saoudite et ses alliés.

La guerre au Yemen (guerre principale) oppose les rebelles du nord connus sous le nom de Houthis au gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale, soutenu par les États-Unis et par une coalition de puissances régionales dirigée par l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. L’autre guerre oppose unionistes et séparatistes du Sud.

Le conflit qui dure depuis quatre ans aggrave la crise humanitaire considérée par les Nations Unies comme la plus grave du monde, poussant le pays au bord de la famine et déplaçant plus de 3 millions de personnes.

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